YARMOUTH TEL, Israël

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Yarmouth au Bronze ancien (env. 3300-2400)

L'établissement initial du Bronze ancien I (env. 3300-3000)

Connu seulement par d'étroits sondages, l'établissement initial ne pourra jamais faire l'objet de fouilles suffisantes, car il est enfoui à trop grande profondeur. Sans doute ressemblait-il au village contemporain et voisin de Hartouv, fouillé par la Mission de Yarmouth en coopération avec l'Université hébraïque de Jérusalem. C'était une bourgade composée d'un groupement lâche d'habitations disséminées sur 5 hectares environ autour d'un bâtiment public, dont une partie au moins avait un usage cultuel.

L'abandon de Hartouv peu avant la fin du Bronze ancien I coïncide à peu près avec le développement de Yarmouth qui, vers le xxxie siècle, est devenue un centre régional en voie d'urbanisation rapide. Elle incorporait déjà l'angle ouest de la future ville basse, ce qui implique une superficie d'environ 15 hectares. Mais ce n'était encore qu'un gros village ouvert.

Le développement de la ville au Bronze ancien II (env. 3000-2650)

Les premières constructions importantes, probablement de caractère public, sont attestées à Yarmouth dès le début du Bronze ancien II, vers 3000. Elles sont représentées par une plate-forme massive en pierre qui a servi de fondation à un grand bâtiment. À cette époque, la ville n'était pas encore fortifiée, mais on a observé des traces d'un aménagement du talus qui la borde, en l'occurrence un glacis de terre à surface chaulée ; preuve que les habitants se souciaient déjà de leur défense.

Les premières fortifications ont été construites un peu plus tard (vers 2900 ?). Elles ont eu d'emblée une ampleur considérable. Le premier rempart (Muraille A) a été mis au jour à l'angle ouest de la ville et repéré aussi sur l'acropole ; il encerclait donc probablement tout le site. C'est une muraille de pierres sèches, épaisse de 5 à 6 mètres et conservée sur une hauteur de 4 mètres. Elle est renforcée par de gros saillants situés à équidistance d'un bastion rectangulaire massif d'environ 25 × 13 mètres. et contrebutée par des glacis de pierres et de terre qui en défendaient l'approche.

Vers la fin du Bronze ancien II (vers 2700 ?), un deuxième rempart (Muraille B), édifié quelque 20 à 30 mètres en avant de la Muraille A, a porté à quarante mètres l'épaisseur totale du système défensif autour de l'angle ouest de la ville. Construite avec un appareil cyclopéen et conservée par endroits jusqu'à 7 mètres de hauteur, cette muraille constitue le rempart extérieur de la ville, attesté sur tout le périmètre du site, soit sur presque deux kilomètres.

Une porte monumentale a été aménagée dans la Muraille B, avec une entrée en chicane précédée d'une rampe. Celle-ci s'élevait en pente modérée suivant un tracé en épingle à cheveu, retenue par des murs de soutènement latéraux reconstruits plusieurs fois au fur et à mesure des exhaussements de la rampe, qui culmina finalement à 8 mètres de hauteur.

Tel Yarmouth, Israël. La porte de la ville (chantier E) et les fortifications, vers l'est

Photographie : Tel Yarmouth, Israël. La porte de la ville (chantier E) et les fortifications, vers l'est

La porte de la ville (chantier E) et les fortifications, vers l'est. Le rempart visible ici est la Muraille B, conservée sur près de 7 mètres de hauteur. 

Crédits : P. de Miroschedji, Mission archéologique de Tel Yarmouth, Israël

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L'apogée de la ville au Bronze ancien III (env. 2650-2350)

Cette ville puissamment fortifiée comptait sans doute parmi les principales cités de Palestine au Bronze ancien II. Mais son apogée date de l'époque suivante, le Bronze ancien III (vers 2650-2350), contemporain de l'Ancien Empire en Égypte et du Dynastique archaïque en Mésopotamie.

Les fortifications ont alors fait l'objet d'aménagements nouveaux. Des bastions furent alignés dans l'angle ouest de la ville et en d'autres points du périmètre du site. Ce sont des constructions rectangulaires massives, longues de 30 à 40 mètres et larges de 8 à 12 mètres, dotées de profondes fondations et d'une superstructure en briques crues aujourd'hui disparue. En même temps, la Porte Ouest fut remblayée, pourvue de nouvelles rampes d'accès et protégée par un bastion rectangulaire.

Tel Yarmouth, Israël. Vue aérienne du Palais B1 et des chantiers adjacents

Photographie : Tel Yarmouth, Israël. Vue aérienne du Palais B1 et des chantiers adjacents

Vue aérienne du Palais B1 et des chantiers adjacents. En bas à gauche de la photographie, la porte de la ville, avec les murs de soutènement des rampes successives. Au centre à gauche, vue partielle du chantier A, avec l'un des bastions rectangulaires. 

Crédits : P. de Miroschedji, Mission archéologique de Tel Yarmouth, Israël

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Tel Yarmouth, Israël. Vue partielle du Palais B1, vers le nord

Photographie : Tel Yarmouth, Israël. Vue partielle du Palais B1, vers le nord

Vue partielle du Palais B1, vers le nord. Au premier plan, sous les sols du palais B1, on aperçoit l'affleurement des murs du Palais B2 sous-jacent. 

Crédits : P. de Miroschedji, Mission archéologique de Tel Yarmouth, Israël

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La ville abritait alors une population que l'on peut évaluer à plus de 3 000 habitants. Elle était couverte par un réseau serré de constructions étagées sur des terrasses artificielles. Ces terrasses sont le trait le plus spectaculaire de l'urbanisme de la ville antique. Dans son apparence extérieure, Yarmouth devait ressembler à ces grosses bourgades de Judée, de Samarie et de Galilée qui s'étagent au flanc d'une colline couronnée par les ruines d'une forteresse. Ce genre d'habitat palestinien traditionnel trouve ainsi son origine au IIIe millénaire.

L'espace urbain n'était pas uniforme ; il renf [...]

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Tel Yarmouth, Israël. Carte de situation

Tel Yarmouth, Israël. Carte de situation
Crédits : Encyclopædia Universalis France

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Tel Yarmouth, Israël. Plan topographique

Tel Yarmouth, Israël. Plan topographique
Crédits : Encyclopædia Universalis France

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Tel Yarmouth, Israël. La porte de la ville (chantier E) et les fortifications, vers l'est

Tel Yarmouth, Israël. La porte de la ville (chantier E) et les fortifications, vers l'est
Crédits : P. de Miroschedji, Mission archéologique de Tel Yarmouth, Israël

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Tel Yarmouth, Israël. Vue aérienne du Palais B1 et des chantiers adjacents

Tel Yarmouth, Israël. Vue aérienne du Palais B1 et des chantiers adjacents
Crédits : P. de Miroschedji, Mission archéologique de Tel Yarmouth, Israël

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Écrit par :

  • : directeur de recherche au C.N.R.S., directeur du Centre de recherche français de Jérusalem

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Pierre de MIROSCHEDJI, « YARMOUTH TEL, Israël », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 24 juin 2022. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/tel-yarmouth-israel/