THÉÂTRE OCCIDENTALLa scène

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L'avènement du metteur en scène

La mise en scène réaliste

Premier metteur en scène moderne, André Antoine (1858-1943) a vu son œuvre confisquée par l'esthétique naturaliste. On a vite vu en lui le Zola de la mise en scène. Pourtant, dans ses premiers spectacles, il avait fait une place aux poètes, au théâtre en vers ; L'Évasion de Villiers de L'Isle-Adam, Le Baiser de Théodore de Banville. Ce qui ne l'empêcha pas, dès la deuxième saison, de noter lui-même que « les naturalistes ont fourni le meilleur et le plus significatif de l'effort ». Le Théâtre-Libre devient alors synonyme de réalisme pour tout le monde et, pour ses ennemis, de vulgarité, d'obscénité, de socialisme, d'antipatriotisme. Il est vrai que son esthétique réaliste reste inséparable du mouvement naturaliste. Mais Antoine n'a pas réussi à décider Zola, son soutien inconditionnel, à créer pour lui la dramaturgie qui eût donné sens à son entreprise. Il dut se contenter de faire adapter pour la scène et par d'autres quelques romans de son chef de file.

Le Théâtre-Libre se consacra d'abord à la recherche d'auteurs nouveaux et se voulut théâtre de création. À chacun de ses programmes, un auteur célèbre pour épauler un inconnu. En vingt ans, au Théâtre-Libre et par la suite, Antoine a créé cent vingt-quatre pièces inédites, à raison de huit programmes par an. Il affirme par-là sa différence par rapport à ceux qui avaient pris une certaine avance sur lui pour la mise en scène, comme les Meininger allemands qu'il découvrit à Bruxelles en 1888 et la troupe de Henry Irving qu'il vit à Londres en 1889. Ceux-là mettaient leur révolution scénique au service du grand répertoire classique, Shakespeare en tête. Antoine se voulut, lui, le découvreur du théâtre de son temps. Toutes ses innovations de metteur en scène découlent de ce souci. Il s'agit de désencombrer la scène pour mieux rendre l'influence du milieu sur le personnage, de montrer l'homme dans l'histoire, l'individu dans la société, de créer un accord parfait entre l'acteur et le décor, seul propre à l'illusion scénique, d'inventer un nouveau type d'acteur, de [...]


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Edward Gordon Craig, vers 1960

Edward Gordon Craig, vers 1960
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Romain Rolland

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Bertolt Brecht

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Louis Jouvet dans Entrée des artistes, M. Allégret

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Alfred SIMON, « THÉÂTRE OCCIDENTAL - La scène », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 12 octobre 2020. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/theatre-occidental-la-scene/