THOMISME

Carte mentale

Élargissez votre recherche dans Universalis

Le thomisme de Thomas d'Aquin

Théologien avant d'être philosophe, Thomas d'Aquin propose de la révélation biblique s'épanouissant dans le Christ une conception contemplativement intellective, puisée surtout dans l'Évangile selon Jean, mais animée d'une tension et d'un dynamisme qui, comme dans les Évangiles synoptiques, plus dramatiques, s'arc-boutent sur un présent de recherche onéreuse pour passer vers la gloire du moment pascal. Dégagée en premier pour le Christ à l'aide de la notion dionysienne d'action « théandrique » (simultanément divine et humaine), amplifiée grâce à l'application à tout le créé du schéma « émanation-retour », cette synthèse de contemplation sereine et d'effort pathétique leste de densité dynamique le point de vue théologique de Thomas. Portant à l'achèvement la théologie du mystère révélé des trois Personnes divines que saint Augustin avait instaurée en y montrant la fécondité de la vie intellective et volitive en Dieu, le maître médiéval s'y réfère comme à un modèle pour éclairer le sens dynamique qu'il attribue à la structure d'image trinitaire définissant l'homme dans la tradition théologique. En rupture avec la part d'essentialisme platonicien aux références éternistes et statiques dont il dénonce la présence dans la tradition augustinienne, Thomas professe une vision neuve par la mise en valeur de l'activité de l'homme et de sa recherche intelligente du bonheur. Ainsi décantée du spiritualisme platonisant, cette nouvelle conception de la théologie est prête non seulement à s'accorder avec l'effort philosophique, mais encore à le favoriser. Avant d'en exposer quelques thèses typiques, on examinera en bref les points principaux de la philosophie qu'elle a suscitée.

La philosophie

Une métaphysique dynamique de l'être comme a [...]


1  2  3  4  5
pour nos abonnés,
l’article se compose de 9 pages


Écrit par :

Classification


Autres références

«  THOMISME  » est également traité dans :

ACTE, philosophie

  • Écrit par 
  • Paul GILBERT
  •  • 1 282 mots

Dans le chapitre « L'acte d'être »  : […] La tradition philosophique dit cependant plus habituellement que l'énergie contamine l'entéléchie, que l'être suit l'agir. Nous avons vu comment cette articulation se présentait déjà d'une certaine manière chez Aristote, de qui Thomas l'a reçue ; elle a été retenue surtout par le néo-platonisme, qui constitue une autre de ses sources. Pour Plotin, l'être suit l'agir, car il est énergie, mouvemen […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/acte-philosophie/#i_44687

ANALOGIE

  • Écrit par 
  • Pierre DELATTRE, 
  • Alain de LIBERA
  • , Universalis
  •  • 10 454 mots

Dans le chapitre « La tradition antique et médiévale »  : […] L'histoire du concept philosophique d'analogie, dont la théorie de l'« analogie de l'être » est un moment essentiel mais non exclusif, peut être aujourd'hui retracée indépendamment des deux modèles de description qui ont longtemps prévalu dans la tradition historiographique de l'«  aristotélisme médiéval » : l'interprétation strictement « aristotélicienne » et l'interprétation « aristotélico- thom […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/analogie/#i_44687

BOUTANG PIERRE (1916-1998)

  • Écrit par 
  • Jean-François DUVERNOY
  •  • 711 mots

Né à Saint-Étienne le 20 septembre 1916, Pierre Boutang avait quarante-huit ans de moins que le maître qu'il s'était choisi dès son adolescence : Charles Maurras. En politique, domaine dans lequel l'adhésion implique une appartenance, c'est beaucoup ; d'autant plus que celle-ci n'était pas insignifiante : il s’agissait de l'Action française. Lorsque, en 1935, Pierre Boutang entre à l'École normal […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/boutang/#i_44687

CAJÉTAN TOMMASO DE VIO dit (1469-1534)

  • Écrit par 
  • Bruno PINCHARD
  •  • 1 236 mots

Le plus grand théologien catholique de la Renaissance, Tommaso de Vio, était né à Gaète (d'où le nom qu'on lui donna — Il Caietano), dans une famille noble. Il entra chez les dominicains à Naples en 1484, dans ce même couvent où furent admis, avant lui, Thomas d'Aquin et, après lui, Tommaso Campanella et Giordano Bruno. C'est d'abord dans la dispute philosophique qu'il sut s'imposer. Après des étu […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/cajetan/#i_44687

CHENU MARIE-DOMINIQUE (1895-1990)

