TÉLÉCOMMUNICATIONSLa communication sans fil

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Le téléphone mobile, « couteau suisse » du sans-fil

L’expansion des réseaux sans fil a été accompagnée d’une véritable explosion du marché des terminaux. En quelques années, le téléphone portable est devenu un bien d’équipement de masse. À partir de 2006, les ventes mondiales annuelles de téléphones sans fil ont dépassé le milliard d’unités pour avoisiner deux milliards à partir de 2013.

Cet énorme marché est stimulé par une forte concurrence tant entre fabricants, qui mettent sur le marché des matériels incorporant de plus en plus de fonctions, qu’entre opérateurs qui n’hésitent pas à subventionner, voire à donner (en fait pour un euro symbolique) les terminaux mobiles afin de recruter de nouveaux clients. Le parc de mobiles se renouvelle ainsi à un rythme soutenu (de l’ordre de 15 à 18 mois), ce qui favorise la diffusion de nouveaux services.

En un peu plus de deux décennies, on est passé du simple téléphone dédié à la seule fonction téléphonique sur les réseaux 2G à un terminal multiréseau, multimédia, multifonction, multiapplication, véritable couteau suisse de la communication, constamment à portée de main et qui peut remplacer de nombreux terminaux spécialisés.

Depuis les années 1990, le téléphone mobile a bénéficié de l’apport des nouvelles technologies qui le rendent plus commode d’utilisation, l'enrichissent en nouvelles fonctions, l’ouvrent à de nouveaux services. L’amélioration importante des performances des batteries a permis d’augmenter progressivement les temps de veille et de communication. Ceux-ci se comptent désormais en jours et en dizaines d’heures. L’écran tactile se généralise. De nouveaux types d’écrans, à haute définition, sont apparus vers 2010. Les téléphones mobiles bénéficient des nouvelles technologies de codage et de transmission hertzienne mises en œuvre dans les générations successives de réseaux. De nouvelles antennes, de type MIMO (multiple inputs, multiple outputs), en augmentant la sensibilité des récepteurs, permettent de réduire la puissance d’émission des portables (devenue un enjeu de santé publique). Avec les progrès de la microélectronique, de la micro-informatique, les téléphones portables sont dotés de microprocesseurs de plus en plus puissants et de capacités en mémoire se comptant en dizaines de gigaoctets. La qualité de la fonction photo-caméra s’améliore, au point de rivaliser avec les appareils photographiques et caméras traditionnels. Sans cesse, de nouveaux capteurs débouchant sur de nouvelles fonctions sont incorporés dans les terminaux (par exemple le GPS, les lecteurs sans contact). La généralisation du WiFi et du Bluetooth permet le branchement du téléphone mobile sur une multitude d’objets connectés.

Cette évolution du téléphone mobile a été marquée par un certain nombre de ruptures qu’il est intéressant de mentionner. D’abord terminal monocorps, encore relativement encombrant et lourd à ses débuts (quoique sans proportion avec les terminaux de première génération), le téléphone mobile a bénéficié des nombreux efforts déployés pour sa miniaturisation et son allègement. On s’attache à améliorer la convivialité pour l’échange de SMS. Diverses solutions apparaissent pour agrandir l’écran et doter le terminal d’un clavier alphanumérique (avec des touches différentes pour les chiffres et les lettres) sans augmenter sa taille : téléphone à double corps du genre bivalve ou avec deux parties coulissant l’une sur l’autre.

L’année 2000 marque une rupture avec l’arrivée des premiers smartphones dont le pionnier a été le BlackBerry de la société RIM (Research in Motion Limited, renommée BlackBerry en 2013). Il s’agit de téléphones plats, plus larges que jusqu’alors, dotés d’un écran et d’un clavier alphanumérique sur les moitiés supérieure et inférieure de la face avant. Ce terminal est aussi doté de fonctions annexes (agenda personnel, baladeur audio, caméra photo/vidéo, etc.) et il offre la possibilité d’un accès à Internet, au courrier électronique et à d’autres applications à travers des services en ligne. Le succès est immédiat : le regroupement dans un seul appareil portable et communicant de fonctions jusqu’alors dispersées séduit. C’est le début d’une floraison de nouveaux services spécialement étudiés pour le téléphone mobile. Ainsi le push-to-talk permet des fonctions du type talkie-walkie qui répondent aux attentes de flottes professionnelles comme celles des chauffeurs de taxi. Les messageries instantanées (chat) sur téléphone sans fil font leur apparition. La musique débarque sur les mobiles qui mordent sur le marché des baladeurs. Les services de type audio comme les radios numériques ou le téléchargement de morceaux de musique connaissent alors un essor fulgurant, en particulier chez les jeunes. Dès 2006, au Japon, pays traditionnellement en avance, 90 p. 100 des ventes de musique en ligne sont effectuées grâce aux téléphones mobiles devenus un véhicule important de l’activité économique sur ce créneau audiovisuel.

L’arrivée en 2007, sur le marché de la téléphonie mobile, de la société Apple avec son iPhone marque une nouvelle avancée. L’écran d’affichage est tactile et couvre toute la face avant du terminal. En débarquant dans ce secteur d’activités, Apple, qui avait acquis un grand prestige avec sa gamme de micro-ordinateurs Mac, tire avantage de son expérience dans le domaine de la micro-informatique, des logiciels, de son portefeuille de musique (téléchargeable pour ses baladeurs) et de ses milliers d’applications en ligne. Très rapidement, cette société se hisse en tête des ventes et condamne les autres constructeurs à se lancer sur le nouveau créneau des smartphones haut de gamme qu’elle vient de créer.

En 2010, Apple remporte un nouveau succès avec son iPad, une tablette graphique dotée d’un écran tactile d’environ 10 pouces, mariage heureux entre téléphone et micro-ordinateur. Un nouveau marché s’ouvre, celui des tablettes connectées, encore appelées « phablettes » (contraction de « phone » et « tablette »). La gamme des terminaux téléphoniques se segmente, se diversifie. Les constructeurs déclinent leurs terminaux selon plusieurs types et selon différentes tailles d’écran pour satisfaire une demande qui ne cesse de se diversifier. Certains constructeurs privilégient le faible encombrement, d’autres la lisibilité pour la navigation Internet. Les frontières entre les téléphones mobiles et les tablettes s’estompent peu à peu. Dans les pays développés, de nombreux abonnés possèdent plusieurs terminaux qu’il est dès lors logique de spécialiser. L’arrivée, à partir de 2013, de la tablette communicante transformable en micro-ordinateur par l’adjonction d’un clavier mécanique achève d’abolir les distinctions : le même matériel peut servir tantôt de téléphone, tantôt de micro-ordinateur communicant, tantôt de tablette.

Omniprésent, le sans-fil – avec ses multiples terminaux – ne se borne plus aux seules fonctions de communicat [...]

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Téléphonie : évolution du parc mondial 

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Téléphonie : taux de croissance mondiale 

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Téléphonie mobile : pays les mieux équipés

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Téléphonie sans fil : évolution des trois générations

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Pour citer l’article

Alexandre COTARMANAC'H ECHEVARRIA, René WALLSTEIN, « TÉLÉCOMMUNICATIONS - La communication sans fil », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 30 novembre 2021. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/telecommunications-la-communication-sans-fil/