XÉNOBIOLOGIE

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Un code génétique à six lettres

Chez tous les organismes étudiés jusqu’à présent – virus, archées, bactéries, plantes et animaux –, l’information génétique est codée dans un acide nucléique, de l’ADN dans l’écrasante majorité des cas, parfois de l’ARN. Le codage repose sur l’usage de quatre molécules, ou bases nucléiques : adénine, thymine (remplacée par de l’uracile dans l’ARN), cytosine et guanine (A, T[U], C et G). L’ordre dans lequel ces bases sont disposées l’une après l’autre de long de la molécule d’acide nucléique détermine la structure et la fonction des molécules codées par l’ADN (ou l’ARN). On parle d’un alphabet génétique à quatre lettres. Ce code est universel, et on peut imaginer une pression de sélection extrêmement forte en sa faveur pour qu’il ait été préservé au cours de l’évolution, comme d’ailleurs les voies métaboliques qui permettent la synthèse des composants de l’ADN, les enzymes qui assurent sa copie (réplication) lors de la division cellulaire, celles qui vérifient que la copie est exacte et réparent les erreurs et enfin la machinerie de décodage. Peut-on, dans ces conditions, imaginer un autre code génétique fonctionnel ?

La chimie des composants de l’ADN permet depuis longtemps d’introduire dans ce dernier des bases modifiées. C’est désormais une opération de routine, par exemple pour déterminer la séquence d’une molécule d’ADN grâce à des bases rendues fluorescentes. Mais on ne demande pas à la molécule d’ADN ainsi modifiée d’être stable ou d’être copiée lors d'une division cellulaire. Le résultat annoncé par un groupe de chercheurs du Scripps Research Institute (Californie), dirigé par Floyd E. Romesberg, associé à des chimistes de l’Académie des sciences tchèque, est précisément la construction d’un organisme – ici un mini-chromosome (plasmide) du colibacille Escherichia coli – dont l’ADN contient, en sus des deux paires de bases habituelles, une paire de bases non naturelles. Ce plasmide peut se multiplier [...]


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Écrit par :

  • : chercheur en histoire des sciences, université Paris-VII-Denis-Diderot, ancien chef de service à l'Institut Pasteur

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Pour citer l’article

Gabriel GACHELIN, « XÉNOBIOLOGIE », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 17 octobre 2019. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/xenobiologie/