  • Écrit par 
  • Jean JOLIVET, 
  • Émile POULAT
  •  • 1 304 mots

Marie-Dominique Chenu, fils d'un petit industriel, est né près de Paris, à Soisy-sur-Seine. Pur hasard, dans cette même commune, les dominicains, exilés en Belgique depuis 1903, installeront le couvent d'études de la province de France quand ils rentreront à la veille de la Seconde Guerre mondiale. Attiré par la vie religieuse, soucieux d'un ordre à la fois intellectuel, contemplatif et apostoliqu […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/marie-dominique-chenu/#i_44687

DÉMOCRATIE CHRÉTIENNE

  • Écrit par 
  • Pierre LETAMENDIA
  • , Universalis
  •  • 6 251 mots
  •  • 1 média

Dans le chapitre « Un courant politique original »  : […] Au départ, il y a ce conflit triangulaire qui, au long du xix e  siècle, oppose catholicisme, libéralisme et socialisme. Il est à l'origine des trois courants essentiels de la vie politique européenne, lorsque la compétition électorale, une fois le suffrage censitaire abandonné, met en jeu des partis organisés faisant appel au suffrage populaire. Du début du xix e  siècle à une époque récente, le […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/democratie-chretienne/#i_44687

DURAND DE SAINT-POURÇAIN (entre 1270 et 1275-1334)

  • Écrit par 
  • Charles BALADIER
  •  • 885 mots

Dominicain malmené, pour ses prises de position antithomistes, par son ordre officiellement rangé derrière l'Aquinate, Durand, né à Saint-Pourçain (actuellement Saint-Pourçain-sur-Sioule, Allier), est en 1303 au couvent parisien des Frères prêcheurs. Élève de Jacques de Metz, lui-même dominicain non rallié au thomisme, il commente les Sentences à Paris en 1307 et 1308, commentaire pour lequel on […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/durand-de-saint-pourcain/#i_44687

GARDET LOUIS (1904-1986)

  • Écrit par 
  • Olivier CARRÉ
  •  • 918 mots

Se présentant lui-même comme « philosophe chrétien des cultures et des religions comparées », Louis Gardet était associé, à la tête de la collection « Études musulmanes » des éditions Vrin, à Étienne Gilson, l'un des tenants les plus remarquables de la « philosophie chrétienne » contemporaine issue du néo- thomisme, courant de pensée qui avait été encouragé par Rome dès la fin du xix e  siècle et […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/louis-gardet/#i_44687

GILSON ÉTIENNE (1884-1978)

  • Écrit par 
  • Marie-Odile MÉTRAL-STIKER
  •  • 1 001 mots

Philosophe, historien de la pensée médiévale, Étienne Gilson est, à ce dernier titre, un pionnier et l'animateur de toute une équipe de chercheurs qui ont renouvelé l'étude des idées et des systèmes du Moyen Âge. Agrégé de philosophie (1907), docteur ès lettres, avec deux thèses remarquables ( Index scolastico-cartésien et La Liberté chez Descartes et la théologie , 1913), il a enseigné aux unive […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/etienne-gilson/#i_44687

JÉSUS ou JÉSUS-CHRIST

  • Écrit par 
  • Joseph DORÉ, 
  • Pierre GEOLTRAIN, 
  • Jean-Claude MARCADÉ
  •  • 21 225 mots
  •  • 22 médias

Dans le chapitre « Le Christ dans l'art gothique »  : […] Dès la fin du xii e  siècle les représentations du Christ se font à la fois plus intellectuelles et plus anthropocentriques. Le xiii e  siècle est dominé par la pensée de saint Thomas d'Aquin, issue d'Aristote et de saint Augustin. Des éléments rationalistes et humanistes transforment l'orientation eschatologique des siècles précédents. Le xiii e  siècle a surtout développé les cycles de l'Enfance […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/jesus-jesus-christ/#i_44687

JOURNET CHARLES (1891-1975)

  • Écrit par 
  • Bernard DUPUY
  •  • 884 mots

Charles Journet naquit à Genève le 26 janvier 1891. Professeur au séminaire catholique de Fribourg, conférencier réputé, il fut nommé cardinal en 1965. Il est mort le 15 avril 1975. La célébrité de ce théologien qui ne quitta jamais la Suisse plus de quelques jours tint au fait qu'il sut unir une grande élévation spirituelle et la rigueur d'une pensée strictement thomiste à une large culture et un […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/charles-journet/#i_44687

MARITAIN JACQUES (1882-1973)

  • Écrit par 
  • Gilbert GIANNONI
  •  • 1 210 mots

Élevé dans le protestantisme libéral, petit-fils de Jules Favre, Jacques Maritain, né à Paris, aborde le siècle comme « une espèce de romantique de la justice ». Lorsqu'il rencontre Raïssa Oumançoff, juive d'origine russe, qui prépare comme lui une licence de sciences naturelles et qu'il épousera en 1904, il trouve une compagne d'inquiétude. Il semble, en effet, que la vieille Sorbonne s'emploie à […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/jacques-maritain/#i_44687

