BURTON TIM (1958- )

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Un cinéma à contre-courant

Ses débuts aux studios Disney, comme dessinateur et animateur (notamment sur Rox et Rouky), ont sans doute aidé Tim Burton à définir très vite son projet : une vive contre-proposition formulée à l'endroit d'un univers où le merveilleux et les délices enfantines sont frappés du sceau d'une terrible gentillesse, d'une gaieté insipide. Rien de tel dans le film d'animation L'Étrange Noël de M. Jack (1993), réalisé par Henry Selick mais pleinement attribuable à Tim Burton (producteur, auteur du sujet et des dessins originaux), une comédie musicale qui, sur la musique endiablée de Danny Elfman (fidèle collaborateur de Tim Burton), fait surgir un monde de joyeux morts-vivants, conduits par un squelette romantique qui prend la place du Père Noël. Un humour macabre que Beetlejuice (1988) avait déjà associé à une fête visuelle qui mêlait alors kitsch parodique et hommage au peintre Marc Chagall avec une grande élégance graphique, élargie aux corps de chair travaillés aussi librement que des dessins animés.

Le don d'imagier de Tim Burton, dont tous les films sont d'abord de splendides livres d'images, s'appuie en vérité sur un tempérament d'iconoclaste – une des plus belles scènes de Batman (1989) est la visite du captivant Joker dans un musée où il barbouille de couleurs vives les œuvres des maîtres de la peinture, en une sorte de show contre l'art officiel. Au carnaval dantesque que le cinéaste oppose au mythe Disney répondra la bouffonnerie de Mars Attacks ! (1996), parfait contretype d'un film de science-fiction ostentatoire et standard (Independence Day), et véritable entreprise de démolition de l'Amérique et de ses rêves non moins standardisés. L'ironie est d'abord dans la forme : tourné avec des moyens considérables, Mars Attacks ! détourne le culte de l'illusion programmée sur ordinateur en images de synthèse et utilise les effets spéciaux comme des enfantillages, des jouets bricolés qui ont le charme d'un artisanat luxueux de la fantaisie. C'est l'esprit d'Ed Wood qui traverse ce film, la croy [...]


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Pour citer l’article

Frédéric STRAUSS, « BURTON TIM (1958- ) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 21 février 2020. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/tim-burton/