BROWN TRISHA (1936-2017)

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Un nouveau champ de création : l'opéra

Inspirée par son expérience chorégraphique dans Carmen, opéra de Bizet que la réalisatrice Lina Wertmuller a mis en scène à Naples en 1987, Trisha Brown ouvre un nouveau champ à sa création. « Je me suis rendu compte qu'il m'était possible d'approcher la musique conventionnelle sans y laisser ma chemise », concluait-elle. Dès 1995, le magnifique M.O., sur un extrait de l'Offrande musicale de J. S. Bach, renouvelle des formes repérables de l'académisme par la gestuelle propre à ses danseurs. Trois ans plus tard, l'Orfeo de Monteverdi, créé à Bruxelles, franchit une nouvelle étape fondée sur la symbiose réussie de la musique, du texte et du mouvement. Cette théâtralité se confirme avec sa mise en scène de Luci mie Traditrici (2001) de Salvatore Sciarrino au Lincoln Center à New York, tandis que Da Gelo a Gelo, du même compositeur, a été créé en mai 2007 à l'Opéra de Paris, qui avait déjà inscrit des œuvres de Trisha Brown à son répertoire : Glacial Decoy en 2003, puis, l'année suivante, O Złożony /O Composite, pièce créée pour trois étoiles de l'Opéra. Entre-temps, Present Tense, à la biennale internationale de Cannes, revient au piano préparé de Cage pour une aventure aérienne des danseurs où éclate décidément le constat que la danse abstraite de Trisha n'est pas dénuée d'émotion.

Trisha Brown monte en 2010 son dernier opéra, Pygmalion de Jean-Philippe Rameau, avec Les Arts Florissants dirigés par William Christie. Cette œuvre reprend des séquences dansées de L’Amour au théâtre (créé en 2009) et donnera lieu à une déclinaison dansée intitulée Les Yeux et l’âme (2011). Enfin, I’m going to toss my arms : if you catch them they’re yours (2011), dont le titre est tiré d’une consigne lancée en répétition, sera sa dernière pièce. En effet, elle décide de se retirer de la vie professionnelle pour des raisons de santé. Elle confie alors sa compagnie à Diane Madden et Carolyn Lucas, anciennes danseuses qui ont été promues directrices artistiques adjointes. Celles-ci ont organisé la tournée internationale d’adieu de la chorégraphe (2013-2015).

Trisha Brown, l’une des plus grandes chorégraphes de sa génération, est décédée le 18 mars 2017 à San Antonio au Texas. L'ensemble de son œuvre résume – mais aussi dépasse – tout le courant postmoderne américain.

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  • Bernadette BONIS, 
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Dans le chapitre « La rupture postmoderne aux États-Unis »  : […] Dans les années 1960, l'esprit d'expérimentation d'une nouvelle génération dite postmoderne, adepte du minimalisme et de l'anti-art, substitue à la notion de spectacle celle de « performance ». Au sein du collectif Judson Dance Theater (1962-1966), puis du Grand Union (1970-1976), Yvonne Rainer pose les fondements théoriques de la danse postmoderne, avec Trio A (1966) : mouvements fonctionnels, […] Lire la suite

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Bernadette BONIS, Jean-Claude DIÉNIS, Agnès IZRINE, « BROWN TRISHA - (1936-2017) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 21 juin 2022. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/trisha-brown/