KAZAN WATANABE (1793-1841)

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Peintre traditionaliste et dessinateur original

D'origine chinoise, l'école Nanga, après avoir atteint son épanouissement dans le Kansai (région de Kyōto-Ōsaka) au xviiie siècle, n'avait conquis Edo qu'avec un retard considérable, et ce grâce à Tani Bunchō (1764-1840). Ce dernier lui donna, en fait, une empreinte spéciale faite d'éclectisme : aux traditions Nanga, il mêla les techniques nationales Tosa et Kanō, des éléments chinois Ming et Qing et même des principes européens.

C'est dans l'atelier de Bunchō que Kazan entra, lors de ses dix-sept ans, pourvu d'une première expérience acquise auprès de maîtres secondaires. D'emblée, le maître décela la valeur de l'élève et se plut à le considérer comme son disciple de choix.

Jusqu'aux approches de la trentaine, Kazan poursuivit sa formation en exécutant force copies d'œuvres anciennes, tant japonaises que chinoises (surtout de Yun Shouping et Shen Nanping). Or, tout en copiant, il gagna peu à peu une touche réaliste particulière. C'est là une tendance qui, dans son œuvre, alla toujours en s'affirmant jusqu'à constituer son originalité. L'influence européenne renforça cette volonté d'objectivité et de vérité, sans toutefois dessécher l'imagination de l'artiste, ni l'entraîner à une docilité scrupuleuse à l'égard des principes étrangers.

Ce n'est pas dans la production officielle de Kazan qu'il faut chercher son talent propre. Ses peintures de commande répondent aux canons professés par l'époque et le milieu, et leur valeur est surtout documentaire. En marge de cette œuvre, il a laissé de nombreux carnets et rouleaux de dessins, d'études, de croquis où se révèle une manière toute personnelle. Ce sont des impressions fugitives laissées par les êtres et les paysages, transcrites à la hâte. Tous les aspects de Kazan s'y combinent : fraîcheur et liberté, nervosité du dessin et dépouillement progressif jusqu'à l'essentiel, observation aiguë doublée de poésie, insertion heureuse de principes européens dans la technique orientale.

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Écrit par :

  • : conservatrice des collections Japon, Chine et Corée aux Musées royaux d'art et d'histoire, Bruxelles, gestionnaire des musées d'Extrême-Orient

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Pour citer l’article

Chantal KOZYREFF, « KAZAN WATANABE - (1793-1841) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 09 mai 2021. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/watanabe-kazan/