QUINE WILLARD VAN ORMAN (1908-2000)

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Une certaine idée de la philosophie

La philosophie n'a, pour Quine, ni objet propre à explorer, ni méthode autonome, ni sources spécifiques, ni point de vue privilégié ; elle n'a aucune capacité particulière à assurer quelque fondement que ce soit, ni aucune affinité spéciale pour les questions qui sont encore irrésolues ou qui sont réputées devoir provisoirement échapper à l'examen scientifique. Elle est une affaire sérieuse qui, avec son degré de maturité, constitue « une partie intégrante de la science », tant par ses méthodes que par ses intérêts et ses contenus. « La tâche, écrit Quine à ce propos dans Word and Object, est de rendre explicite ce qui a été laissé tacite et de rendre précis ce qui a été laissé vague ; la tâche est d'exposer et de résoudre les paradoxes, de raboter les aspérités, de faire disparaître les vestiges des périodes transitoires de croissance, de nettoyer les bidonvilles ontologiques. » Le philosophe travaille ainsi à simplifier et clarifier le cadre conceptuel qui est commun à toutes les sciences. Les questions qui alimentent sa réflexion sont plus générales que celles des savants, mais elles sont en parfaite continuité avec ces dernières et gardent avec elles une solidarité totale ; de même, les réponses qu'on peut leur apporter sont soumises aux mêmes exigences de précision et de sobriété. C'est, pour Quine, dans le domaine de l'ontologie que cette continuité est le plus clairement perceptible.

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  • : agrégée de l'Université, docteur en philosophie, maître de conférences à l'université de Rennes

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Pour citer l’article

Françoise ARMENGAUD, « QUINE WILLARD VAN ORMAN (1908-2000) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 04 décembre 2020. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/willard-van-quine/