VERNALISATION

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Mise en évidence

Le rôle du froid vernalisant chez certaines plantes était connu des agriculteurs depuis l'Antiquité : tous ceux des pays tempérés connaissaient des céréales d'hiver qu'il faut semer vers la mi-automne pour que, germées, elles subissent les frimas ; après quoi, elles montent en épis ou panicules et sont récoltées au seuil de l'été. Faute de cette exposition au climat hivernal, elles resteraient à l'état de gazon. Elles sont ainsi bisannuelles (cycle accompli sur deux années du calendrier). Au contraire, les céréales de printemps, semées à la fin des mois de mars et d'avril, sont récoltées l'année même, dans la période de juin à juillet.

En 1918, G. Z. Gassner (Allemagne) détermina les besoins de froid chez des plantes qu'on croyait alors n'être que bisannuelles ou annuelles d'hiver et dont la plupart sont en rosette avant le froid (betteraves, carottes, digitales, par exemple). Vers 1928, T. G. Lyssenko (U.R.S.S.) montra que, chez certaines de ces plantes bisannuelles, surtout les céréales d'hiver, les effets du froid s'exerçaient sur les grains préalablement humidifiés ; ces effets se conservaient après la dessiccation de ces grains, il était possible de semer les grains traités au printemps afin d'obtenir des plantes annuelles à courte durée de développement. Les noms de jarovisation (russe), printanisation et finalement vernalisation donnés à ce procédé furent étendus à toutes les actions similaires du froid. Les conditions et le déroulement de la vernalisation furent précisés, surtout, de 1936 à 1950 environ, par F. G. Gregory et O. N. Purvis (Londres) ainsi que par G. Melchers et A. Lang (Tübingen), puis par A. Lang (États-Unis), chacun comparant un couple de plantes, l'une exigeant la vernalisation, l'autre étant son mutant annuel : le seigle Petkus chez qui le photopériodisme n'a qu'un rôle subtil, et la jusquiame noire (Hyoscyamus niger) où l'héméropériodisme est indispensable après la vernalisation ; ces auteurs ont aussi étudié des cas exceptionnels de tran [...]


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Écrit par :

  • : professeur honoraire à la faculté des sciences de Paris
  • : professeur à l'université de Paris-VI-Pierre-et-Marie-Curie

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FLEUR

  • Écrit par 
  • Louis EMBERGER, 
  • Michel FAVRE-DUCHARTRE, 
  • Georges MANGENOT, 
  • Paul ROLLIN
  •  • 7 636 mots
  •  • 8 médias

Dans le chapitre « La vernalisation »  : […] Pour de nombreux végétaux, les facteurs déterminant l'induction florale n'auront aucun effet même si les bourgeons ont atteint leur maturité : ils doivent auparavant être soumis à des températures basses ; c'est le phénomène de la vernalisation. Il s'agit d'un processus préparatoire à la mise à fleur ; après le traitement vernalisant la plante n'est pas en fleur et, même, aucune initiation de prim […] Lire la suite

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Pour citer l’article

Pierre CHOUARD, Claude PICARD, « VERNALISATION », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 12 août 2020. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/vernalisation/