CLASSIQUE THÉORIE DE LA LITTÉRATURE, XVIIe s.

ARTS POÉTIQUES

  • Écrit par 
  • Alain MICHEL
  •  • 5 917 mots
  •  • 3 médias

Dans le chapitre « L'artifice et le naturel »  : […] Le xvii e et le xviii e siècles n'iront pas toujours aussi loin dans la réflexion sur la création littéraire. Le premier fait qui les caractérise est l'approfondissement du maniérisme. Avec Gracián ou Tesauro, celui-ci aboutit à sa forme extrême, qui ressemble fort aux ornementations du « plateresque » espagnol. En matière de langage, on parle essentiellement de pointes et de concetti à travers […] Lire la suite

AUBIGNAC FRANÇOIS HÉDELIN abbé d' (1604-1676)

  • Écrit par 
  • Bernard CROQUETTE
  •  • 702 mots

L'un de ces abbés qui tiennent tant de place dans l'histoire de la littérature — et des théories littéraires — au xvii e siècle. Il a été prédicateur, romancier, dramaturge, poète, mais il a surtout voulu être, quant à lui, le législateur du théâtre. En 1640, une querelle l'oppose à Ménage à propos de la durée de l' Heautontimoroumenos de Térence, querelle de prestige en quelque sorte, qui doit […] Lire la suite

BAROQUE

  • Écrit par 
  • Claude-Gilbert DUBOIS, 
  • Pierre-Paul LACAS, 
  • Victor-Lucien TAPIÉ
  •  • 20 831 mots
  •  • 23 médias

Dans le chapitre « L'impératif de la forme »  : […] L'idée provient d'un déplacement vers la littérature des hypothèses théoriques élaborées, à la fin du xix e  siècle, sur la notion de baroque appliquée aux arts d'organisation de l'espace (compositions architecturales et picturales), de figuration (peinture, sculpture) et d'ornementation (architecture d'intérieur, mobilier, ferronnerie, orfèvrerie). La transposition des modes de construction et d' […] Lire la suite

BOUHOURS DOMINIQUE (1628-1702)

  • Écrit par 
  • Jean MARMIER
  •  • 277 mots

Le plus « honnête homme » de la Compagnie de Jésus, et le plus estimé dans le monde, malgré une formation théologique, reçue à Bourges, et une carrière enseignante, commencée à Tours, puis vouée à des préceptorats flatteurs. L'éducation des jeunes princes de Longueville, celle de Seignelay, fils de Colbert, après un séjour à Dunkerque comme aumônier de garnison, assurent sa réputation. Fixé au col […] Lire la suite

ARTS POÉTIQUES, notion de

  • Écrit par 
  • Filippo D' ANGELO
  •  • 1 341 mots

Dans le chapitre « Une codification de la parole littéraire »  : […] Le processus qui conduit à l'élaboration des arts poétiques trouve son origine dans un souci de légitimation de la littérature. On peut déjà constater ce phénomène dans la Poétique d'Aristote, souvent interprétée comme une réponse à la critique platonicienne de la mimèsis . Selon la doctrine de Platon, le monde sensible n'est que l'apparence trompeuse des Idées, essences immuables et éternelles. E […] Lire la suite

CHAPELAIN JEAN (1595-1674)

  • Écrit par 
  • Jean MARMIER
  •  • 369 mots

Fils d'un notaire parisien, Jean Chapelain abandonne des études de médecine pour entrer comme précepteur chez le marquis de La Trousse, dont il administrera longtemps les biens. Célibataire, il vit avec une économie que ses adversaires taxent de ladrerie, de même qu'ils brocardent sa mise peu soignée. Il nourrit, il est vrai, une seule passion, le savoir, et a pour seul luxe sa bibliothèque (4 000 […] Lire la suite

COMÉDIE

  • Écrit par 
  • Robert ABIRACHED
  •  • 5 416 mots
  •  • 1 média

Dans le chapitre « L'entrée en littérature »  : […] Mais, aux alentours de 1630, voici que l'évolution se précipite soudain. L'aristocratie commence à se policer et à s'intéresser aux débats littéraires et philosophiques ; les femmes prennent une place de plus en plus importante dans la société ; des salles de théâtre se créent, encore mal équipées, mais animées par des troupes de premier ordre qui s'y fixent en permanence. Les nouveaux théoriciens […] Lire la suite

