TAUX D'INTÉRÊT

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Les taux d'intérêt sont des variables importantes pour l'économie, car ils influencent directement les deux principaux postes de la demande : la consommation et l'investissement, ainsi que plus indirectement le taux de change et le commerce extérieur. Par leur impact sur la demande, ils ont aussi des effets sur l'inflation. Ainsi, dans tous les grands pays avancés, les taux d'intérêt sont les instruments utilisés par les banques centrales pour atteindre leurs objectifs d'inflation. L'essentiel de la politique monétaire consiste à contrôler le niveau des taux d'intérêt sur le marché monétaire. Les taux d'intérêt fixés par les banques centrales se diffusent ensuite à l'ensemble des taux qui s'appliquent aux différents emprunteurs.

Il existe une multitude de taux d'intérêt : à court terme, à moyen ou long terme, pour des emprunts plus ou moins risqués, pour des placements en différentes devises, etc. Tous ces taux d'intérêt sont liés entre eux par des relations d'arbitrage, qui tendent à égaliser les rendements anticipés des différents placements.

Taux d'intérêt réels et nominaux

Pour comprendre le rôle des taux d'intérêt dans l'économie, il faut d'abord distinguer le taux d'intérêt nominal du taux d'intérêt réel. En cela, le taux d'intérêt n'est guère différent des autres variables économiques, comme le revenu. La variable nominale exprime un nombre d'unités monétaires, et la variable réelle correspondante, le « pouvoir d'achat » procuré par ce montant, c'est-à-dire la quantité de biens et de services qu'il est possible d'acheter en le dépensant.

Le rôle de l'inflation

Le taux d'intérêt peut être défini comme la rémunération annuelle en pourcentage reçue pour un placement (ou versée pour un emprunt). Prenons l'exemple d'un placement à un an. Pour le taux d'intérêt nominal, il s'agit simplement de la rémunération monétaire du placement en pourcentage. Quant au taux d'intérêt réel, il est défini par la quantité de biens et services supplémentaire qui pourra être acquise au bout d'un an rapportée à la quantité qui aurait pu être achetée au moment du placement. Le taux d'intérêt réel dépend donc de l'évolution des prix au cours de la durée du placement. Par exemple, si les prix augmentent davantage que le taux d'intérêt, la somme restituée à l'issue du placement a un pouvoir d'achat plus faible qu'elle n'en avait précédemment.

Ainsi, la rémunération réelle des placements peut être négative, si le taux d'inflation excède le taux d'intérêt nominal. Or si le taux d'intérêt nominal est affiché clairement au moment de la décision contractuelle (placement ou emprunt), le taux réel est une variable qui n'est pas directement observable mais dépend des anticipations des agents sur l'évolution ultérieure des prix.

Pour calculer le taux d'intérêt réel, on peut utiliser la relation établie par Irving Fisher en 1930, qui est toujours valable. Celle-ci stipule que le taux d'intérêt nominal est la somme du taux réel et du taux d'inflation anticipé. Par exemple, si le taux d'intérêt nominal est de 4 p. 100, l'inflation anticipée de 2 p. 100, le taux d'intérêt réel est alors de 2 p. 100. Une autre question est de savoir comment anticiper l'inflation. Sur un placement à court terme (moins d'un an), une méthode souvent utilisée consiste à prendre le dernier chiffre d'inflation publié. À plus long terme, cette hypothèse n'est guère viable, on peut lui préférer une moyenne des taux d'inflation observés sur les années précédentes ou les résultats d'un modèle prenant en compte l'ensemble de l'information disponible.

Les taux d'intérêt réels comportent nécessairement un élément d'incertitude lié à l'anticipation d'inflation. Les erreurs dans les anticipations peuvent entraîner des déboires pour les épargnants si l'inflation augmente brusquement pendant la durée du placement, ou de bonnes surprises dans le cas inverse.

