VIROSES VÉGÉTALES

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Transmission et dissémination

Les virus étant obligatoirement des parasites, leur transmission se fait essentiellement par des vecteurs biologiques (insectes, nématodes, champignons) qui provoquent les blessures nécessaires à la pénétration des particules virales dans les cellules hôtes. Elle est plus rarement assurée par la graine ou le pollen, et, dans le cas des plantes cultivées, par certaines pratiques culturales (greffage, taille, irrigation) ou par le simple contact entre une plante malade et une plante saine. Certains virus peuvent être transmis à la fois par un vecteur et par la graine ou le pollen, ce qui leur permet d'être très efficacement disséminés.

Les insectes (puceron, cicadelles, aleurodes, thrips, coléoptères) ou les acariens sont les principaux vecteurs de virus végétaux. Certaines espèces d'insectes, notamment de pucerons comme Myzus persicae, sont capables de transmettre une grande variété de virus alors que d'autres virus sont plus spécifiquement inféodés à certains insectes, par exemple le virus du gonflement des tiges du cacaoyer et les cochenilles du genre Planococcoides. La transmission est différente selon que le virus a la capacité de se multiplier dans le vecteur (mode persistant) ou non (mode non persistant), ou de persister dans l'appareil digestif de celui-ci sans pour autant s'y multiplier (mode semi-persistant). Certains virus végétaux se propageant sur le mode persistant, comme le virus de l'enroulement de la pomme de terre, font également l'objet d'une transmission transovarienne de l'œuf à la descendance de leur insecte vecteur. Les pucerons sont les vecteurs les plus importants par le nombre des virus qu'ils sont capables de véhiculer et l'impact économique induit. Ils sont notamment responsables de la transmission des virus appartenant au genre Potyvirus, qui regroupe à lui seul plus du quart de tous les virus végétaux et notamment les plus désastreux du point de vue économique (virus Y de la pomme de terre, virus de la Sharka des arbres fruitiers à noyau, virus de la mosaïque de la laitue). Les thrips sont également des vecteurs importants, notamment Frankiniella occidentalis qui transmet la maladie bronzée de la tomate, l'un des virus les plus polyphages, causant des dégâts considérables sur de nombreuses cultures horticoles et maraîchères.

Certains champignons phytopathogènes, appartenant aux genres Olpidium, Synchytrium, Polymyxa et Spongospora, peuvent également transmettre des viroses sur le mode persistant – virus de la mosaïque jaune de l'orge transmis par Polymyxa graminis ou virus de la rhizomanie de la betterave transmis par Polymyxa betae – ou non persistant – virus de la nécrose du tabac transmis par Olpidium brassicae –, selon que le virus est présent à l'intérieur des spores ou seulement à leur surface. L'importante durée de vie des spores permet aux virus transmis sur le mode persistant de survivre pendant de très longues périodes, pouvant aller jusqu'à plusieurs années.

Quatre espèces de nématodes, qui sont eux-mêmes des agents phytopathogènes importants, peuvent également propager des virus : les genres Xiphinema et Longidorus pour les virus du genre Nepovirus, et les genres Trichodorus et Paratrichodorus pour les virus du genre Tobravirus. Certains virus peuvent subsister pendant plusieurs mois dans le nématode vecteur sans s'y multiplier (virus du court-noué de la vigne dans Xiphinema index).

Le pollen de plantes infectées peut jouer le rôle de vecteur aérien de certains virus, comme le virus X de la pomme de terre, lorsque les particules virales sont présentes à l'extérieur des grains de pollen. Parfois, le virus est présent à l'intérieur même du grain de pollen et peut donc être transmis à la descendance de la plante lors de la reproduction sexuée. Si ces cas sont peu fréquents, ils permettent cependant l'installation et/ou l'entretien de foyers à partir desquels les virus peuvent être disséminés par un autre vecteur.

De nombreux virus de plantes sont transmissibles mécaniquement dans des conditions expérimentales ou culturales : l'homme joue alors le rôle de vecteur lorsqu'il utilise des instruments contaminés au cours de tailles ou de greffages. Certains de ces virus peuvent même se propager mécaniquement en conditions naturelles : lorsque la concentration en pa [...]

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Plantes transgéniques

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Multiplication dun virus dans une cellule végétale

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Pour citer l’article

Pierre-Yves TEYCHENEY, « VIROSES VÉGÉTALES », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 21 mai 2022. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/viroses-vegetales/