VERS

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Naissance de l'alexandrin

Utilisé pour la première fois dans le Pèlerinage de Charlemagne (fin xie-début xiie siècle), son nom apparaît seulement au xiie siècle, dans une poésie épique, le Roman d'Alexandre. Ce vers de douze syllabes va devenir le mètre de référence du théâtre, en particulier dans l'âge dit « classique ». À cette époque, l'alexandrin possède une structure régulière, déterminée par un rythme binaire. Les douze syllabes sont en effet usuellement divisées en deux groupes de six syllabes, nommés « hémistiches » et coupés par une césure. Celle-ci est déterminée par l'accentuation de la sixième syllabe du vers et, au xviie siècle, elle épouse la syntaxe. Comme la fin d'un vers, elle ne doit pas isoler des éléments grammaticalement dépendants, un article et le nom qu'il détermine par exemple : ARICIE – « Dans quels ravissements, / / à votre sort liée, / Du reste des mortels / / je vivrais oubliée ! » (Racine, Phèdre, V, 1).

Ainsi, l'alexandrin régulier est un mètre de douze syllabes, possédant deux accents toniques fixes, l'un à la césure, l'autre à la rime, en plus de deux accents libres à l'intérieur de chaque hémistiche.

Si le schéma rythmique se caractérise par l'agencement de ces accents, le schéma harmonique est conditionné par la répétition de mêmes phonèmes : on parlera d'assonance lorsque les voyelles se répètent, d'allitération lorsqu'il s'agit de consonnes, de rime enfin. Phonétiquement, la rime désigne l'homophonie de la dernière voyelle tonique de deux ou plusieurs vers, et des phonèmes qui peuvent la suivre (« cire » et « ire »). Lorsque les phonèmes qui suivent la voyelle tonique sont différents, il n'y a pas rime, mais assonance (« cire » et « dédise »). Les homophonies déterminent le type de rime : la « rime pauvre » est constituée par la simple homophonie de la dernière voyelle tonique du vers ; la « rime suffisante », par l'homophonie de la voyelle tonique et celle de la consonne d'appui (« ira » et « montrera ») ou de la consonne suivante (« cœur » et « sœur ») ; la « rime riche », par trois homophonies, comme celles de la consonne d'app [...]

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Écrit par :

  • : ancienne élève de l'École normale supérieure, agrégée de lettres modernes, docteure en lettres modernes et en arts du spectacle

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Pour citer l’article

Elsa MARPEAU, « VERS », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 20 septembre 2019. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/vers/