La conception néo-classique du taux d'intérêt réel

Dans la théorie néo-classique (Eugen von Böhm-Bawerk, William Stanley Jevons, Irving Fisher), le taux d'intérêt réel a un rôle crucial, car il permet d'équilibrer l'épargne et l'investissement. Pour financer l'économie, un certain nombre d'agents, les épargnants, doivent accepter de prêter à d'autres agents, qui désirent dépenser pour investir. D'un côté, le taux d'intérêt réel a pour fonction de rémunérer les épargnants en échange de leur renoncement à la consommation présente. Il est donc justifié par une « préférence pour le présent » liée elle-même à l'incertitude sur la durée de vie humaine. Plus le taux d'intérêt réel est élevé, et plus les épargnants sont prêts à différer leur consommation aujourd'hui pour consommer davantage à la période suivante. L'épargne est donc une fonction positive du taux d'intérêt réel. De l'autre côté, les emprunteurs acceptent de payer un intérêt car ils prévoient un rendement de leur investissement, qui est supérieur au taux d'intérêt versé. Plus le taux d'intérêt est élevé, moins il y a de projets d'investissement considérés comme rentables après l'emprunt. L'investissement dépend donc négativement du taux d'intérêt réel. Le taux d'intérêt réel se détermine ainsi au croisement entre les deux courbes d'épargne et d'investissement : il doit être assez élevé pour attirer les épargnants et assez bas pour ne pas décourager les investisseurs.

Dans cette approche, le taux d'intérêt nominal est une simple résultante du taux d'intérêt réel, auquel on ajoute le taux d'inflation. Le taux d'inflation lui-même est déterminé indépendamment par la croissance de l'offre de monnaie.

Il est peu contestable que les décisions d'emprunt dépendent davantage du taux d'intérêt réel que du taux d'intérêt nominal. Si les taux réels sont bas, voire négatifs, les agents sont incités à s'endetter ; à l'inverse, des taux d'intérêt réels élevés ont tendance à décourager l'emprunt. Cependant, il est plus discutable de relier la décision d'épargne au taux d'intérêt. Les raisons d'épargner ne tiennent pas nécessairement au taux d'intérêt. Il peut s'agir d'une épargne dite de « précaution » destinée à se prémunir contre les aléas de l'existence comme le chômage. Dans ce cas, l'épargne ne dépend pas du taux d'intérêt réel, mais seulement du revenu, comme le pensait John Maynard Keynes. La conception du taux d'intérêt est alors bien différente.

L'approche keynésienne du taux d'intérêt nominal

Dans la théorie keynésienne, c'est le taux d'intérêt nominal qui est le plus important, et le taux d'intérêt réel n'en est qu'une résultante. Les ménages décident par précaution d'allouer une partie de leur revenu à l'épargne, sans prendre en compte le niveau du taux d'intérêt. Ils cherchent ensuite des placements sûrs, qui leur permettent d'en disposer le moment voulu. Dans cette recherche, ils manifestent toujours une « préférence pour la liquidité », sachant qu'un placement « liquide » est disponible à tout moment, sans risque de perte en capital. En l'absence de taux d'intérêt, les épargnants se tourneraient spontanément vers la forme ultime de la liquidité, qui est la monnaie fiduciaire (billets et pièces) ; cela conduirait à une thésaurisation, néfaste à l'économie. Les taux d'intérêt sont là pour les en dissuader et les inciter à diriger leur épargne vers des formes plus productives pour la société. Plus le taux d'intérêt est élevé, plus les agents acceptent de renoncer à leur préférence pour la liquidité, pour acquérir des titres.

Dans cette conception, le taux d'intérêt se forme dans la sphère monétaire et financière, et non dans la sphère réelle. Il résulte de l'arbitrage entre monnaie et titres, la demande de monnaie dépendant négativement du taux d'intérêt. Le contrôle de l'offre de monnaie permet donc de régler le taux d'intérêt. En effet, si l'offre de monnaie augmente, Keynes supposant à l'inverse des néo-classiques qu'il n'y aura guère de variations de prix à court terme, l'équilibre entre offre et demande de monnaie se rétablira par une baisse des taux d'intérêt, qui rendra les titres moins attrayants par rapport à la monnaie (et éventuellement aussi par une hausse de la demande). Cette conception monétaire du taux d'intérêt a maintenant triomphé, au moins pour expliquer la formation des taux d'intérêt à court terme. D'où l'importance de la politique monétaire dans la fixation de ces taux d'intérêt.

Les taux d'intérêt à court terme et la politique monétaire

L'essentiel de la politique monétaire des banques centrales consiste à contrôler les taux d'intérêt sur le marché monétaire. Comme les liquidités échangées sur ce marché le sont sur des périodes très courtes (principalement à moins de trois mois), les taux d'intérêt à court terme sont ainsi déterminés par les banques centrales.

Les taux du marché monétaire

La première fonction du marché monétaire est de permettre aux institutions financières d'obtenir le refinancement en liquidité ou « monnaie centrale » nécessaire à leur activité. Cette « monnaie centrale » répond à trois besoins : faire face à leurs obligations de réserves obligatoires, aux retraits en billets de leur clientèle et à la compensation entre banques dans le système des paiements interbancaires. Les banques centrales interviennent sur le marché interbancaire de façon à fournir cette liquidité aux banques.

