TAXIES

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La place des taxies dans l'étude moderne du comportement

L'éthologiste moderne cherche à lier à la fois l'étude du comportement des animaux dans leur milieu naturel de vie et l'analyse physico-chimique ou physiologique des phénomènes qu'il observe. Ainsi conduit vers la neuroéthologie, vers une endocrinologie ou vers une génétique du comportement, il ne peut plus tenir les taxies pour des réactions simples qu'il suffirait de combiner linéairement pour expliquer l'ensemble des réponses de l'animal aux facteurs écologiques.

Il doit considérer que les comportements taxiques résultent d'ailleurs de l'interaction de deux types de réponses à l'environnement ; on les nomme respectivement composante cinétique (cinèse fondamentale) et composante taxique.

La composante cinétique se traduit par l'ensemble des mouvements effectués par l'animal en fonction de son état général. Dans un environnement parfaitement isotrope vis-à-vis de tous les excitants possibles, l'animal est encore très souvent susceptible de se déplacer : des Insectes posés en chambre noire à température constante sur une table horizontale, sans stimulation chimique, décrivent des parcours complexes non orientés, expression de cette « cinèse fondamentale ». Mais si l'on augmente l'intensité d'un des facteurs sans modifier son isotropie (augmentation homogène de la température, par exemple), la vitesse du déplacement non orienté augmente. La composante cinétique est donc un mouvement de l'organisme qui :

– dépend de l'état d'équilibre métabolique de cet organisme ;

– se manifeste seule dans des conditions isotropes pour tous les agents d'excitations ;

– varie avec les conditions physiologiques de l'organisme ;

– se mesure par la vitesse « réelle » de déplacement, vitesse réelle qui est la mesure, rapportée au temps, de la longueur exacte du trajet effectué par l'animal.

La composante taxique apparaît après l'introduction d'une dissymétrie physico-chimique dans l'environnement. Celle-ci ne modifie pas les aspects moteurs quantitatifs de la cinèse fondamentale si l'intensité de l'excitant considéré n'a pas été modifiée, mais elle produit une orientation de l'animal par rapport à l'excitant, orientation qui persiste tant que dure la dissymétrie (réelle ou apparente) de l'excitation. Le déclenchement de la composante taxique comme les variations de la cinèse sont liés à de faibles intensités ; ils peuvent être inhibés par de fortes intensités.

La composante taxique dépend à la fois des conditions internes de l'animal et des facteurs externes d'excitation. Elle se manifeste toujours par cette prise et ce maintien d'une orientation par rapport à l'excitant.

Parmi les facteurs internes, ce qu'on a nommé la « polarité » de l'organisme joue certainement un grand rôle puisque c'est d'elle en définitive que dépend l'orientation en sens positif ou négatif. On ignore tout de sa nature, mais on ne peut pas la concevoir comme un élément fixe de l'organisme : il s'agit plutôt d'un élément dû à l'intégration des états métaboliques par le système nerveux central et il n'est en aucune manière besoin de finaliser l'une des réactions (la négative pour Viaud) sur des critères trop simples de vitesses de déplacement qui seraient différentes en sens positif et en sens négatif. Les recherches de P. Couturier et A. Robert sur le Hanneton mettent bien en évidence la variation du sens de la réponse phototropique en fonction complexe de la topographie de l'environnement, de l'état sexuel et alimentaire des Insectes, et d'une mémoire des déplacements déjà effectués.

Parmi les facteurs externes jouant un rôle important dans la composante taxique, il faut insister sur deux caractéristiques du stimulus : direction et gradient.

La composante taxique est donc une prise d'orientation de l'organisme par rapport à un excitant. Cette réaction comportementale, tout d'abord, dépend de la polarité de l'organisme ainsi que de récepteurs de focalisation ou de détection des positions spatiales des sources stimulantes possibles ; ensuite, elle se produit en milieu hétérogène comportant un facteur externe plus ou moins dirigé (dans le cas d'un facteur bien dirigé, l'orientation taxique est parfaitement nette et stable ; dans le cas d'un facteur peu directionnel ou d'un gradient, la taxie n'est pas aussi nette et pas aussi stable : elle se présente alors plutôt comme une résultante d'orientations élémentaires) ; elle varie, d'une part, en signe avec les changements de polarité physiologique ou nerveuse de l'organisme, d'a [...]

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Gaston RICHARD, « TAXIES », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 29 juin 2022. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/taxies/