WANG CHONG [WANG TCH'ONG] (27 env.-97)

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Une pensée rationaliste

Pour mesurer la portée de l'œuvre critique de Wang Chong, il faut dire un mot du contexte intellectuel et philosophique de la fin des premiers Han. Le système dominant de l'époque est celui dit « du Yin et du Yang et des Cinq Éléments » : vertus femelle (yin) et mâle (yang) et cinq éléments (terre, bois, métal, feu, eau) constituent autant de puissances fondamentales opposées et complémentaires ; le jeu alterné de leurs mutations (croissance et déclin) rend compte de l'ordre du monde. On retrouve les bases de ce système chez les écoles de devins de l'Antiquité dont les interprétations des soixante-quatre hexagrammes et des huit trigrammes avaient fourni l'amorce de théories classificatrices dès l'époque des Royaumes combattants ; sous les Han, cela aboutit à la constitution d'ensembles spatio-temporels (avec correspondances multiples entre éléments, points cardinaux, couleurs, viscères, notes de la gamme, etc.) : cette cosmologie magique permet d'expliquer tout l'univers, qu'il s'agisse d'astronomie, de physique, de géographie, aussi bien que d'histoire, de morale ou de politique. À côté de ces systèmes convenant autant à l'art des prophéties et des présages qu'à la prise en main par les légistes de l'ordre politique et social, on voit fleurir également maintes écoles qui s'adonnent à l'interprétation de plus en plus ésotérique des classiques. Cette scolastique exubérante, qui se situe à l'époque d'un puissant renouveau des études classiques, n'exclut nullement, au demeurant, l'existence d'un vigoureux courant taoïste, tant chez les lettrés et les savants (les magiciens taoïstes sont très en faveur auprès de plusieurs empereurs) que dans les masses populaires (ce qui aboutira aux mouvements millénaristes décisifs dans les rébellions de la fin du iie siècle). Au milieu de ce foisonnement d'écoles et de sectes où dominent l'ésotérisme et les superstitions, il n'est guère étonnant de voir naître à la longue un puissant mouvement de réaction rationaliste qui commence avec l'apparition de l'épigraphie chinoise, quand les tenants des traditions en [...]

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Dans le chapitre « Le confucianisme sous les Han »  : […] Paradoxalement, cet Empire centralisateur et conquérant allait pourtant accorder au confucianisme un rôle quasi officiel dans l'État, ce dont la doctrine allait pâtir autant que profiter. Si l'édit de proscription resta en vigueur sous le régime de l'usurpateur Liu Bang qui régna sous le nom de Gaozu, et bien que ses premiers successeurs aient marqué plus de sympathie personnelle pour deux doctrin […] Lire la suite

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Jacques DARS, « WANG CHONG [WANG TCH'ONG] (27 env.-97) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 10 octobre 2021. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/wang-chong-wang-tch-ong/