Par exemple, la Banque centrale européenne (B.C.E.) intervient principalement de deux manières : soit en accordant (ou en acceptant) des prêts à la demande des banques, dans le cadre des « facilités permanentes », soit en conduisant des opérations dites d'open market, qui visent à gérer globalement la liquidité bancaire. Les taux directeurs de la B.C.E. correspondent à ces deux types d'intervention. Ces taux fixes sont déterminés par la banque centrale et leur changement constitue une décision importante de politique monétaire.

Les facilités permanentes permettent aux banques d'emprunter (ou de déposer) des fonds auprès de la banque centrale à un taux fixé à l'avance par la banque centrale de manière discrétionnaire. Pour obtenir de la liquidité, les banques ont recours aux facilités de prêts. Comme leur montant n'est pas contingenté et que toutes les banques peuvent les utiliser, leur taux constitue un plafond pour les taux d'intérêt interbancaire du marché au jour le jour, dit Eonia (european overnight index average). De même, comme il existe des facilités de dépôts non contingentées, leur taux d'intérêt forme un plancher pour le marché interbancaire au jour le jour. Ainsi les taux des facilités permanentes fixent les bornes d'un corridor dans lequel évoluent les taux interbancaires.

Les interventions des banques centrales sur l'open market prennent principalement la forme de prises en pension (ou repurchase agreements ou repo). Par les prises en pension, le prêteur fournit temporairement des liquidités contre des titres, qui sont restitués à l'emprunteur à l'échéance. Ces opérations sont réalisées par appel d'offres, les fonds étant alloués aux banques proposant les taux d'intérêt les plus élevés. Le taux directeur de la B.C.E. est le taux de soumission minimal à ces appels d'offre. C'est un taux fixe, dont les variations sont décidées lors d'un Conseil des gouverneurs, en raison de la situation économique. Aux États-Unis, le taux des fonds fédéraux (federal funds) joue un rôle analogue. La décision de faire varier ce taux est l'une des plus importantes de la politique monétaire.

Dans certains pays comme les États-Unis, il existe un autre taux directeur fixé par la banque centrale, qui est le taux de réescompte. Ce mode de refinancement est octroyé à l'initiative des banques mais, contrairement aux autres avances de la banque centrale, son accès est contingenté. Aux États-Unis par exemple, le réescompte est limité aux situations de détresse bancaire, si bien que son taux n'a pas une incidence majeure mais seulement un rôle de signal.

Les banques centrales ne fixent donc que trois ou quatre taux directeurs du marché monétaire, et ces taux ne varient que de manière épisodique. Le reste des taux résultent de l'offre et la demande. Cependant, en intervenant régulièrement, les banques centrales modifient les conditions de l'offre et la demande sur le marché interbancaire, de façon à en contrôler les taux. Les taux interbancaires aux différentes maturités Euribor (european interbank offered rate) à un deux ou trois mois, s'en trouvent affectés. Il en est de même par arbitrage pour les autres segments du marché monétaire au sens large, comme les bons du Trésor ou les billets de trésorerie des entreprises.

La réaction de la banque centrale aux conditions économiques

Une autre question est de savoir sur quels critères les banques centrales prennent leurs décisions de faire varier les taux d'intérêt. Pour y répondre, il faut traiter séparément les pays à change flottant, comme la zone euro et les États-Unis, et les pays à taux de change fixe, où le taux d'intérêt est manié exclusivement de façon à maintenir le taux de change, et sur lesquels nous reviendrons plus loin (cf. Les liaisons internationales de taux d'intérêt).

Dans les pays à change flottant, la gestion du taux d'intérêt vise deux objectifs ultimes : maintenir la stabilité du pouvoir d'achat de la monnaie et favoriser la croissance économique. Même si l'importance respective accordée à chacun de ces deux objectifs peut varier d'un pays à l'autre, ils se retrouvent dans tous les pays. Si l'inflation augmente au-delà de la limite acceptable, une hausse des taux d'intérêt permet de réduire la demande de crédit, ce qui entraînera un ralentissement de la consommation et de l'investissement. La baisse de la demande qui en résulte contribuera à faire baisser l'inflation. En sens inverse, si l'inflation est contenue et que l'activité économique donne des signes de faiblesse, une baisse des taux d'intérêt permet de stimuler l'activité, en poussant les agents à emprunter pour dépenser.