CORNEILLE PIERRE

  • Écrit par 
  • Paul BÉNICHOU
  •  • 5 555 mots

Dans le chapitre « Corneille et le genre tragique »  : […] Corneille était certainement convaincu de l'excellence de la tragédie régulière ; son théâtre a marqué un moment dans le triomphe progressif des règles. On n'en trouve pas moins chez lui, de façon latente, une résistance à la régularisation du poème tragique. Il hésitait, à ses débuts, entre le goût moderne et la discipline des doctes. Le Cid est une tragi-comédie médiocrement régulière ; mais, […] Lire la suite

FICTION

  • Écrit par 
  • François TRÉMOLIÈRES
  •  • 1 009 mots

De même que le terme « poésie » est forgé sur le grec poïein , « fabriquer », celui de « fiction » vient du latin fingere , « façonner » (et par extension « feindre », « inventer »). Tous deux renvoient à un faire , comme le mot français art, qui signifie d'abord le métier : l'artiste est un artisan, le fabricant d'une œuvre, mot dont l'origine latine ( opera , le verbe operare ) évoque l'acte d' […] Lire la suite

FUMAROLI MARC (1932- )

  • Écrit par 
  • Jean-François LABIE
  •  • 1 336 mots

Marc Fumaroli est né en 1932 à Marseille. C'est à Fès qu'il commence des études qui le prépareront à l'enseignement des lettres. Sa carrière universitaire est un modèle de régularité. L'université d'Aix-en-Provence et la Sorbonne le conduisent à l'agrégation de lettres classiques puis au doctorat ès lettres. De 1965 à 1976, il enseigne à la faculté de Lille puis à Paris-IV où il est nommé professe […] Lire la suite

IMITATION, esthétique

  • Écrit par 
  • Danièle COHN, 
  • François TRÉMOLIÈRES
  •  • 3 911 mots
  •  • 1 média

Dans le chapitre «  Littérature »  : […] La notion d'imitation doit sa place centrale dans la tradition critique à la Poétique d'Aristote. Elle traduit en effet le terme grec de mimèsis . Platon caractérisait déjà l'activité artistique comme imitation des choses ou plutôt de leur apparence – et les choses elles-mêmes n'offrant qu'un reflet dégradé de l'Idée, l'œuvre d'art serait une imitation au second degré, « imitation d'imitation ». […] Lire la suite

CLASSICISME

  • Écrit par 
  • Pierre DU COLOMBIER, 
  • Henri PEYRE
  •  • 13 796 mots
  •  • 6 médias

Dans le chapitre « Classique ou baroque ? »  : […] Dans le cadre européen, le terme de baroque serait sans doute plus adéquat. S'il ne prête pas à moins de confusions que celui de classicisme, il suggère du moins la recherche de la surprise ou (c'est la fin qu'avait assignée à l'art le Cavalier Marin, mort en 1625) de la « merveille » ; le goût de la magnificence parfois ostentatoire ; l'amour des déguisements, des masques, des métamorphoses et d […] Lire la suite

MERVEILLEUX

  • Écrit par 
  • Jacques GOIMARD
  •  • 6 673 mots

Dans le chapitre « Le critère de l'émerveillement »  : […] L'émerveillement, dans son double mouvement de surprise (impliquant la prise de conscience d'une distance) et d'admiration (entraînant la réduction de cette distance par la révélation d'une proximité ou même d'une fusion), peut apparaître comme une réponse programmée aux signaux que l'œuvre d'art nous adresse ; en ce sens, il est commandé par l'objet. D'autre part, l'émerveillement est une straté […] Lire la suite

MOT D'ESPRIT, littérature

  • Écrit par 
  • Véronique KLAUBER
  •  • 522 mots

Il est plus difficile de définir le mot d'esprit que d'en recenser les différentes techniques de production, ou d'en trouver des synonymes plus ou moins parfaits. Il est encore assez difficile de les juger du point de vue esthétique, mais il est très facile d'en donner des exemples. À la place d'une définition classique, les auteurs proposent le plus souvent la mise en rapport avec d'autres phénom […] Lire la suite

