TISSUS D'ART

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Moyen-Orient, Proche-Orient et Europe

Tissage

Matériaux et techniques

La soie est de toutes les fibres naturelles celle qui possède le plus de qualités intrinsèques. En effet, sa production et sa transformation en fil sont relativement plus faciles et plus rapides que celles de la laine, du lin ou du coton. Pour obtenir plusieurs centaines de mètres – parfois jusqu'à 800 ou 900 mètres – de fil utilisable, il suffit de dérouler le cocon formé par la chrysalide du ver à soie et de le laver à l'eau chaude pour enlever la substance gommeuse qui l'enrobe ; il prend alors cet aspect brillant si séduisant. Le fil de soie n'a donc pas besoin d'être filé, il peut être utilisé tel quel, c'est ce que l'on appelle la soie « floche » ; il est d'une grande souplesse et d'une élasticité supérieure à toutes les autres fibres. Il est également très solide, malgré sa finesse extrême, puisqu'il s'agit d'un fil continu ; plusieurs brins tordus ensemble donnent un fil encore plus résistant. Enfin, à l'inverse de la laine et surtout du lin, il prend facilement et durablement la teinture, sans perdre son lustre.

Cet éclat de la soie n'a de rivaux, dans les autres matériaux susceptibles d'être filés, que l'or ou l'argent. Là encore, c'est la Chine qui semble avoir incorporé la première des fils de métal précieux dans les tissus de soie, sans que l'on sache à quelle époque remonte exactement cet agencement. Les poèmes homériques mentionnent de telles étoffes, et les historiens romains en parlent avec admiration. Mais, alors que les Grecs apprirent à façonner la soie par l'intermédiaire des tisserands perses lors des conquêtes d'Alexandre le Grand dès le ive siècle avant J.-C., ce n'est pas avant le ixe siècle de notre ère que les Européens maîtrisèrent à leur tour l'emploi de fils métalliques dans les différents procédés de tissage. Le fil d'or ou le fil d'argent est fabriqué selon deux méthodes. Le fil « tiré » est obtenu en faisant passer une mince baguette de métal à travers des trous, au diamètre de plus en plus petit, pratiqués dans un disque. On ob [...]

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Tapis de Kashan (Perse centrale)

Tapis de Kashan (Perse centrale)
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Tapis à vases

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Tapis dit de Lotto

Tapis dit de Lotto
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Tapisserie de Bayeux

Tapisserie de Bayeux
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Écrit par :

  • : historienne d'art
  • : ancien maître de recherche au CNRS, professeure honoraire à l'École du Louvre, chargée de mission au Musée national des arts asiatiques-Guimet
  • : directrice d'études à l'École pratique des hautes études (IVe section)
  • : docteur en histoire de l'art et archéologie, université de Liège, conservateur adjoint aux Musées royaux d'art et d'histoire de Bruxelles

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Pour citer l’article

Anne KRAATZ, Madeleine PAUL-DAVID, Michèle PIRAZZOLI-t'SERSTEVENS, Marie RISSELIN-STEENEBRUGEN, « TISSUS D'ART », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 23 juillet 2021. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/tissus-d-art/