TATLINE VLADIMIR EVGRAFOVITCH (1885-1953)

Carte mentale

Élargissez votre recherche dans Universalis

Un peintre insatisfait

Vladimir Tatline est né à Kharkov (Ukraine) en 1885. Dès 1900, il commence à travailler dans des ateliers d'icônes et à se passionner pour le métier traditionnel de la peinture à fresque. Il se forme jusqu'en 1910 dans la section de peinture de l'école de Penza puis à l'école de peinture, sculpture et architecture de Moscou. C'est là qu'il installe son atelier en 1911 et entreprend de se faire connaître par des œuvres très construites, d'un esprit néo-primitiviste inscrit dans la lignée du cézannisme fauve (Le Marchand de poisson, 1911-1912, galerie Tretiakov, Moscou), ainsi que par l'illustration de livres futuristes (Mondarebours de Vélimir Khlebnikov, 1912). L'influence du peintre Mikhaïl Larionov, son aîné de quelques années, est très marquée, aussi bien dans l'iconographie – le monde du travail et de la mythologie populaire – que dans l'adoption d'un style d'art populaire où se mêlent les esthétiques de l'icône, de l'enseigne et du loubok (image populaire russe, souvent xylographie colorée). Un voyage capital à Paris et à Berlin en 1914 donne l'occasion à Tatline de découvrir les dernières œuvres de Picasso, notamment ses assemblages de matériaux divers (Guitare, 1912-1913, Museum of Modern Art, New York) et oriente de manière décisive sa créativité. À son retour, Tatline invente une série de « tableaux-reliefs » qu'il expose en mai 1914. Si le relief pictural Bouteille (1914, disparu) demeure encore figuratif et porte la marque d'une évidente parenté avec l'œuvre du même nom de Picasso, la quête d'une forme résolument abstraite gouverne les autres créations de l'artiste, notamment sa série des Contre-reliefs. Tatline associe le bois, le cuir et le métal selon une logique strictement matérielle et esthétique, qui conduit à un résultat déconcertant pour le public. Mêlant architecture, peinture et sculpture, l'artiste invente des formes inédites et crée un nouvel espace, bien au-delà de la simple logique de la peinture figurative, même la plus audacieuse, qui l'a laissé insatisfait.

Le Poissonnier, V. E. Tatline

Le Poissonnier, V. E. Tatline

Photographie

Le Poissonnier, toile de Vladimir Evgrafovitch Tatline (1885-1953). Galerie Tretiakov, Moscou. 

Crédits : Bridgeman Images

Afficher


1  2  3  4  5
pour nos abonnés,
l’article se compose de 3 pages



Médias de l’article

Le Poissonnier, V. E. Tatline

Le Poissonnier, V. E. Tatline
Crédits : Bridgeman Images

photographie

Monument à la IIIe Internationale, V. E. Tatline

Monument à la IIIe Internationale, V. E. Tatline
Crédits : Moderna Museet, Stockolm

photographie





Écrit par :

  • : professeur d'histoire et de théorie de l'art contemporain à l'université de Paris-VIII

Classification


Autres références

«  TATLINE VLADIMIR EVGRAFOVITCH (1885-1953)  » est également traité dans :

CONSTRUCTIVISME

  • Écrit par 
  • Andréi NAKOV
  •  • 3 374 mots
  •  • 2 médias

Dans le chapitre « Le rôle des sculpteurs Gabo et Tatline »  : […] Un des « ingénieurs » les plus inspirés de la pensée constructiviste – le sculpteur russe Naum Gabo (1890-1977) – écrit que le cubisme n'a été pour lui qu'une phase préliminaire. Le cubisme parisien constitue en effet, avec le futurisme italien, la source de la réflexion des artistes russes des années 1910-1915 ; avec l'abstraction radicale de Malevitch, il leur fournit un vocabulaire riche de no […] Lire la suite

FLAVIN DAN (1933-1996)

  • Écrit par 
  • Jacinto LAGEIRA
  •  • 1 387 mots

Dans le chapitre « Un art de la lumière »  : […] Comme la plupart des artistes minimalistes, Flavin s'est souvent référé au constructivisme russe, notamment à Vladimir Tatline et son projet inabouti de Monument à la III e  Internationale, dans ses Monuments réalisés entre 1964 (date de sa première exposition à la Kaymar Gallery, New York intitulée Some Light ) et 1982. Il utilise les qualités intrinsèques des matériaux industriels en s’inspira […] Lire la suite

GABO NEEMIA PEVSNER dit NAUM (1890-1977)

  • Écrit par 
  • Yve-Alain BOIS, 
  • Universalis
  •  • 1 731 mots
  •  • 1 média

Dans le chapitre « L'espace hors limites »  : […] La minimalité de l'effet visuel est, dans la célèbre Construction cinétique de 1920, inversement proportionnelle à la totale nouveauté de la réponse donnée à la question que posait dès 1912 (avec la Guitare de Picasso et le Développement d'une bouteille dans l'espace de Boccioni) toute la sculpture moderne : comment mettre en forme un volume sans lui conférer toujours la monumentalité pesante […] Lire la suite

SOCIALISTES ART DANS LES PAYS

  • Écrit par 
  • Robert ABIRACHED, 
  • Louis MARCORELLES, 
  • Jean-Jacques NATTIEZ
  •  • 12 580 mots
  •  • 9 médias

Dans le chapitre « Réalisme, stalinisme, jdanovisme »  : […] On se tromperait si l'on pensait que les tendances réalistes jaillirent ex nihilo après la mort de Lénine et que le réalisme socialiste naquit seulement en 1934, lors du premier Congrès des écrivains soviétiques. Théoriquement, ce qui deviendra plus tard le jdanovisme se manifesta bien avant 1917, puisque Plekhanov considérait que l'art, « moyen d'enseignement du marxisme », devait être « clair, […] Lire la suite

Voir aussi

Pour citer l’article

Paul-Louis RINUY, « TATLINE VLADIMIR EVGRAFOVITCH - (1885-1953) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 24 mars 2020. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/vladimir-evgrafovitch-tatline/