VIOLON

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Principes acoustiques

Prenons une « caisse » sonore quelconque et excitons-la en frappant dessus d'une manière donnée. On entend un « bruit » complexe, dont la « hauteur » varie selon les dimensions, la nature des matériaux, les épaisseurs des tables. Ce bruit, on sait actuellement l'analyser sous l'aspect d'une « courbe de réponse », qui indique les pointes de résonance propres à cette caisse. Excitons cette caisse à l'aide d'une corde. Le son produit est d'autant plus intense et plus riche que le son de la corde et ses composantes coïncident avec la courbe de réponse. On vérifie en effet qu'en tendant graduellement la corde le rendement sonore sera optimal pour une certaine tension de corde, c'est-à-dire une certaine note, les notes voisines étant encore acceptables. Avec une simple boîte, on peut exploiter une octave par exemple. Mais une octave est insuffisante pour réaliser une musique élaborée. Comment faire, alors, avec une caisse unique si l'on désire une étendue de trois ou quatre octaves ou plus ? La solution du problème avait déjà été amorcée par les fabricants de rebecs. Ils posaient un pied du chevalet sur la table mince en sapin, qui était très « souple » (grand degré de liberté) et qui permettait ainsi d'amplifier correctement les sons graves de l'instrument. Le pied droit du chevalet ne s'appuyait pas sur la table, mais, par l'intermédiaire d'une petite tige de bois, l'âme, sur le « fond » de l'instrument, fait en bois très dur (olivier, érable, etc.). Le degré de liberté du fond étant très faible, on favorisait ainsi les sons aigus. Un seul instrument permettait de ce fait d'exploiter près de deux octaves.

Les dispositions du rebec furent adoptées et améliorées par l'inventeur du violon. Un perfectionnement consiste à coincer l'« âme » entre la table et le fond, ce qui évitait certainement bien des problèmes de tenue du chevalet ; un autre fut de coller sous le pied gauche du chevalet, du côté des cordes graves, une petite verge de sapin, la « barre », qui, alourdissant la table, favorisait ainsi les graves. L'étendue sonore de l'instrument, moyenna [...]


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  • : directeur de recherche honoraire au C.N.R.S., chargé de cours d'acoustique au Conservatoire national supérieur de musique de Paris

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Pour citer l’article

Émile LEIPP, « VIOLON », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 25 octobre 2020. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/violon/