U.R.S.S.Histoire institutionnelle

Carte mentale

Élargissez votre recherche dans Universalis

L'adaptation du système

Les changements intervenus dans la structure économique et sociale de l'U.R.S.S. (développement de l'économie, augmentation du nombre des ingénieurs et techniciens, élévation du niveau d'instruction) ainsi que dans les objectifs politiques ont entraîné des modifications dans quelques-uns des éléments du système politique : notamment dans le choix des hommes et des mécanismes d'adoption et d'application des décisions, ainsi que dans l'idéologie diffusée.

Le choix des hommes

Le « choix des cadres », c'est-à-dire le recrutement et la nomination des titulaires des principales fonctions dans l'appareil du parti, l'administration d'État, les syndicats, les associations, reste une fonction première du parti.

Dans chaque circonscription territoriale (région, ville, arrondissement), le comité du parti continue à contrôler les nominations aux principales fonctions par la « nomenclature », c'est-à-dire la liste des fonctions qui sont sous la surveillance permanente de l'organe du parti. Dans la nomenclature du comité régional du parti figurent les dirigeants des institutions régionales, dans celle du comité de ville, les dirigeants des institutions de la ville, etc. Mais les modifications ont porté sur les critères de sélection, les modes de formation et les procédures d'affectation. Trois critères sont retenus pour la sélection des cadres : les qualités politiques, les capacités d'« organisation » et les compétences techniques. Depuis les années soixante, ce dernier critère a été davantage prix en considération.

Le pourcentage des diplômés d'enseignement supérieur parmi les secrétaires des comités de région et de territoire et des comités centraux des partis des républiques fédérées est passé de 41,3 en 1947 à 99,8 en 1983. Pour les secrétaires des comités de ville et d'arrondissement, il est passé de 12,7 en 1947 à 99,9 en 1983. De même, parmi les présidents de comités exécutifs de soviets de région, le pourcentage des diplômés d'enseignement supérieur qui était de 27,8 en 1946 était de 99,4 en 1981 et, parmi les présidents des comités exécutifs des soviets de ville et d'arrondissement, il était de 7,3 en 1946 et 99,3 en 1981.

Pour former ses cadres, le parti dispose d'un réseau d'établissements : Académie des sciences sociales après le comité central et Écoles supérieures du parti, républicaines et interrégionales. L'Académie de l'économie nationale forme les cadres supérieurs de l'administration.

Même lorsqu'elle donne lieu à une élection, l'affectation des cadres reste un processus essentiellement administratif. La nomenclature est une institution fondamentale du système politique. Mais, d'une part, pour élargir le cercle des personnes qui décident des nominations figurant sur les nomenclatures, des « commissions des cadres » ont été établies auprès des comités du parti. D'autre part, dans son rapport au XXIVe congrès, en avril 1971, Brejnev a indiqué que « le comité central a appliqué avec esprit de suite sa ligne consistant à promouvoir des éléments locaux, les nominations à partir du centre n'ayant été appliquées qu'à titre exceptionnel », sans bien entendu supprimer le contrôle par le centre. En particulier, dans les républiques fédérées et autonomes, si le premier secrétaire du comité central du Parti communiste de la république est en principe un autochtone, en général le second secrétaire, chargé des questions de cadres, est presque toujours de nationalité russe.

Au sein du parti, la tendance à choisir des diplômés d'enseignement supérieur pour les fonctions de responsabilité a été contrebalancée par une augmentation du pourcentage d'ouvriers. Ces modalités d'admission au parti ont été modifiées en 1966 de façon à les rendre plus difficiles : il faut désormais les recommandations de trois membres du parti ayant une ancienneté d'au moins cinq ans (au lieu de trois précédemment) ; les jeunes jusqu'à vingt-trois ans (au lieu de vingt) ne peuvent entrer au parti que par l'intermédiaire du Komsomol qui doit recommander la candidature (à la place de l'une des trois recommandations exigées).

Le nombre des membres du parti a continué à croître, passant de 7 millions en 1956 à 12 millions en 1965-1966 et plus de 18 millions en 1983. Mais, parmi les candidats admis au parti, le pourcentage des ouvriers a augmenté, alors que diminuait quelque peu le pourcentage des ingénieurs et techniciens : 28,2 p. 100 pour 1961-1965, 26,4 p. 100 pour 1966-1970, 24,5 p. 100 pour 1971 [...]

Adhérents du Parti communiste de 1905 à 1991

Tableau : Adhérents du Parti communiste de 1905 à 1991

Nombre des adhérents du Parti communiste de l'Union soviétique (sources: «Partijnaja Zizn'», no 15, pp. 14-15, 1983; no 21, p. 6, 1987; no 2, p. 138, 1989; no 4, p. 113, 1990; no 11, p. 31, 1991; Izvestia CK KPSS). 

