TRAITÉ DES MONNAIES, Nicolas OresmeFiche de lecture

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L'ouvrage d'un scolastique

Oresme est un scolastique, il exerce d'ailleurs dans sa vie des responsabilités universitaires à la tête du collège de Navarre, et son domaine de réflexion est vaste puisqu'il publie des écrits mathématiques qui font de lui le premier théoricien moderne de la notion de division. Il s'exprime suivant les modalités et la présentation de l'époque qui exigent que l'on enchaîne les citations d'Aristote et celles tirées des Saintes Écritures. Son livre, d'une cinquantaine de pages, est conforme à ce procédé qui peut paraître d'autant plus artificiel que les citations sont souvent prises hors de leur contexte, et sont plus détournées qu'utilisées. Pour condamner, par exemple, la mutation des monnaies, Oresme évoque la Politique d'Aristote où le philosophe grec déclare qu'il ne faut pas modifier les lois parce que de tels changements en diminuent l'autorité, une déclaration très générale n'ayant a priori rien à voir avec le sujet économique dont traite Oresme.

Sur le fond, le propos du livre est clair : il s'agit d'affirmer que la monnaie n'appartient pas au prince mais au peuple et plus spécifiquement à ce monde des marchands que l'Église a rejeté jusqu'au xiie siècle, toléré à partir de saint Thomas et se met à reconnaître avec Oresme. La monnaie est moins l'expression d'un pouvoir que celle d'un besoin, celui de l'échange. Au début du chapitre vi, il écrit : « Quoique, pour l'utilité commune, il revienne au prince de mettre sa marque sur la pièce de monnaie, il n'est cependant pas le maître ou le propriétaire de la monnaie qui a cours dans son État. La monnaie est l'étalon de la permutation des richesses naturelles ; elle est donc la possession de ceux auxquels appartiennent ces richesses ». Dès lors, le roi ne doit pas procéder à la mutation des monnaies, c'est-à-dire à des dévaluations brutales. Non seulement, il n'en a pas le droit, mais celles-ci sont néfastes : elles ruinent la confiance, favorisent les « changeurs et a [...]


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ÉCONOMIE (Histoire de la pensée économique) - Monétarisme

  • Écrit par 
  • Jean-Marc DANIEL
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Dans le chapitre « L'équation quantitative de la monnaie »  : […] La légitimité de cette l'affirmation, selon laquelle l'expansion monétaire mène à l'inflation, repose sur l'équation quantitative de la monnaie, qui peut s'écrire : MV = pT, où M désigne la quantité de monnaie en circulation, ce que les économistes appellent la masse monétaire, V la vitesse de circulation de la monnaie, p le niveau général des prix et T l'ensemble des transactions effectuées. Conc […] Lire la suite

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Pour citer l’article

Jean-Marc DANIEL, « TRAITÉ DES MONNAIES, Nicolas Oresme - Fiche de lecture », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 27 octobre 2020. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/traite-des-monnaies/