TROPISMES VÉGÉTAUX

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Le géotropisme

Mise en évidence

La réponse des plantes supérieures à la pesanteur diffère de leur réponse à la lumière en ce que non seulement leurs pousses mais aussi leurs racines y sont très sensibles. La réponse des racines est positive, c'est-à-dire dirigée vers le sol, tandis que celle des tiges est négative, dirigée vers le haut. Les racines latérales cependant, comme les branches latérales, forment un angle défini avec la verticale (plagiotropisme). Le fait que la croissance des racines vers le bas et celle des tiges vers le haut sont dues à la pesanteur fut démontré en 1807-1811 par T. A. Knight ; il plaça des plantes sur le bord d'une roue tournant rapidement : les racines poussaient vers l'extérieur, c'est-à-dire en direction centrifuge, et les pousses vers l'intérieur. L'accélération de la pesanteur (g) était ainsi dominée par une accélération supérieure de plusieurs g se manifestant dans un autre plan. Si des plantes sont placées horizontalement et soumises à une rotation lente, l'action de la pesanteur se trouve compensée, et les apex des racines comme ceux des pousses continuent leur croissance horizontalement. Un tel rotor à axe horizontal, ou clinostat, a été utilisé pour étudier les mouvements de croissance indépendants de la pesanteur, comme l'épinastie.

Mécanismes

Quel est le récepteur du stimulus géotropique ? F. Noll, en 1892, observant chez les Invertébrés la présence de particules denses qui se déplacent sous l'action de la pesanteur, suggéra que les plantes pouvaient posséder de semblables particules. En 1900, B. Nemeč identifia ces particules dans les racines aux grains d'amidon ou aux cristaux contenus dans les cellules de la coiffe, et G. Haberlandt aux amyloplastes ou aux grains d'amidon contenus dans les tiges. Dans les pousses et les racines de plantules placées horizontalement, le temps minimal requis pour observer l'action de la pesanteur concorde bien avec le temps mis par les grains d'amidon pour migrer sur la paroi cellulaire inférieure. Cette concordance se retrouve aussi dans le cas des rhizoïdes d'une plante aquatique, Chara, dan [...]


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Phototropisme

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Lumière bleue : influence sur les coléoptiles d'avoine

Lumière bleue : influence sur les coléoptiles d'avoine
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Phototropisme et énergie lumineuse

Phototropisme et énergie lumineuse
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Champ de tournesols

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Écrit par :

  • : professeur à l'université de Californie, Santa Cruz, Higgins professor emeritus, Harvard University

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Pour citer l’article

K. V. THIMANN, « TROPISMES VÉGÉTAUX », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 24 mars 2020. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/tropismes-vegetaux/