TRAITÉ DU DÉLIRE, APPLIQUÉ À LA MÉDECINE, À LA MORALE ET À LA LÉGISLATION

Carte mentale

Élargissez votre recherche dans Universalis

Délire et folie

Fodéré est convaincu que folie, crime et civilisation constituent trois phénomènes interdépendants. Ce ne sont pas la pauvreté et le défaut d’instruction qui conduisent aux actes criminels ou aux comportements délirants. Bien plutôt, le progrès et la diffusion des biens et des savoirs – dans la mesure où ils entraînent l’illusion d’une « indépendance religieuse, morale et matérielle » – sont les causes principales de la « dissolution des mœurs ». Libertinage, adultère, débauche, cupidité, voilà ce qui conduit au délire et au crime. L’aliéniste se voit alors attribuer une tâche tout à la fois médicale, morale et sociale : déterminer l’étiologie de la folie et des délires ; soigner les altérations physiques et morales des aliénés ; contribuer à la préservation et au perfectionnement de la santé morale de la société tout entière.

Le Traité du délire suit une méthode expérimentale qui accorde une importance essentielle à l’observation clinique mais réfute tout empirisme facile. On ne peut se contenter des simples observation et description des faits, mais on doit rechercher les causes de la folie. Ces dernières, du reste, ne sont pas seulement matérielles, mais ne relèvent pas pour autant de chimères métaphysiques. Fodéré affirme la dualité de l’homme : corps et esprit, physique et moral. Or le délire trouve son siège tout aussi bien dans un organe malade, une activité spirituelle pervertie, que dans l’altération du fluide vital qui précisément relie et met en communication l’activité pensante, le corps et le monde extérieur, produisant une multiplicité d’affections et de mouvements. Sous l’effet de passions et d’impulsions vives, mais aussi des tempéraments, climats, mœurs, conditions générales de vie, ce principe vital peut se corrompre jusqu’à provoquer des lésions dans les facultés de l’esprit.

Fodéré distingue soigneusement folie et délire. La folie est un état relativement répandu consistant dans l’excitation partielle, temporaire et parfois même volontaire des facultés de [...]

1 2 3 4 5

pour nos abonnés,
l’article se compose de 2 pages




Écrit par :

  • : docteure en philosophie, chercheuse invitée à la Bibliothèque nationale de France

Classification

Pour citer l’article

Arianna SFORZINI, « TRAITÉ DU DÉLIRE, APPLIQUÉ À LA MÉDECINE, À LA MORALE ET À LA LÉGISLATION », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 23 juillet 2019. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/traite-du-delire-applique-a-la-medecine-a-la-morale-et-a-la-legislation/