TROUBLES DÉPRESSIFS

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Description clinique des troubles dépressifs

Début du trouble dépressif

Le trouble dépressif débute le plus souvent au cours de l’enfance ou de l’adolescence. Il est plus précoce chez les femmes que chez les hommes. Ce début précoce est associé à un nombre plus important d’épisodes, à des épisodes de durée plus longue, à une comorbidité plus importante et à davantage d’antécédents familiaux de troubles thymiques.

Syndrome dépressif

Le syndrome dépressif, dont la phase prodomique comporte souvent des troubles du sommeil, de l’anxiété et de l’irritabilité, correspond au regroupement de plusieurs symptômes : douleur morale, perte de l’estime de soi, perte de l’élan vital, vision péjorative du monde et de l’avenir, ralentissement psychomoteur, et symptômes somatiques.

L’humeur dépressive pathologique est avant tout un sentiment de tristesse, pathologique du fait de son intensité, de sa persistance et de la souffrance qu’il occasionne, qui peut aller jusqu’à un sentiment de désespoir indicible. Cette douleur morale se traduit dans le comportement. La voix, la mimique, les gestes en témoignent notamment, et les pleurs sont fréquents.

La perte de l’estime de soi se manifeste par un sentiment d’échec, d’infériorité, d’incapacité, d’insatisfaction, de dévalorisation, voire d’inutilité, d’indignité, de culpabilité et d’incurabilité. Le patient déprimé est découragé et pessimiste.

La perte de l’élan vital s’exprime par une apathie, un désintérêt, une aboulie (perte de la volonté), une anhédonie (incapacité à éprouver du plaisir), une anergie (sentiment de manquer d’énergie) associée à une asthénie (fatigue), éprouvée plus fortement le matin, un apragmatisme (incapacité à faire des choses), une indécision, un sentiment de monotonie et d’ennui, et enfin un repli sur soi.

Les pensées et conduites suicidaires concernent les deux tiers des patients déprimés. Les idées noires et l’idéation suicidaire (« le suicide est une solution possible ») sont fréquentes. L’existence de projets suicidaires et, a fortiori de tentatives de suicide, constitue un élément de gravité supplémentaire. Le risque suicidaire est difficile à évaluer du fait de l’absence de corrélation suffisamment étroite entre le risque et la sévérité globale de l’état dépressif, du caractère parfois non prémédité, voire inaugural, des passages à l’acte suicidaire, d’absence de lien entre l’expression par le malade de son désir de mort et la réalité de celui-ci (seulement deux tiers des suicidés évoquent leur projet avant de le réaliser). Par ailleurs, on ne doit pas méconnaître l’existence d’équivalents suicidaires tels que la prise de risque en voiture ou à moto ou l’abus d’alcool ou d’autres toxiques par exemple.

Le ralentissement psychomoteur est un symptôme central de la dépression. La mimique est souvent inexpressive, voire figée, les gestes sont rares, l’idéation est ralentie (bradypsychie), la voix est monocorde, les phrases sont brèves, les thèmes abordés peu nombreux.

L’anxiété et l’angoisse sont présentes dans la grande majorité des épisodes dépressifs. Elles peuvent prendre la forme de ruminations douloureuses, d’une intolérance aux bruits et aux stimuli lumineux, et de symptômes physiques (gorge serrée, poids sur la poitrine, palpitations, sueurs, nausées, diarrhée…).

Les signes physiques sont nombreux. L’asthénie à prédominance matinale concerne plus de 80 % des patients déprimés. Les troubles du sommeil sont fréquents. Il s’agit le plus souvent (80 % des patients) d’insomnie d’endormissement, de milieu de la nuit ou, plus typiquement, de fin de nuit avec un réveil matinal précoce. Il existe parfois une certaine hypersomnie avec somnolence diurne. Le comportement alimentaire est perturbé. Il s’agit dans 80 à 90 % des cas d’une anorexie avec amaigrissement. L’augmentation de l’appétit et les conduites boulimiques avec prise de poids peuvent aussi survenir. La libido est altérée : diminution du désir sexuel et de la capacité à éprouver du plaisir. Les plaintes douloureuses sont fréquentes.

Les symptômes cognitifs de la dépression sont fréquents et concernent 70 à 80 % des patients. Il s’agit de troubles de la [...]

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Écrit par :

  • : professeure de psychiatrie, faculté de médecine Paris Saclay, chef du service hospitalo-universitaire de psychiatrie de Bicêtre, APHP, directrice de l'équipe Inserm Moods

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Pour citer l’article

Emmanuelle CORRUBLE, « TROUBLES DÉPRESSIFS », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 12 août 2022. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/troubles-depressifs/