TONUS MUSCULAIRE

Carte mentale

Élargissez votre recherche dans Universalis

L'intégration de l'activité tonique

Nous venons de voir que l'activité des motoneurones γ est un élément fondamental du tonus musculaire, mais ces éléments sont eux-mêmes sous le contrôle de tout un ensemble de structures nerveuses centrales, à commencer par la moelle elle-même.

Régulation médullaire de l'activité gamma

Les mécanismes jusqu'ici exposés pourraient suffire en principe à rendre compte pour l'essentiel de l'entretien du tonus musculaire. En effet, les motoneurones α qui innervent les fibres musculaires extrafusoriales sont sans cesse soumis, comme nous l'avons vu, à un bombardement facilitateur trouvant son origine dans l'activité des afférences intrafusoriales ; mais d'autres influences, également intramédullaires, interviennent pour moduler l'activité tonique des motoneurones α.

On sait en effet que, en plus des mécanismes suprasegmentaires destinés à empêcher « l'emballement » de ceux-ci, il existe des systèmes inhibiteurs intraspinaux dont le rôle est de freiner leur émission tonique.

Cette inhibition est alimentée par le fonctionnement des motoneurones eux-mêmes et constituée par le système des collatérales récurrentes et des interneurones inhibiteurs dits de Renshaw. Ces interneurones exercent une influence freinatrice puissante sur les motoneurones α qui les activent, inhibition dont le décours et les caractères ont été particulièrement étudiés par Eccles et ses collaborateurs et dont R. Granit a souligné le rôle fonctionnel.

À ce système, on doit ajouter de nombreux autres éléments périphériques qui agissent également au niveau médullaire et qui contribuent pour une part éventuellement importante à l'entretien et à la régulation du tonus musculaire.

On citera tout d'abord les organes tendineux de Golgi qui possèdent une action inhibitrice directe sur l'arc réflexe fusorial engageant le muscle homonyme ou synergique (réflexe d'allongement ou réflexe myotatique inverse) ; le seuil de cette inhibition est beaucoup plus élevé que celui du réflexe fusorial, et ses effets sur la régulation de tonus musculaire ne sont pas encore clairement précisés. Les réc [...]


1  2  3  4  5
pour nos abonnés,
l’article se compose de 6 pages

Médias de l’article

Représentation semi-schématique d'un fuseau neuromusculaire

Représentation semi-schématique d'un fuseau neuromusculaire
Crédits : Encyclopædia Universalis France

dessin

Boucle gamma

Boucle gamma
Crédits : Encyclopædia Universalis France

dessin

Afficher les 2 médias de l'article


Écrit par :

  • : professeur de psychophysiologie à l'université de Paris-VI-Pierre-et-Marie-Curie

Classification

Autres références

«  TONUS MUSCULAIRE  » est également traité dans :

CERVELET

  • Écrit par 
  • Jean MASSION
  •  • 7 741 mots
  •  • 13 médias

Dans le chapitre « Le syndrome cérébelleux »  : […] Les symptômes qui accompagnent l'atteinte du cervelet chez l'Homme ont été mis en évidence dès la fin du xix e  siècle. Les travaux de J. Babinski, G. Holmes et A. Thomas ont contribué plus que tous autres à en définir les signes. L'atteinte du cervelet se manifeste par des troubles de l'équilibre, du tonus et des mouvements qui se traduisent par une incoordination motrice ou ataxie. Dans le s […] Lire la suite

ÉPILEPSIE

  • Écrit par 
  • Henri GASTAUT, 
  • François MIKOL
  •  • 6 179 mots
  •  • 3 médias

Dans le chapitre « Crises épileptiques généralisées non convulsives »  : […] Les absences s'expriment essentiellement, sinon exclusivement, par une abolition de la conscience de très brève durée (une dizaine de secondes habituellement). On parle d'absences simples ou complexes suivant que la perte de conscience est isolée ou qu'elle s'accompagne de phénomènes associés – moteurs ou végétatifs – plus ou moins importants. On distingue des absences typiques (encore dites « p […] Lire la suite

ÉQUILIBRATION

  • Écrit par 
  • Francis LESTIENNE
  •  • 4 475 mots
  •  • 2 médias

Afin d'assurer l'efficacité de l'exécution des mouvements mis en jeu au cours de la locomotion, de l'orientation et de la préhension, les animaux font usage d'un ensemble de mécanismes sensorimoteurs qui permettent le maintien de l' équilibre du corps en dépit des causes qui tendent à le perturber : les accélérations d'origine interne et externe et la force de gravité , qui agit en permanence su […] Lire la suite

HYPERTENSION

  • Écrit par 
  • Xavier JEUNEMAITRE, 
  • Jacques JULIEN, 
  • Jean-Baptiste MICHEL
  •  • 6 793 mots
  •  • 4 médias

