STYRON WILLIAM (1925-2006)

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Sur les traces de Faulkner

Un lit de ténèbres paraît en 1951 (Lie Down in Darkness ; trad. franç. 1963). Styron a vingt-cinq ans. Son premier roman relate la lente désintégration d'une famille bourgeoise de Virginie et le tragique destin de Peyton Loftis, jeune névrosée haïe par sa mère et trop aimée par son père, qui, à bout d'angoisse, finit par se jeter dans le vide en sautant d'un gratte-ciel new-yorkais. Ses premiers lecteurs furent impressionnés par la maturité et la maîtrise de ce romancier débutant. La construction du roman est habile, le récit ne manque pas de force, mais ses personnages, son intrigue et son accablante atmosphère rappellent irrésistiblement Le Bruit et la fureur, paru en 1929, encore que le Sud de Styron ne soit plus du tout celui de Faulkner.

Dans La Marche de nuit (The Long March, 1952 ; trad. franç. 1963), récit sobre et cruel d'une marche forcée, ordonnée par un colonel sadique, Styron démontra brillamment qu'il savait aussi faire court. Puis ce fut le retour au roman-fleuve. La Proie des flammes (Set this House on Fire, 1960 ; trad. franç. 1962) se présente d'abord comme une énigme policière, l'histoire d'un triple crime au suspens savamment ménagé ; c'est ensuite une étude de mœurs, la description satirique d'une colonie d'expatriés américains menant la dolce vita en Italie du Sud ; c'est enfin, comme le nota Michel Butor dans sa Préface à la traduction française, la tragédie d'un Œdipe américain, qui conduit un peintre alcoolique de la déchéance au meurtre, et du meurtre à la reconquête de soi.

Roman ambitieux aussi que Les Confessions de Nat Turner (The Confession of Nat Turner, 1967 ; trad. franç. 1969), qui relate à la première personne la révolte fomentée en Virginie par un esclave noir avant la guerre de Sécession. Pour mieux comprendre cette sanglante équipée, Styron tenta la gageure de se glisser dans la peau d'un rebelle noir et d'en faire son premier narrateur. Si le roman fut fort bien accueilli par ses lecteurs blancs, certains critiques noirs lui reprochèrent de n'avoir pas su se déprendre de la mythologie raciste blanche [...]

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Dans le chapitre « Écrire après Faulkner »  : […] La présence de Faulkner constitua pour les autres écrivains un problème que Flannery O'Connor devait un jour résumer avec son humour habituel : « Personne n'a envie de s'aventurer avec son petit chariot couvert et sa pauvre mule sur la voie ferrée où le Dixie Limited déboule à grand fracas. » C'est moins vrai pour des écrivains qui sont presque de la même génération, comme Robert Penn Warren ou T […] Lire la suite

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André BLEIKASTEN, « STYRON WILLIAM - (1925-2006) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 24 octobre 2021. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/william-styron/