MERCIER DÉSIRÉ JOSEPH (1851-1926)

  • Écrit par 
  • Étienne FOUILLOUX
  •  • 670 mots

Archevêque de Malines, l'un des promoteurs du renouveau thomiste dès la fin du xix e siècle, ainsi que du mouvement œcuménique, notamment avec les « Conversations de Malines ». Né à Braine-l'Alleud, gros bourg du Brabant belge, dans une famille catholique aisée, Désiré Joseph Mercier, très tôt orphelin de père, fait ses études au collège Saint-Rombaut de Malines et s'oriente vers la prêtrise en e […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/desire-joseph-mercier/#i_44687

MODERNISME, catholicisme

  • Écrit par 
  • Émile POULAT
  •  • 5 227 mots

Dans le chapitre « Le cadre »  : […] Le modernisme savant, sous les différentes formes où on l'identifie habituellement (exégétique, historique, philosophique, dogmatique, etc.), se laisse mal isoler du mouvement intellectuel qui a marqué le catholicisme à la fin du xix e  siècle et au début de celui-ci et qui visait à combler une infériorité. Car il est alors un fait qu'aucun historien ne songe à nier, au moins dans ses grandes lign […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/modernisme-catholicisme/#i_44687

SCHILLEBEECKX EDWARD (1914-2009)

  • Écrit par 
  • Raymond WINLING
  •  • 1 130 mots

Théologien catholique dominicain dont les travaux ont souvent inquiété le Vatican, Edward Schillebeeckx est mort à Nimègue (Pays-Bas), le 23 décembre 2009. Né en 1914 à Anvers, il avait été admis à la maison des dominicains de Gand à l'âge de dix-neuf ans. Ordonné prêtre en 1941, licencié en théologie de l'université de Louvain, il approfondit sa formation au centre d'études dominicain du Saulchoi […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/edward-schillebeeckx/#i_44687

SOMME DE THÉOLOGIE, Thomas d'Aquin - Fiche de lecture

  • Écrit par 
  • Charles CHAUVIN
  •  • 965 mots
  •  • 1 média

Dans le chapitre « La raison au service de la foi »  : […] Procédant par questions successives, elles-mêmes subdivisées en articles, l'auteur répartit les objections et les réponses. Il présente avec ordre et méthode une argumentation nourrie de syllogismes, en vue de réfuter les thèses adverses. On a vu à juste titre dans cette œuvre le plus bel exemple de synthèse entre la raison et la foi. Selon Marie-Dominique Chenu, la Somme de théologie est le plus […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/somme-de-theologie/#i_44687

THOMAS D'AQUIN saint (1224 ou 1225-1274)

  • Écrit par 
  • Marie-Dominique CHENU
  •  • 4 372 mots
  •  • 1 média

Thomas d'Aquin, ainsi appelé du nom de la petite ville d'Aquino, sur la route de Naples à Rome, où ses parents détenaient dans le premier quart du xiii e  siècle un très modeste pouvoir féodal, ne peut être enfermé dans le crédit que lui accorde depuis sept siècles l'Église catholique ; il est le haut témoin de la novation culturelle qui, dans la longue période dite du Moyen Àge, détermine, à la f […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/thomas-d-aquin/#i_44687

TRAITÉ DES MONNAIES, Nicolas Oresme - Fiche de lecture

  • Écrit par 
  • Jean-Marc DANIEL
  •  • 993 mots

Dans le chapitre « Une volonté de rigueur monétaire  »  : […] Le traité s'inscrit dans la production intellectuelle que suscite la situation critique de la France du xiv e  siècle : désastres militaires à répétition, déroute économique et famine dont la grande jacquerie de 1358 est la conséquence la plus spectaculaire, crise monétaire marquée depuis la fin du xiii e  siècle par une succession de déflations et de hausses brutales des prix, désordre politique […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/traite-des-monnaies/#i_44687

VITAL DU FOUR (1260 env.-1327)

  • Écrit par 
  • Denis COUTAGNE
  •  • 499 mots

Né à Bazas dans la province d'Auch en Gascogne, Jean du Four prit, en entrant dans l'ordre des Frères mineurs, le nom de Vital. Envoyé en 1285 au studium generale de Paris, il commenta les Sentences . Après un temps de régence à l'université, autour de 1292-1294, il gagna Montpellier, où il fut lecteur et où il s'initia à la médecine. Il vint ensuite enseigner à Toulouse et fut élu provincial d'A […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/vital-du-four/#i_44687

Voir aussi

Pour citer l’article

Édouard-Henri WÉBER, « THOMISME », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 29 novembre 2019. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/thomisme/