Crédits : Encyclopædia Universalis France

Afficher

1  2  3  4  5
pour nos abonnés,
l’article se compose de 11 pages

La suite de cet article est accessible aux abonnés

  • Des contenus variés, complets et fiables
  • Accessible sur tous les écrans
  • Pas de publicité

Découvrez nos offres

Déjà abonné ? Se connecter

Médias

Élection de l'Assemblée constituante

Élection de l'Assemblée constituante
Crédits : Hulton Getty

photographie

Parti communiste de 1966 à 1990 : structure

Parti communiste de 1966 à 1990 : structure
Crédits : Encyclopædia Universalis France

diaporama

Kossyguine et Sadate, 1972

Kossyguine et Sadate, 1972
Crédits : Hulton Getty

photographie

Adhérents du Parti communiste de 1905 à 1991

Adhérents du Parti communiste de 1905 à 1991
Crédits : Encyclopædia Universalis France

tableau

Afficher les 4 médias de l'article

Écrit par :

  • : professeur à l'université de Paris-I, directeur de l'Institut de recherches comparatives sur les institutions et le droit du C.N.R.S.

Classification

Autres références

«  URSS  » est également traité dans :

U.R.S.S. - Histoire

  • Écrit par 
  • Nicolas WERTH
  •  • 22 689 mots
  •  • 55 médias

Depuis le début des années 1990, la disparition de l'URSS, l'accès aux sources historiques, la libération de la mémoire ont ouvert une nouvelle étape qui permet de mieux comprendre le passé récent, mais encore largement méconnu d'un des pays qui ont le plus marqué l'histoire du xxe siècle. Rarement illusions, erreurs de jugement ont été aussi largemen […] Lire la suite

U.R.S.S. - L'économie soviétique

  • Écrit par 
  • Marie LAVIGNE
  •  • 3 321 mots

L'économie de l'U.R.S.S. a été, jusqu'en 1990, une économie socialiste planifiée, dirigée par le Parti communiste à travers un système centralisé d'administration économique. La propriété d'État y jouait un rôle dominant et l'ensemble des activités économiques était orienté par un plan impératif. Ce système s'est effondré en 1991. Il est cependant indispen […] Lire la suite

Voir aussi

Les derniers événements

2-29 mai 2014 Ukraine. Référendums d'autodétermination et élection présidentielle

Le 9, Vladimir Poutine se rend à Sébastopol, en Crimée, pour assister à la célébration de la victoire de l'U.R.S.S. sur l'Allemagne nazie en 1945. Le 9 également, à Marioupol, sur la mer d'Azov, des combats meurtriers opposent les forces de l'ordre à des insurgés prorusses qui tentaient de s'emparer de bâtiments publics. Le 11, les référendums d'autodétermination dans les régions de Donetsk et de Louhansk recueillent environ 90 p. […] Lire la suite

1er janvier 2014 Lettonie – Union européenne. Élargissement de la zone euro

Membre de l'Union européenne depuis 2004, la Lettonie est le dix-huitième État à faire son entrée dans la zone euro et le deuxième État issu de l'ex-U.R.S.S. à adopter la monnaie unique, après l'Estonie en 2011.  […] Lire la suite

4-24 décembre 2011 Russie. Victoire contestée de Russie unie aux élections législatives

Il s'agit des plus importants rassemblements populaires dans le pays depuis la fin de l'U.R.S.S. Le 15, lors d'une émission télévisée, Vladimir Poutine exclut d'organiser de nouvelles élections, se félicite de la possibilité donnée aux opposants de s'exprimer et dénonce une tentative de « déstabilisation » venue de l'étranger. Les 17 et 18, des milliers de personnes dans tout le pays – bien moins nombreuses que le 10 – répondent à l'appel à manifester du parti libéral Iabloko et du Parti communiste. […] Lire la suite

1er janvier 2011 Estonie – Union européenne. Élargissement de la zone euro

Membre de l'Union européenne depuis 2004, l'Estonie, pays pauvre malgré une économie dynamique, est le dix-septième État à faire son entrée dans la zone euro et le premier État issu de l'ex-U.R.S.S. à adopter la monnaie unique. Le Parlement européen avait salué en 2010 les « efforts soutenus du gouvernement et du peuple estoniens » pour satisfaire aux critères d'adhésion à la zone euro. […] Lire la suite

20 octobre 2010 Russie. Adoption d'un important programme de privatisation

Le 20, le gouvernement de Vladimir Poutine adopte le plus vaste programme de privatisation depuis la disparition de l'U.R.S.S., alors que plus de 50 p. 100 du P.I.B. proviennent encore du secteur public. Le texte prévoit la privatisation partielle de quelque neuf cents entreprises parmi lesquelles Rosneft, premier groupe pétrolier du pays, Sberbank, première banque en termes d'actifs, V. […] Lire la suite

Pour citer l’article

Michel LESAGE, « U.R.S.S. - Histoire institutionnelle », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 24 septembre 2022. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/u-r-s-s-histoire-institutionnelle/