VITRAIL

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Technique

Les anciens verres à vitre sont, en principe, soufflés ; ils proviennent de la fusion, à une température se situant entre 1 200 et 1 500 degrés, de silice (sable) mêlée, pour réduire son degré de fusion, au potassium (cendres de bois, par exemple) ou à la soude (sel marin) ; d'autres substances peuvent servir de réducteur (dans la fabrication moderne) ou s'ajouter au mélange pour améliorer ses qualités de résistance, de transparence, de coloration. Dans la technique traditionnelle de fabrication, on distingue les verres produits en plateaux (ou « cives »), pièces rondes venant de l'aplatissement, par une rapide rotation, d'une boule soufflée, et les verres en tables, ou « au manchon » dérivant de cylindres soufflés, coupés et aplatis. On employa aussi dans l'Antiquité et pendant le haut Moyen Âge, dans l'art byzantin et plus rarement en Occident, le verre à vitre coulé à plat ; cette technique fut reprise au xviie siècle et s'imposa depuis pour la fabrication courante du verre à vitre ; son avantage essentiel est la grande égalité de surface et de transparence. Au contraire, les verres soufflés par méthode traditionnelle offrent des inégalités de matière et de couleur qui contribuent à enrichir leur effet. Les verres à vitrail sont colorés dans leur masse, au moment de la fusion de la silice, par l'addition de divers oxydes métalliques. On a pourtant fabriqué aussi des verres « plaqués », faits de la juxtaposition, au moment du soufflage, de plusieurs pellicules de couleurs différentes (généralement blanc et rouge, mais on rencontre parfois d'autres combinaisons) ; cette constitution augmente la translucidité des verres à forte couleur, et permet des travaux de « gravure ». Inventé au xive siècle, ce procédé connut un grand succès au xve siècle et à la Renaissance.

La fabrication du vitrail comporte plusieurs opérations successives. On découpe les verres (au fer rouge ou au diamant) selon un dessin préalablement établi (table de bois au Moyen Âge, puis support souple), et on [...]


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Le Christ entouré de saints et des douze apôtres

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Vitrail de Notre-Dame de Chartres

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Sainte-Chapelle, Paris

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Écrit par :

  • : docteur de troisième cycle en histoire de l'art, documentaliste chargée du vitrail à la sous-direction des Monuments historiques, conservateur adjoint du musée des Plans-reliefs
  • : professeur à la faculté des lettres et sciences humaines de Paris

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Pour citer l’article

Catherine BRISAC, Louis GRODECKI, « VITRAIL », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 21 septembre 2020. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/vitrail/