NATUREL, esthétique

  • Écrit par 
  • Bernard CROQUETTE
  •  • 466 mots

L'un des principes de base de l'esthétique classique. Le naturel « exprime la conformité de l'œuvre d'art à un modèle idéal qu'on appelle conventionnellement la nature » (R. Bray). Cette définition permet de comprendre les ambiguïtés de la notion. Quelle nature ? La nature humaine sans doute, et non la nature extérieure. Mais, écrit Pascal « on ne sait ce que c'est que ce modèle naturel qu'il faut […] Lire la suite

SATIRE

  • Écrit par 
  • Roger ZUBER
  •  • 2 689 mots
  •  • 1 média

Dans le chapitre « Satire et naturel »  : […] Il suffit de peu de chose pour que les voies du comique (monologue, dialogue, autres procédés repris des Anciens et des Italiens) deviennent les voies du naturel. Comme les autres genres, la satire classique se propose d'« imiter les actions humaines ». Comme les autres genres, mais avec plus de simplicité : chez l'Arioste et chez Régnier, chez Furetière et chez Boileau, le vraisemblable se trouv […] Lire la suite

BAROQUE / CLASSIQUE, notion de

  • Écrit par 
  • François TRÉMOLIÈRES
  •  • 1 575 mots

Comme de nombreux termes employés dans les études littéraires, et plus largement culturelles, par exemple celui de « réalisme », les qualificatifs « baroque » et « classique » – ou leurs formes substantivées « baroque » et « classicisme » – relèvent d'une double approche, théorique et historique. Il s'agit de concepts appliqués à un style, un courant, une période, mais sans s'y réduire. Souvent, […] Lire la suite

PURISME, littérature

  • Écrit par 
  • Véronique KLAUBER
  •  • 262 mots

Le purisme est la réaction conservatrice du grammairien en face de la création linguistique du rhéteur ou du poète qui tend à bouleverser l'ordre du langage. Ainsi exclut-il tout archaïsme ou néologisme, tout écart par rapport au vocabulaire « convenable » dont usent les « honnêtes gens », toute innovation syntaxique et partant, toute forme originale qu'entraîne la nécessité d'exprimer une idée no […] Lire la suite

SCALIGER JULES CÉSAR (1484-1558)

  • Écrit par 
  • Jean-Yves POUILLOUX
  •  • 664 mots

Né en Italie d'une famille qu'il prétendait illustre et qui fut très vraisemblablement obscure, condottiere de l'épée avant de devenir « gladiateur des lettres » (Nisard), tour à tour étudiant et moine, Jules César Scaliger s'initie à la médecine, qu'il vient exercer en France : il se fixe à Agen, qu'il ne quittera pratiquement plus. Doué d'une force de travail et d'une mémoire exceptionnelles, il […] Lire la suite

THÉÂTRE OCCIDENTAL - Histoire

  • Écrit par 
  • Robert PIGNARRE
  •  • 8 346 mots

Dans le chapitre « Le classicisme français »  : […] Le classicisme apparaît, à sa date, comme un réveil tardif de la poussée vitale qui avait produit la comedia , la commedia dell'arte et le drame élisabéthain. Seulement, au baroque triomphant dans ces trois écoles il oppose un parti pris de stricte économie des moyens. Si cette volonté n'a pas été stérilisante, c'est principalement grâce à l'étonnante conjonction, en un demi-siècle, de trois des […] Lire la suite

UNITÉS RÈGLE DES TROIS, histoire littéraire

  • Écrit par 
  • Jean MARMIER
  •  • 516 mots

Observées dans certaines tragédies du xvi e  siècle, les unités d'action, de temps et de lieu sont posées comme règle par Jean de La Taille (1572), sous l'influence de la Poétique de Castelvetro (1570), qui emprunte les deux premières à Aristote. Mais le théâtre baroque fait triompher l'irrégularité dans la tragi-comédie, la pastorale et même la tragédie. En 1629-1630, Jean Mairet, imitant les pa […] Lire la suite

VRAISEMBLABLE, esthétique

  • Écrit par 
  • Bernard CROQUETTE
  •  • 647 mots

La règle de la vraisemblance — l'une des plus importantes et des plus générales de la doctrine classique — trouve sa source dans la Poétique d'Aristote : « Il est évident que l'œuvre du poète n'est pas de dire ce qui est arrivé, mais ce qui aurait pu arriver, ce qui était possible selon la nécessité ou la vraisemblance. » Le vrai est l'objet de l'historien, le possible, celui du poète (c'est-à-di […] Lire la suite