TRIBALISME

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Mau-Mau

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Guerre du Biafra

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Inuit

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Acceptions communes et anthropologiques

L'usage du terme tribalisme est très largement péjoratif. Le vocabulaire qui lui est le plus fréquemment associé est négatif ou dépréciatif : les haines, les oppositions, les luttes, les éclatements (tribalistes) connotent un champ sémantique confus et opaque. Le tribalisme devient un cadre vide et formel qui se trouve défini par ses qualificatifs.

Même sans le vouloir, ceux qui parlent des valeurs négatives et positives du tribalisme insistent tant sur les premières que les secondes paraissent bien dérisoires. Ainsi, l'anthropologue britannique P. C. Lloyd mentionne « l'hostilité et la rivalité ethniques » et affirme que « l'exclusivisme ethnique procure une base toute prête à des mouvements politiques séparatistes ». Comment, dans ces conditions, penser l'identification ethnique comme un instrument de la construction nationale ! Le tribalisme serait donc, avant tout, une forme dépassée ou inadaptée de la cohésion sociale. Les théoriciens de l'anthropologie appliquée, comme L. Mair ou B. Malinowski, ont pu cautionner une telle interprétation qui ignore les conséquences complexes de la domination coloniale. Leur vision étroitement fonctionnaliste les conduit à concevoir le tribalisme comme l'expression d'une unité autonome et autarcique, qui refuse et méconnaît le « contrôle extérieur » (c'est-à-dire en fait le pouvoir colonial). C'est ainsi que naît la dichotomie politique qui oppose le tribalisme (particulariste-conservateur) au nationalisme (universaliste-novateur). Cette conception générale se retrouve dans la plupart des courants théoriques qui se partagent l'anthropologie et la sociologie du sous-développement. Ainsi, G. Balandier, pourtant partisan d'une théorie dynamiste, sous-entend que le tribalisme est en partie « la résurgence des anciens antagonismes ». C'est pourquoi certains chercheurs n'ont pas hésité à rejeter complètement ce terme, qui ne serait qu'un instrument purement idéologique de l'époque coloniale. C'est l'opinion de R. Apthorpe qui y voit une véritable « i [...]


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Écrit par :

  • : docteur de troisième cycle (sociologie), maître assistant au Centre d'études africaines de l'École des hautes études en sciences sociales

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Pour citer l’article

Jean COPANS, « TRIBALISME », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 16 octobre 2019. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/tribalisme/