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Les cures thermales

Les eaux minérales

L'eau est un minéral, mais la dénomination d'eau minérale est réservée très souvent aux eaux douées de propriétés thérapeutiques et utilisées conformément à des règles qui garantissent leur pureté bactériologique et la stabilité de leur composition chimique. Le captage et le conditionnement doivent préserver leur caractère naturel. Par exemple, il est interdit de les filtrer et de les stériliser. Les eaux minérales se distinguent des eaux dites potables, des eaux de table, des eaux gazéifiées et des médicaments, car la législation du visa ne les concerne pas.

Les propriétés thérapeutiques de la plupart des eaux minérales diminuent avec le temps, parfois très vite. Il est donc indispensable aux malades de se rendre sur place. C'est la raison d'être des stations et des cures thermales.

On peut classer les eaux minérales de bien des manières. La classification chimique usuelle distingue plusieurs familles : les eaux bicarbonatées carbo-gazeuses (sodiques, calciques et mixtes) ; les eaux sulfatées calciques et magnésiennes, froides ou chaudes ; les eaux chlorurées sodiques, fortes, moyennes ou faibles, ces dernières pouvant être froides ou chaudes ; les eaux sulfurées, alcalines et instables à des degrés divers ; les eaux à minéralisation faible, mais remarquables par leurs oligo-éléments ou par leurs propriétés physiques (thermalité, radioactivité) ; certaines eaux sont caractérisées de surcroît par un élément rare : arsenic, fer, cuivre, sélénium, vanadium, manganèse, fluor. Ni la radioactivité ni l'arsenic contenus dans certaines eaux minérales ne sont, dans les conditions de leur emploi, un danger pour les malades. On rattache aux stations thermales celles qui mettent en œuvre des boues ou des émanations de gaz thermaux.

On peut encore classer les eaux minérales d'après la façon de les appliquer aux malades. Par exemple, on les amène en contact direct avec les lésions dans les affections dermatologiques, naso-sinusiennes, bronchiques, gynécologiques et intestinales. Dans d'autres cas, on agit sur les organes profonds par l'hydrothérapie externe : en pathologie ostéo-articulaire, neurologique, veineuse, artérielle, cardiaque. En revanche, c'est la cure de boisson qui joue le rôle principal dans les affections de l'appareil digestif, de l'appareil urinaire, dans les maladies de la nutrition, dans certains cas de pédiatrie et de gériatrie. Dans bien des cas enfin, cures thermales et cures climatiques se complètent, notamment en pathologie respiratoire, cutanée et pédiatrique.

Il existe une relation entre la composition des eaux minérales et leurs propriétés thérapeutiques, mais on remarque que des eaux de composition très voisine, par exemple dans le groupe des sulfatées calciques et magnésiennes, soulagent des maladies bien différentes. Réciproquement, des eaux très différentes obtiennent parfois des résultats similaires dans la même maladie. En définitive, c'est l'expérience accumulée de longue date par le corps médical qui gouverne l'orientation des malades vers telle ou telle station.

Fortes de cette expérience, les stations françaises ont atteint, depuis plus d'un siècle, le stade de la spécialisation. Chacune concentre son activité sur tel ou tel type de malades, si bien que ceux-ci bénéficient de la spécialisation du corps médical, des biologistes et des auxiliaires médicaux.

Les stations thermales européennes

L'Europe compte plusieurs centaines de stations thermales. Les plus importantes, quant au nombre des malades traités chaque année, se trouvent en ex-U.R.S.S. Le degré de spécialisation des stations européennes, leur niveau technique et scientifique ne sont pas nécessairement liés à leur attrait touristique. Si les malades désirent se soigner sérieusement, leur orientation est du ressort de leur médecin.

Environ cent cinquante stations thermales fonctionnent en France métropolitaine et outre-mer. Leurs indications cliniques, la température et la composition de leurs eaux, leurs installations, les dates de leurs saisons sont bien connues et se trouvent dans les ouvrages cités en référence.

La Sécurité sociale prend en charge, dans certaines conditions, le remboursement à 65 p. 100 ou à 100 p. 100 des honoraires médicaux et du traitement thermal. Elle peut verser, en outre, sous condition de ressources, des indemnités journalières, d'hébergement et de transport.

Indications et contre-i [...]

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Pour citer l’article

François BESANÇON, « THÉRAPEUTIQUE - Thermalisme », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 24 mai 2022. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/therapeutique-thermalisme/