MAYNE THOM (1944- )

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La carrière de Thom Mayne, le « mauvais garçon » de l'architecture contemporaine, connaît une ascension fulgurante depuis ses débuts dans les années 1970 jusqu'à la reconnaissance par ses pairs, qu'il obtient avec le prix Pritzker en 2005. Il est l'un des architectes américains majeurs de la côte ouest des États-Unis.

Thom Mayne naît le 19 janvier 1944 à Waterbury dans le Connecticut et passe son adolescence en Californie. Après avoir obtenu un bachelor degree en architecture à l'université du Sud de la Californie (U.S.C.) en 1968, il travaille auprès de Victor Gruen, architecte d'origine autrichienne, promoteur de nombreux complexes commerciaux. Il termine son cursus universitaire avec le grade de master à l'école d'architecture de l'université Harvard en 1978. Durant ses études à l'U.S.C., Thom Mayne s'oppose à l'émergence d'un néo-modernisme californien et se lie avec cinq autres étudiants (Shelly Kappe, Ahde Lahti, Bill Simonian, Glen Small et Jim Stafford) avec lesquels il participe en 1972 à la création de l'Institut d'architecture de Californie du Sud (SCI-Arc), qui constitue une proposition alternative à l'enseignement traditionnel de l'architecture alors dispensé en Californie.

Dès 1972, à Los Angeles, Thom Mayne fonde l'agence Morphosis (du grec, « en formation », « former »). Cette agence se veut pluridisciplinaire. Morphosis travaille dans le monde entier sur des projets d'envergures variables, relevant aussi bien de l'urbanisme, des bâtiments civiques et institutionnels, que des résidences privées. Mais il s'intéresse aussi aux objets usuels tels que les meubles ou les pièces de service de table. Ses intérêts sont des plus divers : ensemble de logements sociaux à Madrid (2007), scénographie en 2003 du ballet Silent Collision du chorégraphe Frédéric Flamand inspirée du livre d'Italo Calvino, Les Villes invisibles, bâtiments de la Banque centrale européenne à Francfort, 2003.

Thom Mayne définit l'architecture comme « une façon de voir, de penser et de remettre en question notre monde comme la place que nous y occupons ». Ainsi l'agence Morphosis se veut-elle en constante innovation, les architectes portant une attention toute particulière aux dynamiques sociales, urbaines et écologiques. La notion de développement durable a été intégrée très tôt dans les problématiques de production de l'agence Morphosis. L'annexe de la Cooper Union à New York (2009) possède une double peau qui permet de limiter les dépenses d'énergie grâce à un contrôle de la lumière et de la chaleur ainsi qu'à une bonne ventilation.

Selon Thom Mayne « le penchant moderniste pour l'unification et la simplification doit être aboli », et les années 1960 représentent le moment de l'acceptation d'une multiplicité de types d'influences. « Tout peut constituer une ressource évidente » : de fait, les cinéastes Fellini, Truffaut, Antonioni ou Godard l'on autant influencé que les architectes James Stirling, Michael Heizer, Robert Smithson, le travail du studio d'Archigram ou encore de l'architecture viennoise du xixe siècle.

Dès ses débuts Thom Mayne cherche à « rendre l'architecture à l'usager » et à « préserver l'idée d'inachèvement », comme le montre le restaurant Kate Mantilini de Beverly Hills réalisé en 1986, dans lequel l'ancien et le nouveau cohabitent, tandis que l'espace reste ouvert à d'éventuelles modifications ultérieures. Le meilleur exemple de cette philosophie de l'inachèvement demeure la Sixth Street House de Santa Monica, 1992. Cette position intellectuelle ne doit pourtant pas être assimilée au courant déconstructiviste. Pour Thom Mayne le déconstructivisme fait de l'incomplétude une valeur négative et nihiliste, alors qu'elle représente pour lui l'humain saisi dans un devenir permanent. Thom Mayne se démarque définitivement du mouvement déconstructiviste avec la rédaction du manifeste Connected Isolation (Isolement Connecté) en 1993. Il déclare qu'« une ville est un organisme vivant, une œuvre en chantier, un empâtement de formes nées de vagues d'habitations successives ».

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Écrit par :

  • : étudiante-chercheuse à l'université de Provence

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Elsa COSSON, « MAYNE THOM (1944- ) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 14 août 2022. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/tom-mayne/