UDAYAGIRI

Carte mentale

Élargissez votre recherche dans Universalis

Udayagiri en Orissā

À quelques kilomètres des ruines de Śiśupālgarh, capitale présumée de l'antique Kaliṅga, et de Bhuvaneśvar, siège des dynasties qui se succédèrent au Moyen Âge sur le trône d'Orissā et grand foyer d'art śivaïte, se dressent les collines jumelles d'Udayagiri et de Khaṇḍagiri (« mont fendu ») séparées par un étroit vallon. Au ier siècle avant J.-C., le roi Khāravela – grand conquérant, si l'on en croit son panégyrique (grotte 14 à Udayagiri), et peut-être adepte du jaïnisme – donna l'ordre de creuser au flanc de ces éminences des grottes destinées à abriter des moines. Ces hypogées, comme ceux du Dekkan occidental, reproduisent des structures de bois. Mais leur disposition interne et la prédominance, dans leur décor, de la sculpture narrative au détriment des éléments architectoniques leur confèrent une réelle originalité. Ici, les cellules s'ouvrent directement sur une véranda commune où l'imagier a déployé toutes les ressources de son art encore maladroit. Les portes sont encadrées de pilastres, que couronnent des avant-trains d'animaux, et surmontées d'arcatures en forme de fer à cheval sur lesquelles s'enlèvent des palmettes, des rinceaux, des rhizomes de lotus ou encore une file d'animaux de profil. Une large frise, bordée d'une balustrade figurée, relie entre elles ces arcatures. Les scènes s'y déroulent sans discontinuité (et ces compositions en bandeau rappellent celles des linteaux des portes du grand stūpa de Sāñcī, datant des environs de l'ère chrétienne) ; souvent confuses, parfois rebelles à l'identification, elles révèlent cependant un sens du mouvement et un goût du paysage assez exceptionnels. Cette iconographie archaïque présente des divinités honorées par toutes les sectes anciennes de l'Inde (sur des tympans de la grotte 3 de Khaṇḍagiri, un « Bain de Śrī » et « Sūrya, le dieu solaire, sur son char », par exemple). En revanche, elle proscrit toute représentation anthropomorphe des Tirthāṅkara – le Jina, fondateur du jaïnisme, et ses vingt-trois précurseurs. En plus de ses dix-huit grottes étroitement groupées, dont une naturelle [...]

1 2 3 4 5

pour nos abonnés,
l’article se compose de 3 pages




Écrit par :

  • : chargée de recherche au CNRS, chargée de mission au Musée national des arts asiatiques-Guimet

Classification

Voir aussi

Pour citer l’article

Rita RÉGNIER, « UDAYAGIRI », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 20 août 2019. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/udayagiri/