TROPIQUE DU CANCER, Henry MillerFiche de lecture

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Une autobiographie en deçà du bien et du mal

Les « romances autobiographiques », comme Miller les appelait, érigent l'écrivain en modèle de l'homme nouveau, à cause de sa sensibilité autant que de son écriture. Cette célébration d'une « vision évangéliste » de l'individu s'oppose au destin historique et technicien de l'homme. En visiteur innocent, d'une espèce que le romancier américain Henry James (1843-1916) n'avait pas prévue, Miller va découvrir dans le Paris de la bohème un point de vue adéquat pour juger l'Amérique puritaine.

Cette odyssée dont il est le héros est « consacrée à tout ce qu'on ne trouve jamais dans les livres ». Son langage cru, son style énergique et sa perspective originale suscitent un déferlement rhapsodique de scènes, d'images, de personnages excentriques. Sans constituer les éléments d'une intrigue conventionnelle, ils participent d'une polyphonie enthousiaste qui préconise l'affirmation de soi et l'autodérision. À l'humour s'ajoute le plaisir de découvrir le clown sous l'artiste, dans une autobiographie qui se veut en deçà du bien et du mal.

Henry Miller s'intéresse moins à la justice qu'à la liberté. Et la sexualité se trouve au centre de son œuvre parce qu'elle exprime l'individu. Comme le langage, elle est subversion, revanche sur un monde qui a privé l'homme de sa volonté. Sur un mode rabelaisien, Miller nomme les choses plus qu'il ne les définit, montrant ses affinités avec le grand poète américain Whitman (1819-1892), les poètes symbolistes, ou encore les surréalistes. Dans un tourbillon d'images, d'odeurs, de goûts, de sensations et d'idées, il enregistre sans cesse l'insolite, note la variété de la pâture sexuelle et, derrière tout cela, le progrès de la décomposition, syphilis ou cancer. Pensant sans cesse à Mona, sa femme, mais considérant l'amour comme un luxe insensé, il surv [...]


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MILLER HENRY (1891-1980)

  • Écrit par 
  • Gérald ROBITAILLE
  •  • 1 941 mots

Dans le chapitre « Le choix d'écrire »  : […] Henry Miller est né de parents américains d'origine allemande en 1891, à Yorkville, quartier de New York où son père était tailleur. Quelques années plus tard, la famille déménage à Brooklyn. La rue devient alors le domaine du jeune Henry et il connaît une enfance assez turbulente mais, semble-t-il, heureuse, qu'il célèbre dans plusieurs livres, surtout dans Printemps noir ( Black Spring , 1936) […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/henry-miller/#i_25220

Pour citer l’article

Michel FABRE, « TROPIQUE DU CANCER, Henry Miller - Fiche de lecture », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 22 novembre 2019. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/tropique-du-cancer/