ALFIERI VITTORIO (1749-1803)

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Un théâtre de terreur et de passion

Toutes ces tragédies, à l'exception de Myrrha, développent un thème identique, analysé dans son traité politique De la tyrannie (1777) : la lutte du héros contre le tyran, l'exaltation des vertus héroïques de l'individu contre toutes les formes d'oppression. Pour servir son propos, Alfieri puise son inspiration dans les domaines les plus variés.

La mythologie grecque lui fournit le sujet de deux diptyques : le premier, qui comprend Polynice et Antigone, développe de façon personnelle le cycle thébain ; le second, avec Agamemnon et Oreste, emprunte au cycle d'Argos le meurtre du Roi des rois et la vengeance d'Oreste.

Une autre source importante de son inspiration se trouve chez les historiens grecs et latins, en particulier Plutarque, qu'Alfieri lisait « avec fureur », parce qu'il y trouvait des préoccupations morales proches des siennes et des héros à sa mesure. On doit à sa lecture des historiens antiques l'ensemble des tragédies de liberté qui poussent à l'extrême l'affrontement du tyran et du héros : dans Virginie, l'héroïne préfère mourir de la main de son père plutôt que d'appartenir au tyran Appius ; Timoléon oppose le tyran Timophane à son frère, le patriote Timoléon ; Agis exalte la figure héroïque du roi de Sparte Agis IV, défenseur des lois de Lycurgue, condamné à mort par le tyran Léonidas ; dans le Premier Brutus, le consul Junius Brutus se voit contraint de faire exécuter ses deux fils, coupables d'avoir trempé dans une conjuration pour le rétablissement des Tarquins ; le Deuxième Brutus reprend à Shakespeare le thème du meurtre de Jules César, mais insiste sur les éléments héroïques et l'affrontement César-Brutus. Il faut rattacher à ce groupe La Conjuration des Pazzi, sujet emprunté à Machiavel, qui raconte le meurtre de Julien de Médicis par des conjurés républicains, menés par Guillaume Pazzi, et le châtiment des coupables par Laurent de Médicis, frère de Julien.

On peut ranger dans un troisième groupe un certain nombre de pièces sur des sujets historiques empruntés à différ [...]


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Écrit par :

  • : professeur de langue et littérature italiennes à l'université de Paris-VIII

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  • Barthélémy JOBERT
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Pour citer l’article

Jacques JOLY, « ALFIERI VITTORIO - (1749-1803) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 13 août 2020. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/vittorio-alfieri/