RANCE USINE MARÉMOTRICE DE LA

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Une histoire d’avenir ?

Dans le prolongement de sa politique de l’après-guerre en faveur de l’hydraulique, E.D.F. prévoit dès 1946, décide en 1959, puis construit entre janvier 1961 et 1966 l’usine marémotrice de la Rance. L’entreprise s’est inspirée du fonctionnement des moulins à marée installés au Moyen Âge sur les rives de la Rance pour produire de la farine, des projets de l’ingénieur Bernard Forest de Bélidor (1737) et d’études menées à La Rochelle (1919) puis dans le bassin d’Arcachon (1921). Robert Gibrat, ancien ministre devenu ingénieur-conseil auprès d’E.D.F., ainsi que Pierre Ailleret et Pierre Massé, deux des premiers directeurs d’E.D.F., ont porté le dossier avec enthousiasme. Dans une logique d’aménagement du territoire, le « lobby breton » a réclamé cet ouvrage avec force, et le deuxième plan (1954-1957) qui, dans cet esprit, a retenu l’idée d’une route sur le barrage pour relier Saint-Malo à Dinard, l’a imposé.

Achevée en 1966, cette centrale électrique, implantée à quatre kilomètres de l’embouchure de la Rance, est alors considérée comme une œuvre de prestige et d’affirmation de la technologie française qui participe à la modernisation et à l’indépendance énergétique de la France.

Première centrale de ce type entrée en service, l’usine bretonne reste aujourd’hui la plus puissante en Europe avec ses 240 mégawatts (MW). Peu d’autres aménagements ont été édifiés depuis sa construction et le potentiel de l’énergie marémotrice demeure globalement peu exploité. Toutefois, dans un contexte de recherche d’une diversification des sources énergétiques et d’intérêt pour les énergies renouvelables, la « houille bleue », formule utilisée par Gibrat pour désigner l’énergie des marées et des vagues, suscite un regain d’intérêt qui se manifeste par de nombreux projets et quelques réalisations comme l’atteste la centrale sud-coréenne de Sihwa (254 MW, mise en service en 2011), désormais la plus puissante du monde.

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Écrit par :

  • : professeur des Universités, président de l'université Savoie-Mont-Blanc

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  • Écrit par 
  • Daniel CLÉMENT
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Dans le chapitre « L’énergie des marées »  : […] Les usines marémotrices exploitent la différence de niveau entre deux masses d’eau créée par les marées pour produire de l’électricité. Les masses d’eau entraînent les turbines couplées aux générateurs électriques lors de la marée montante (flux), puis sont retenues dans un réservoir et à nouveau turbinées lorsqu’elles sont relâchées lors de la marée descendante (reflux). Cette technologie, matur […] Lire la suite

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Pour citer l’article

Denis VARASCHIN, « RANCE USINE MARÉMOTRICE DE LA », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 22 septembre 2021. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/usine-maremotrice-de-la-rance/