TRAITÉ DES PRINCIPES DE LA CONNAISSANCE HUMAINE, George BerkeleyFiche de lecture

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Le rideau du langage

Œuvre paradoxale : on crut lors de sa parution à une plaisanterie, Berkeley ne voulait pourtant que retrouver le sol ferme du sens commun que les philosophes – Descartes, voire Locke – avaient paru abandonner. Mais comment concilier les exigences du sens commun avec l'affirmation de l'inexistence de la substance matérielle et avec celle de la fallacité des idées générales ? Tout vient, selon Berkeley, du mauvais usage de la parole. La plus sûre méthode consistera donc à s'entendre sur ce que parler veut dire. Il faut « tirer le rideau des mots pour voir le magnifique arbre de la connaissance ». Certes, il existe des idées générales mais l'on ne peut passer de celles-ci aux réalités qu'elles sont censées désigner sans opérer un coup de force ruineux pour la vérité. Le général n'est jamais qu'un leurre commode pour faire le tri entre nos idées. Il ne désigne en rien la réalité qui, elle, est toujours particulière, individuelle. Les mots communs ne sont rien d'autre que d'utiles fictions et ne doivent être confondus en aucun cas avec les idées que nous donnent nos sens.

La structure du Traité est peu précise. Dans les 156 paragraphes que comporte cette œuvre, extrêmement dense, il est toutefois possible de distinguer trois séquences : la première (paragr. 1-33) expose de façon très condensée la doctrine de l'immatérialisme ; la seconde (paragr. 34-84) réfute treize objections possibles ; la troisième (paragr. 85-156), enfin, montre les avantages de la doctrine mise en place. L'immatérialisme ne s'oppose pas au sens commun, il ne va pas dans le sens des sceptiques, pas plus qu'il ne nie la réalité ou ne contredit les savants. Le monde n'est pas un songe, les critiques faisant de la pensée de Berkeley un « idéalisme fantastique » (Kant) n'ont pas été assez attentives à ses démonstrations. Dès lors que l'être des choses est d'être perçu, « il n'est pas possible qu'elles aient quelque exi [...]


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BERKELEY GEORGE (1685-1753)

  • Écrit par 
  • Geneviève BRYKMAN
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Dans le chapitre « Le philosophe, le missionnaire et le médecin »  : […] Né à Thomastown, près de Kilkenny, le 12 mars 1685, Berkeley appartenait, par son père, à la petite noblesse anglo-irlandaise, récemment installée en Irlande. C'est sans doute le souvenir d'une mère originaire de ce pays qui le fait s'affirmer pourtant comme Irlandais dans ses Cahiers de notes personnelles. Il entre au collège de Kilkenny en 1694 ; puis en 1700 au Trinity Co […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/george-berkeley/#i_31393

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Francis WYBRANDS, « TRAITÉ DES PRINCIPES DE LA CONNAISSANCE HUMAINE, George Berkeley - Fiche de lecture », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 12 novembre 2019. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/traite-des-principes-de-la-connaissance-humaine/