WANG LES QUATRE (XVIIe s.)

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Deux humbles serviteurs du passé

Un hommage à Huang Gongwang

Wang Shimin était issu d'une grande famille de lettrés, originaire de Taicang. Ayant hérité du titre de son père, il occupa une charge officielle dans le gouvernement des Ming, puis fut envoyé comme fonctionnaire dans le sud de la Chine. À la chute de la dynastie, il se retira des affaires publiques pour ne pas coopérer avec les Mandchous et mena une vie paisible au milieu de ses amis, s'adonnant à la lecture, à la peinture et à l'enseignement (il fut l'un des professeurs de Wang Hui).

Dès sa jeunesse, poussé par son grand-père vers l'étude du passé, il avait été en contact avec les maîtres anciens grâce à la richesse des collections familiales ; plus tard, il ne manqua jamais l'occasion d'acheter ou d'emprunter les œuvres de ses artistes préférés, afin de les contempler et de les analyser à loisir pour élargir le répertoire de ses thèmes et de ses techniques.

À la suite de Dong Qichang, son premier maître à peindre et à penser, Wang Shimin plaçait les quatre grands peintres des Yuan au-dessus de tout, Huang Gongwang en particulier, dont l'aspect volontairement banal des paysages et leur texture dense nourrie de couches successives le fascinaient. Vers 1668, ayant dû vendre deux œuvres de ce peintre, il se disait « comme un aveugle sans bâton, avançant sans appui ». Dans son effort continu pour comprendre la tradition et révéler sa personnalité à travers elle, Wang Shimin travailla également le style de Dong Yuan, de Juran, de Mi Fei et des autres artistes lettrés, mais jamais il n'atteignit un accord spirituel aussi parfait qu'avec Huang Gongwang. Pendant plus de quarante ans d'activité artistique, il trouva dans l'œuvre puissante du peintre des monts Fuchun la source renouvelée de son inspiration, exécutant d'abord des croquis sans prétention sur feuilles d'album et ensuite des compositions de plus en plus élaborées, dont le sommet se situe vers 1668.

Dans ces grands paysages, le plus souvent sur rouleaux verticaux, les masses rocheuses enchevêtrées et la végétation tou [...]

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Dans le chapitre « Orthodoxes et individualistes »  : […] À la fin de l'époque Ming, un autre grand lettré, Dong Qichang (1555-1636), a exercé, par son œuvre et ses théories esthétiques et critiques, une domination incontestée sur la peinture des lettrés : toute l'orthodoxie picturale de l'époque Qing s'est fondée sur ses principes d'académisme éclectique. Dong Qichang cependant, loin d'être le pontife pédant que l'on imagine trop souvent, révèle, dans […] Lire la suite

DONG QICHANG [TONG K'I-TCH'ANG] (1555-1636)

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  • Pierre RYCKMANS
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Dans le chapitre « Une postérité contradictoire »  : […] La force de l'influence exercée par Dong Qichang est surtout due à la remarquable cohérence de sa double démarche de peintre et de théoricien – sa peinture illustrant sa théorie, sa théorie justifiant sa peinture. Avec Dong, les tendances de la peinture lettrée atteignent un point culminant qui est aussi un point de rupture définitif entre les artistes et la nature ; à cette nature objective, que […] Lire la suite

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Pour citer l’article

Françoise DENÈS, « WANG LES QUATRE (XVIIe s.) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 16 avril 2021. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/wang-les-quatre/