MALICK TERRENCE (1943- )

Carte mentale

Élargissez votre recherche dans Universalis

Une poétique de l'espace

Né le 30 novembre 1943 à Ottawa (Illinois), Terrence Malick grandit au Texas et en Oklahoma, dans les grands espaces des puits de pétrole, du désert et des champs de blé. Bon joueur de football américain, il rejoint Harvard où il se révèle excellent philosophe et suit notamment l'enseignement de Stanley Cavell. Après un passage en Angleterre, il enseigne la philosophie au MIT de Boston et traduit en anglais Vom Wesen des Grundes de Heidegger. Il étudie ensuite le cinéma à l'American Film Institute, travaille à divers scénarios (dont celui de L'Inspecteur Harry), écrit le script de La Balade sauvage qu'il produit et porte à l'écran en 1973. Inspiré d'une histoire vraie, le film, s'il renoue avec les fictions du couple criminel en fuite comme Les Amants de la nuit, de Nicholas Ray, ou Gun Crazy, de Joseph Lewis, n'est pas ancré pour autant dans un romantisme de la fatalité ou de l'exaltation. Révélant Martin Sheen et Sissy Spacek, il présente une vision du monde où alternent la violence et la méditation, toujours fondée sur la relation à la nature et à l'espace américain. La splendeur visuelle s'impose d'emblée. Elle coexiste avec la dimension improbable et sujette au doute d'une narration confiée à une adolescente (Holly, interprétée par Sissy Spacek) qui ne paraît pas avoir pleine conscience du caractère sidérant et de la profonde tristesse du récit qu'elle prend en charge.

Il en est de même pour le film suivant, Les Moissons du ciel, dont l'action est elle aussi racontée par une jeune adolescente ne proposant qu'une version lacunaire d'une histoire de désir triangulaire qui sera fatale à l'un des protagonistes. Malick donne une forme de quintessence de son art dans cette œuvre située au Texas en 1916 – qui rappelle à notre mémoire Géant et À l'est d'Éden – où s'expose avec radicalité le thème « malickien » par excellence, celui de l'outrage que fait subir à la nature l'action de l'homme. Prix de la mise en scène à Cannes en 1979, le film impose définitivement son auteur comme un maître du style « [...]

1  2  3  4  5
pour nos abonnés,
l’article se compose de 3 pages

Écrit par :

  • : professeur d'études cinématographiques et d'esthétique à l'université de Paris-Est-Marne-la-Vallée

Classification

Autres références

«  MALICK TERRENCE (1943- )  » est également traité dans :

LA LIGNE ROUGE (T. Malick)

  • Écrit par 
  • Michel ESTÈVE
  •  • 1 013 mots

Plus de vingt ans après ses deux premiers films, La Ballade sauvage (1973) et Les Moissons du ciel (1978), le cinéaste américain Terrence Malick a réalisé La Ligne rouge (ours d'or du festival de Berlin 1999), un film remarquable sur la guerre, la nature et la condition humaineLibrement adap […] Lire la suite

THE TREE OF LIFE (T. Malick)

  • Écrit par 
  • Michel ESTÈVE
  •  • 1 104 mots

Depuis 1974, le cinéaste américain Terrence Malick n'a réalisé que quatre films : La Ballade sauvage (1974), Les Moissons du ciel (1978), La Ligne rouge (1998) et Le Nouveau Monde (2005). Chacun d'entre eux, par son ampleur, ses thèmes et ses qualités d'écriture, a retenu […] Lire la suite

CINÉMA (Aspects généraux) - Histoire

  • Écrit par 
  • Marc CERISUELO, 
  • Jean COLLET, 
  • Claude-Jean PHILIPPE
  •  • 21 812 mots
  •  • 37 médias

Dans le chapitre « Le Nouvel Hollywood »  : […] Il ne faudrait pas cependant se contenter d'une lecture purement économique. Le désir de fiction – le fait n'est pas nouveau – rencontre toujours sur son chemin la production américaine, et le blockbuster n'est pas nécessairement synonyme de « navet ». Des Aventuriers de l'Arche perdue (1981), de E.T. (1982) à La Liste de Schindler (1993), Il faut sauver le soldat Ryan (1998) et Munich (2005 […] Lire la suite

PARLANT (CINÉMA) - (repères chronologiques)

  • Écrit par 
  • Michel CHION
  •  • 3 247 mots

1899 États-Unis. Th e Astor Tramp , « picture song » de Thomas Edison. Bande filmée destinée à être accompagnée d'une chanson chantée en salle (derrière l'écran) par des artistes invités. 1900 France. Présentation par Clément Maurice du Phono-Cinéma-Théâtre à l’'Exposition universelle. Au programme, une scène d' Ham l et interprétée par Sarah Bernhardt, une autre de Cyrano de Bergerac avec C […] Lire la suite

PARLANT CINÉMA

  • Écrit par 
  • Michel CHION
  •  • 8 151 mots
  •  • 8 médias

Dans le chapitre « Un nouveau cinéma musical »  : […] Enfin, parmi les tendances fortes du cinéma parlant à partir des années 1980, il faut signaler le renouvellement du film musical qui se produit dans des directions inattendues. Un film peut avoir un caractère musical sans faire chanter et danser (dans le sens officiel du mot, renvoyant à des techniques apprises) ses personnages. Les derniers films de Terrence Malick, de Tree of Life (2011) à Kn […] Lire la suite

Pour citer l’article

Marc CERISUELO, « MALICK TERRENCE (1943- ) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 15 juillet 2021. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/terrence-malick/