XÉNOBIOLOGIE

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Créer un organisme « alien » est encore utopique

Ces expériences, pour impressionnantes qu’elles soient, n’indiquent pas que ce nouveau code génétique est fonctionnel. Pour qu’il le soit, il faut que l’organisme devienne capable de produire ces nouvelles bases par son propre métabolisme, vérifier qu’une copie en ARN messager peut être produite, et concevoir un système de décodage modifié tenant compte de l’introduction de ces bases, par exemple en construisant des gènes d’adaptateurs d’acides aminés (ARN de transfert). Si un tel organisme peut être capable d’introduire des acides aminés non naturels dans des protéines, on pourra alors envisager la production de protéines entièrement nouvelles, car elles utiliseraient des acides aminés nouveaux en plus des vingt acides aminés normaux. Tout cela est envisageable : on se trouverait alors en présence d’un authentique « alien », bien plus étrange que les O.G.M.

Paul, de Greg Mottola

Paul, de Greg Mottola

Photographie

La biologie moléculaire cherche peut-être à concurrencer le cinéma que les « aliens » ont envahi. Paul, représenté dans le film de Greg Mottola (2011), ridiculise les services secrets américains qui l'avaient kidnappé en 1947. Mais on est encore loin de voir son intelligence sortir... 

Crédits : Universal Pictures/ Relativity Media/ Working Title Films/ Big Talk Productions/ The Kobal Collection/ Picture Desk

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La finalité de ces expériences n’est certainement pas aussi claire que les auteurs le disent (D.A. Malyshev et al., Nature, vol. 509, 8 mai 2014 ; K. Dhami et al., Nucleic Acids Research, 13 août 2014). Affirmer qu’on produira de nouveaux médicaments et de nouveaux carburants relève de la langue de bois traditionnelle de la biologie moléculaire appliquée. En effet, ces applications commerciales sont parfaitement hypothétiques ; il est beaucoup plus probable que la curiosité scientifique et le désir de transgresser l’ordre moléculaire biologique universel soient des moteurs prépondérants de ce travail. Enfin, la retombée scientifique la plus intéressante pourrait être de comprendre la nature des pressions de sélection qui s’exercent sur l’ADN et qui ont maintenu, depuis plusieurs centaines de millions d’années, l’usage d’un alphabet génétique à quatre lettres.


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Écrit par :

  • : chercheur en histoire des sciences, université Paris-VII-Denis-Diderot, ancien chef de service à l'Institut Pasteur

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Pour citer l’article

Gabriel GACHELIN, « XÉNOBIOLOGIE », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 29 mars 2020. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/xenobiologie/