Dans le chapitre « Composantes hémodynamiques »  : […] La pression artérielle moyenne est la résultante du débit cardiaque et des résistances périphériques à l'écoulement. Le débit cardiaque étant relativement constant (bien qu'il augmente à l'effort et diminue lorsque le cœur est défaillant), le niveau de pression artérielle est déterminé surtout par les résistances périphériques, lesquelles sont en rapport avec l'état de contraction des cellules mu […] Lire la suite

MOTRICITÉ

  • Écrit par 
  • Pierre BUSER
  •  • 3 898 mots
  •  • 2 médias

Dans le chapitre « Réflexes segmentaires, plurisegmentaires et intersegmentaires »  : […] Définissons un réflexe comme la réponse motrice stéréotypée à l'excitation d'une certaine catégorie de récepteurs de la sensibilité générale. On ne décrira ici que quelques types de réflexes. – Les réflexes à point de départ musculaire , plus précisément le réflexe myotatique : ses récepteurs sont dans le muscle lui-même (fuseau musculaire) et sont excités lorsque celui-ci subit une traction. À u […] Lire la suite

NERVEUX (SYSTÈME) - Agencement des réseaux et circuits neuronaux

  • Écrit par 
  • Pierre BUSER
  •  • 6 315 mots
  •  • 8 médias

Dans le chapitre « Les conditions de la motricité »  : […] La motricité somatique doit répondre à deux exigences mécaniques : maintien d'un certain tonus postural d'une part ; exécution de déplacements plus ou moins rapides d'autre part. Quelques faits essentiels sont à noter dans ce contexte. – Le problème de la dualité tonus-mouvement a été diversement résolu selon le type d'organisation animale. Certains Invertébrés ont des muscles purement toniques. […] Lire la suite

NERVEUX (SYSTÈME) - Neurobiologie

  • Écrit par 
  • Jean-Marc GOAILLARD, 
  • Michel HAMON, 
  • André NIEOULLON, 
  • Henri SCHMITT
  •  • 13 735 mots
  •  • 11 médias

Dans le chapitre « Réflexes et tonus musculaire »  : […] Certaines drogues pharmacologiques perturbent les réflexes médullaires. Les réflexes monosynaptiques, ne mettant en jeu qu'une synapse d'une fibre sensorielle afférente à un motoneurone, sont le plus souvent résistants. En revanche, les réflexes polysynaptiques, mettant en œuvre une fibre afférente sensitive, des neurones jonctionnels courts – appelés interneurones – et un motoneurone, sont sensi […] Lire la suite

NEUROLOGIE

  • Écrit par 
  • Raymond HOUDART, 
  • Hubert MAMO, 
  • Jean MÉTELLUS
  • , Universalis
  •  • 30 238 mots
  •  • 9 médias

Dans le chapitre « Syndrome cérébelleux »  : […] Le cervelet, situé en arrière du tronc cérébral, est en quelque sorte séparé et isolé de l'ensemble du système nerveux central, auquel il est relié uniquement par trois paires de pédoncules, les pédoncules cérébelleux supérieurs, moyens et inférieurs, qui l'unissent aux trois parties du tronc cérébral. Son rôle consiste essentiellement dans la régulation du tonus et du mouvement. Le syndrome céré […] Lire la suite

RÉFLEXES

  • Écrit par 
  • Paul LAGET
  •  • 3 419 mots
  •  • 1 média

Dans le chapitre « Le réflexe d'étirement »  : […] L'étirement brusque d'un muscle par percussion ou traction du tendon provoque une contraction réflexe de ce même muscle. C'est le très important réflexe d'étirement ou réflexe myotatique . Si l'étirement est bref, la réponse musculaire est elle-même de courte durée ( réponse phasique ) ; si l'étirement se prolonge, la contraction se maintient pendant toute la durée de celui-ci ( réponse tonique ). […] Lire la suite

SOMMEIL

  • Écrit par 
  • Patrice FORT, 
  • Michel JOUVET, 
  • Patrick LÉVY, 
  • Véronique VIOT-BLANC
  •  • 18 052 mots
  •  • 6 médias

Dans le chapitre « Narcolepsie »  : […] Cette maladie rare concerne entre 2 et 18 sujets sur 10 000 selon les pays. Elle apparaît le plus souvent entre 15 et 25 ans mais peut survenir à tout âge, y compris dans l'enfance. Elle est due à la dégénérescence d'un petit groupe de neurones situés dans le noyau ventro-latéral de l'hypothalamus et contenant un peptide, l'hypocrétine ou orexine, qui joue un rôle clé dans la stabilisation des ét […] Lire la suite

Voir aussi

Pour citer l’article

Paul LAGET, « TONUS MUSCULAIRE », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 26 octobre 2020. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/tonus-musculaire/