TÉLOMÉRASE

La nécessité du vieillissement

Le rôle de la télomérase, exploré depuis les dernières années du xxe siècle seulement, est vite apparu comme essentiel à la compréhension de la vie cellulaire. Enthousiasme aidant, quelques extrapolations ont fait du vieillissement cellulaire la cause du vieillissement organique que nous connaissons en tant qu'individu, envisageant la télomérase, l'enzyme perdue de la vie embryonnaire, comme la source de jouvence à retrouver. On a parlé d'enzyme de l'« immortalité », et sans doute quelques projets de réactivation de la télomérase ont-ils été fantasmés dans les laboratoires.

En fait, il est vrai que certaines corrélations ont pu être établies entre l'âge d'un individu et les capacités réplicatives résiduelles de cellules prélevées dans la peau ou les muscles. Mais ces corrélations sont purement statistiques, empreintes d'une grande variabilité interindividuelle, et elles montrent d'abord que le vieillissement de l'organisme dépasse largement le cadre du vieillissement cellulaire. Une relation existe sans doute entre les mécanismes microscopiques et le phénomène macroscopique. Mais cette relation apparaît indirecte, et surtout, équivoque. À la lumière des résultats obtenus dernièrement sur le rôle de la télomérase dans les cancers, on tend en effet à considérer que le vieillissement des cellules, avant d'être un élément du vieillissement de l'individu, est un facteur de protection contre la prolifération cellulaire excessive. D'un point de vue évolutif, l'apparition de ces mécanismes peut s'expliquer comme permettant de retarder la survenue des déficiences fonctionnelles, et par conséquent de prolonger, dans la vie d'un individu, la période possible de reproduction. Reproduction se voit ainsi opposé à prolifération – ce qui fait envisager différemment la notion d'« immortalité ».

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Pour citer l’article

Vincent BARGOIN, « TÉLOMÉRASE », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 18 octobre 2017. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/telomerase/