TEMPÊTE CYTOKINIQUE

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Histoire naturelle d’une tempête cytokinique

En temps normal, lorsqu’un agent étranger entre dans le corps, le système immunitaire va éliminer l’intrus. Cette réponse immunitaire se déroule en trois phases. La première correspond à la mise en place d’une réponse inflammatoire à la suite de la reconnaissance de l’agent étranger par le système immunitaire inné. Suivent le recrutement de nombreuses cellules du système immunitaire et la présentation aux lymphocytes des antigènes des agents étrangers (allergènes, bactéries, virus…) par les cellules spécialisées (présentatrices d’antigènes). La deuxième étape consiste en l’activation et l’amplification de la réponse immunitaire adaptative des lymphocytes (anticorps et cellules cytotoxiques). Enfin, la troisième étape consiste en l’élimination de l’agent étranger par différents mécanismes, l’arrêt de la réponse inflammatoire et le retour à une situation normale.

Cette réponse immunitaire est extrêmement régulée, et les différents acteurs cellulaires communiquent, soit par contacts directs, soit indirectement via les médiateurs solubles que sont les cytokines. Cependant, bien que la réaction de défense démarre de manière normale, sans qu’on sache vraiment pourquoi, il arrive qu’elle ne soit pas stoppée par les mécanismes de régulation et qu’elle s'emballe, mettant en place une réponse inflammatoire aberrante. Au cours de cette poursuite de l’inflammation, que celle-ci soit locale – méningite, péritonite (cavité abdominale) et pancréatite – ou généralisée – septicémie –, une très grande quantité de cytokines inflammatoires est produite, ce qui caractérise la tempête cytokinique. Ces cytokines se déversent rapidement dans le sang, entraînant une chute du taux d’oxygénation du sang et donc des tissus, de la pression artérielle et cause des dommages irréversibles au niveau de la paroi des vaisseaux sanguins, ce qui a pour conséquence une augmentation de leur perméabilité. Le fluide va alors « fuir » au niveau des lésions. La dissémination de ces cytokines dans le corps occasionne de graves dommages au niveau du système circulatoire des organes vitaux, notamment des poumons (atteintes de l’interface sang-air que sont les alvéoles pulmonaires), du cœur et des reins.

Tempête cytokinique

Dessin : Tempête cytokinique

À gauche est représentée la réponse immunitaire normale à une infection par un virus, ici le SARS-CoV-2 (en vert). Le virus est reconnu par les macrophages de l'alvéole pulmonaire. Il s'ensuit la sécrétion de cytokines inflammatoires et le recrutement puis l'activation des cellules T... 

Crédits : Encyclopædia Universalis France

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Écrit par :

  • : docteure, postdoctorante, Kennedy Institute, Oxford University, Oxford (Royaume-uni)

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Pour citer l’article

Emmanuelle SIDOT, « TEMPÊTE CYTOKINIQUE », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 26 janvier 2022. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/tempete-cytokinique/