VOYAGE À TRAVERS LE CINÉMA FRANÇAIS (B. Tavernier)

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De Becker à Sautet

Ce voyage conduit de Becker à Sautet. Si Bertrand Tavernier n’a pas connu le premier, auteur des Rendez-vous de juillet, le second, auteur de Classe tous risques, a été son ami et son conseiller. Becker et Sautet rendent l’essence d’une époque. Ils en sentent les contradictions et les transformations. Chez les deux cinéastes, souvent dédaignés, le travail se voit : stylistes dans Falbalas, prisonniers dans Le Trou, ou employés dans Une histoire simple. L’un et l’autre guident Tavernier : pour bâtir une intrigue, les gestes du labeur sont plus importants que les artifices du scénario.

Dans ce film en treize chapitres apparaissent les maîtres du cinéma – Renoir, Carné ou Melville –, un cinéaste américain mis sur liste noire au temps du maccarthysme, comme John Berry, d’autres volontiers honnis comme Jean Delannoy. Un long plan-séquence de Macao, l’enfer du jeu rappelle ce que celui-ci doit au cinéma hollywoodien. L’inventivité d’Edmond T. Gréville, celle de Jean Sacha tournant un film d’action avec Eddie Constantine vont à l’encontre des idées reçues et relativisent la notion d’auteur, un temps sanctifiée.

Les Enfants du paradis, M. Carné

Les Enfants du paradis, M. Carné

Photographie

Le film Les Enfants du paradis (1945) de Marcel Carné occupe une place centrale dans la mythologie du cinéma français, sans doute parce qu'il met en évidence le lien qui existe entre septième art et naissance du spectacle moderne, à travers des formes telles que le mélodrame ou le mime.... 

Crédits : Pathé/ Album/ AKG-images

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À l’inverse de bien des cinéphiles, Tavernier n’est pas dogmatique ni sectaire. Il aime admirer et garde assez de distance pour ne pas prendre chaque interview de Renoir pour argent comptant. Aussi revient-il, exemple à l’appui, sur l’art d’improviser du metteur en scène. La seule mise en place du décor et de la caméra rend impossible toute improvisation dans Le Crime de monsieur Lange. De même, Tavernier revient sur l’affirmation de la nouvelle vague, prétendant avoir inventé le tournage de nuit, sans artifice. Dernier Atout, de Jacques Becker, contient de nombreuses scènes qui ont été filmées ainsi.

Tavernier met en lumière les films qu’il aime et n’hésite pas à dire ce qu’il n’aime pas. Peu convaincu par Deux hommes dans Manhattan de Jean-Pierre Melville, trouvant vieilli et artificiel Les Visiteurs du [...]

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Norbert CZARNY, « VOYAGE À TRAVERS LE CINÉMA FRANÇAIS (B. Tavernier) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 03 juillet 2019. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/voyage-a-travers-le-cinema-francais/