NAIPAUL VIDIADHAR SURAJPRASAD (1932-2018)

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Un portrait amer du monde colonial

Dans ses premiers romans (The Mystic Masseur, 1957 [Le Masseur mystique], The Suffrage of Elvira, 1958), qui ont pour cadre Trinidad, il observe sans complaisance les politiciens déculturés et cyniques. Miguel Street (1959), série de vignettes inspirées par Cannery Row de John Steinbeck, met en scène les habitants d'un quartier populaire de Port of Spain, excentriques souvent sympathiques et roublards, parfois à la limite de la démence, anéantis par l'aliénation coloniale.

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A House for Mr. Biswas (1961, Une maison pour M. Biswas) est souvent considéré comme une œuvre allégorique de la situation de l'Antillais pauvre qui, à force de persévérance et de chance, parvient à « bâtir sa propre maison ». Avec ses rêves de grandeur, Mohun Biswas se trouve pris au piège d'une belle-famille tentaculaire dominée par la toute-puissante Mrs Tulsi. Utilisant ses gendres comme des travailleurs sous-payés, celle-ci étend progressivement son emprise sur une tribu haute en couleur souvent perçue par la critique comme une métaphore de la plantation esclavagiste. Dans ce chef-d'œuvre, comme dans Miguel Street, Naipaul parvient à équilibrer satire, dérision, tragédie et une certaine sympathie pour des personnages finalement plus victimes qu'acteurs de leur condition. La seule gloire de Mohun Biswas lorsqu'il meurt d'une crise cardiaque, c'est d'être devenu propriétaire d'une bicoque construite avec des éléments de récupération et pour laquelle il a dû contracter une montagne de dettes encore impayées. Journaliste local aspirant à devenir écrivain, le protagoniste n'a pu aiguiser son style que dans de misérables articles à sensation. Malgré leur vision nostalgique du continent de leurs ancêtres, les personnages de ce roman sont largement déculturés. Naipaul évoque le choc qu'il a ressenti lors de son premier séjour en Inde lorsqu'il découvrit lui aussi que le pays de ses ancêtres ne correspondait pas du tout à ses rêves de pureté et d'enracinement. An Area of Darkness (1964, L'Inde sans espoir) et India : a Wounded Civilisation (1977, L'Inde brisée) trait [...]

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Pour citer l’article

Jean-Pierre DURIX, « NAIPAUL VIDIADHAR SURAJPRASAD - (1932-2018) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 17 septembre 2021. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/vidiadhar-surajprasad-naipaul/