La politique monétaire repose donc sur le fait qu'il existe des mécanismes de transmission entre les taux d'intérêt, d'une part, l'inflation et la croissance, d'autre part. Or, même si le sens des causalités est clair, l'ampleur de la réaction de la demande aux variations des taux d'intérêt est incertaine, et les effets ne sont pas instantanés. Il faut en général deux ans pour obtenir l'effet maximal attendu sur les prix. D'où la nécessité d'anticiper les évolutions d'inflation et de croissance afin d'agir le plus rapidement possible et les débats intenses qui entourent toute décision de faire varier les taux.

D'une manière générale, les hausses ou les baisses des taux d'intérêt sont pratiquées à dose homéopathique. Il est rare que les taux directeurs varient de plus de 0,25 point en une fois. Une hausse est généralement suivie d'une série d'autres hausses, et il en est de même pour les baisses. Cette politique permet au marché de s'adapter progressivement et de mieux anticiper la direction ultérieure des nouvelles variations de taux d'intérêt.

Les taux d'intérêt à long terme

Les taux d'intérêt à long terme se forment selon l'offre et la demande sur le marché obligataire, les banques centrales n'intervenant pas sur ce marché. Les entreprises et les États empruntent des fonds sur ce marché, principalement sur des maturités allant de 5 à 30 ans ; les épargnants, ménages, fonds de pension, investisseurs financiers y placent leurs fonds, en espérant un rendement plus élevé que sur le court terme.

Le lien entre taux d'intérêt et prix des obligations

Une obligation est un titre de dette émis à maturité longue, par exemple 10 ou 20 ans, et qui rapporte chaque année un intérêt dit « coupon ». Le coupon versé dépend des taux d'intérêt du marché au moment de l'émission. Lorsque les taux d'intérêt se modifient, le prix de l'obligation fluctue. Supposons une obligation de valeur faciale de 100 euros, de maturité de 10 ans par exemple, qui donne droit à recevoir un versement de 5 euros par an : son taux de rendement à l'émission est donc de 5 p. 100. Supposons que peu après l'émission, le taux d'intérêt des obligations à 10 ans ait augmenté, si bien que les emprunteurs doivent maintenant proposer un taux de 6 p. 100 pour arriver à lever des fonds. Notre obligation devient alors moins intéressante pour les épargnants, et sa revente sur le marché secondaire est soumise à une décote. Au lieu de valoir 100 euros comme précédemment, son prix baissera de façon à ce que son achat aujourd'hui procure exactement le même rendement que les 6 p. 100 du marché. Les prix des obligations dépendent donc négativement des taux d'intérêt et varient continûment de façon à ajuster exactement les rendements aux conditions de l'ensemble du marché. Ces conditions dépendent de l'arbitrage avec les marchés de court terme.

La théorie des anticipations

L'évaluation des prix d'actifs repose toujours sur le principe de l'arbitrage. L'arbitrage est une opération qui vise à réaliser un profit en tirant parti de la différence entre les rendements attendus sur les différents placements. En l'absence d'aversion pour le risque, ces opérations pratiquées par un grand ensemble d'agents conduisent à égaliser les rendements attendus entre les différents actifs. Si un placement était considéré plus rentable qu'un autre, tous les agents se le procureraient, ce qui ferait monter son prix et baisser son rendement, jusqu'à rétablir la parité.

Il en est de même entre le taux des obligations et les taux courts. Considérons le rendement d'une obligation d'un État, dont le risque de non-remboursement est négligeable, et des agents neutres vis-à-vis du risque. Dans ce cas, le rendement annuel d'une obligation de maturité n années doit être égal au rendement moyen anticipé obtenu en plaçant la même somme à court terme pendant n années consécutives.

Dans cet arbitrage, un terme est connu aujourd'hui – le taux de rendement de l'obligation sur n années, mais l'autre est inconnu : personne ne sait en effet ce que sera le taux à court terme dans les prochaines années. Ce terme doit donc être anticipé. Ainsi, le taux d'intérêt d'une obligation à n années est égal à la moyenne des taux à 1 an anticipés pour les n années suivantes.

Ce raisonnement est valable à toutes les maturités et toutes les périodes : un placement à 1 an doit aussi rapporter le même rendement anticipé qu'un placement renouvelé sur le marché monétaire chaque mois pendant un an. Comme les taux d'intérêt à court terme sont déterminés par la politique monétaire, les anticipations des taux à court terme reviennent à prévoir ce que sera la politique monétaire dans les périodes futures. Les intervenants de marchés suivent donc assidûment les déclarations des banques centrales, pour décrypter leur stratégie future.

