UNE MAISON POUR Mr BISWAS, V. S. NaipaulFiche de lecture

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Les ambitions impossibles

Le protagoniste d'Une maison pour Mr Biswas échappe à la pauvreté de ses origines lorsqu'il épouse malgré lui la fille d'une riche propriétaire indienne trinidadienne qui impose à sa famille une soumission sans faille. Tour à tour en révolte contre cette servitude et heureux de s'y réfugier en cas de nécessité, Mr Biswas finit par décrocher un emploi de journaliste dans la gazette locale.

Dès le prologue, on apprend qu'il meurt, à quarante-six ans, d'une crise cardiaque ; il laisse sans ressources sa femme et ses quatre enfants. Biswas venait juste de réaliser son rêve, posséder sa propre maison. Mais l'acquisition de cet édifice, mal conçu et peu confortable, l'avait plongé dans un endettement désastreux.

Ce personnage, voué à une existence médiocre et pourtant hanté par des rêves de grandeur, a souvent été perçu comme une allégorie de la situation coloniale aux Antilles. Biswas, qui lutte pour donner sens à son existence dans un univers absurde, n'a pourtant rien d'un héros épique. Ses seuls espoirs demeurent l'éducation de son fils et la création imaginaire. Artiste à sa manière, il devient peintre d'enseignes avant d'oser appréhender le monde à travers l'écriture. À ses débuts dans le journalisme, il rédige des chroniques sur les personnes les plus surprenantes ou les plus monstrueuses. Dans ce milieu étriqué, l'excentricité tend à remplacer l'ambition, l'imitation tient lieu d'originalité.

Mr Biswas singe les modèles empruntés à la « mère patrie ». La recherche de l'authenticité vise aussi à retrouver les schémas culturels de l'Inde traditionnelle. Malheureusement l'émigration a creusé un fossé entre l'Amérique et l'Asie. L'hindouisme est désormais mâtiné de christianisme, et la religion se réduit à des rituels qui confinent à la superstition. Sous le regard d'un auteur épris de pureté brahmanique, ces tentatives semblent autant d'assemblages hétéroclites et aliénants.

Seule la volonté d'indépendance et de promotion sociale qui anime Mr Biswas résiste au jugement sévère du narrateur. Les efforts dés [...]

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NAIPAUL VIDIADHAR SURAJPRASAD (1932-2018)

  • Écrit par 
  • Jean-Pierre DURIX
  •  • 1 963 mots
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Dans le chapitre « Un portrait amer du monde colonial »  : […] Dans ses premiers romans ( The Mystic Masseur , 1957 [ Le Masseur mystique ], The Suffrage of Elvira , 1958), qui ont pour cadre Trinidad, il observe sans complaisance les politiciens déculturés et cyniques. Miguel Street (1959), série de vignettes inspirées par Cannery Row de John Steinbeck, met en scène les habitants d'un quartier populaire de Port of Spain, excentriques souvent sympathique […] Lire la suite

Pour citer l’article

Jean-Pierre DURIX, « UNE MAISON POUR Mr BISWAS, V. S. Naipaul - Fiche de lecture », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 21 septembre 2021. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/une-maison-pour-mr-biswas/