WEHLER HANS ULRICH (1931-2014)

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La « science sociale historique »

Au début des années 1970, en Allemagne, le statut de la discipline historique est fragilisé par les sciences sociales. Wehler revendique alors une nouvelle conception de l’histoire : celle-ci ne peut pas rester ancrée dans une « herméneutique des sciences humaines » (Geisteswissenschaftliche Hermeneutik) mais doit devenir une « science sociale historique » (Historische Sozialwissenschaft). Elle est nécessairement une « histoire de la société » (Gesellschaftsgeschichte), centrée sur la politique intérieure (contre le primat de la politique extérieure cher à l’historicisme), ouverte aux autres sciences sociales et recourant systématiquement aux statistiques. Défendue le plus souvent en binôme avec son collègue Jürgen Kocka, cette approche est entrée dans l’histoire de l’historiographie sous le nom d’école de Bielefeld. Un des premiers ouvrages de référence de Wehler est consacré à la société allemande au temps de l’Empire, Das Deutsche Kaiserreich 1871-1918, paru en 1973 et réédité à de nombreuses reprises. En 1975, Wehler est également le cofondateur d’une nouvelle revue, Geschichte und Gesellschaft (« Histoire et Société »), dont il reste un des éditeurs jusqu’en 2004.

À la fin des années 1970 naît le projet d’écrire une histoire de l’Allemagne selon l’approche sociale qu’il défend. Cette immense synthèse, Deutsche Gesellschaftsgeschichte, paraîtra en cinq volumes entre 1987 et 2008. Sa structure est fortement inspirée par les travaux de Max Weber. Les points de fuite sont classiques pour un historien de sa génération : d’une part, l’explication du national-socialisme, d’autre part, l’établissement de la démocratie libérale après 1945. Wehler devient alors le représentant le plus marquant de la thèse du Sonderweg allemand, la « voie spécifique », qui expliquerait pourquoi l’Allemagne a évolué différemment des autres pays occidentaux aux xixe et xxe siècles.

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Écrit par :

  • : chercheur qualifié FRS-FNRS, maître de conférences à l'université de Liège (Belgique)

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HISTOIRE (Histoire et historiens) - Courants et écoles historiques

  • Écrit par 
  • Bertrand MÜLLER
  •  • 6 859 mots

Dans le chapitre « Science sociale historique : l'école de Bielefeld »  : […] Par rapport à ces courants proposés par les vainqueurs de la guerre, l'historiographie allemande suit une voie quelque peu différente. L'histoire sociale était restée largement confinée dans les facultés d'économie et ce n'est que dans les années 1960 que s'ouvre un large débat avec les sciences sociales, qui se développe aussi au travers d'un commentaire critique des Annales . Hans-Ulrich Wehler […] Lire la suite

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Pour citer l’article

Christoph BRÜLL, « WEHLER HANS ULRICH - (1931-2014) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 27 septembre 2021. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/wehler-hans-ulrich-1931-2014/