La prime de terme

Si on lève l'hypothèse de neutralité vis-à-vis du risque, il ne suffit plus d'égaliser les rendements espérés des différents placements, il faut aussi compenser le risque supporté par les épargnants. Or, même pour une obligation sans risque de défaut, le détenteur du titre supporte un risque, puisque la valeur de son placement varie selon le taux d'intérêt. Dans ce cadre, le taux d'intérêt d'une obligation à n années est bien égal à ce que nous avons dit précédemment – la moyenne des taux à 1 an sur les n années suivantes – mais il lui faut ajouter une « prime de terme » positive.

La prime de terme compense l'investisseur contre le risque lié à la durée d'immobilisation de ses fonds. Elle augmente donc avec la maturité du placement. Elle peut aussi dépendre de la volatilité des taux d'intérêt, qui accroît le risque de taux. Dans la réalité, la prime de terme est difficile à mesurer, car elle n'est pas directement observable, puisque les anticipations ne le sont pas. Son existence même a été remise en question au début des années 2000 aux États-Unis, car les taux longs y sont restés étonnamment bas par rapport aux taux courts.

La courbe des taux

La « structure par terme » des taux d'intérêt est définie par l'ensemble des taux observés à un moment donné pour une même catégorie d'emprunt sur toutes les maturités proposées. Elle est illustrée visuellement par la « courbe des taux », construite en mettant en abscisse les maturités, de 1 jour à 30 ans par exemple, et en ordonnée les taux d'intérêt à ces différentes maturités. On peut la tracer pour un emprunteur donné (par exemple un État) ou en moyenne sur un ensemble de titres.

Dans le cas standard, où peu de variations de taux d'intérêt sont attendues, le taux d'intérêt à long terme est plus grand que le taux d'intérêt à court terme en raison de l'existence d'une prime de terme positive. La forme standard de la courbe des taux est donc croissante. Il peut arriver, cependant, qu'elle soit décroissante, les taux longs étant inférieurs aux taux courts. On parle alors de courbe « inversée ». Certains travaux ont montré qu'une courbe des taux inversée est un signe annonciateur d'une récession économique. En effet, elle témoigne d'une anticipation de baisse des taux courts. Or les baisses de taux courts sont généralement pratiquées par les banques centrales pour tenter de contrer les récessions.

Les dérivés de taux d'intérêt

Les marchés dérivés de taux permettent de se couvrir contre le risque de variation des taux d'intérêt, ou de spéculer sur leur évolution future. Les plus simples sont les contrats à terme de taux d'intérêt. Comme tous les contrats à terme, ils consistent à fixer aujourd'hui le prix (ici le taux d'intérêt) demandé pour une transaction future. Les taux à terme correspondent aux taux anticipés par les agents pour les périodes futures. Ils sont liés à la courbe des taux, puisque celle-ci reflète aussi les anticipations. Il existe deux types d'instruments sur les taux à terme : les contrats de taux d'intérêt à terme (aussi appelés forward rate agreements ou F.R.A.) et les futures. Les futures sont les plus importants, car ce sont des contrats standardisés. Les swaps de taux d'intérêt sont aussi des instruments très utilisés par les entreprises pour obtenir de meilleures conditions d'emprunt. Ils consistent à échanger les conditions d'un emprunt à taux variable et à taux fixe.

Les « spreads » de taux d'intérêt

Les taux d'intérêt appliqués aux emprunts des entreprises sont généralement différents de ceux consentis aux États. Ils incorporent une prime de risque supplémentaire, ou spread, qui varie selon la fiabilité des emprunteurs. Le spread peut être défini comme l'écart entre le taux d'intérêt d'un emprunt donné et un taux dit de référence sur la même maturité. Il compense le risque de défaut de l'emprunteur, c'est-à-dire le risque que l'emprunt ne soit pas servi aux conditions prévues dans le contrat.

Le taux de référence du marché

Les taux de référence, ou taux sans risque, dans une monnaie donnée, sont généralement ceux des emprunts d'État. Les États sont, en effet, considérés comme les emprunteurs les plus sûrs du marché, lorsqu'ils s'endettent dans leur propre monnaie. En effet, la probabilité pour que les emprunts d'État en monnaie locale ne soient pas remboursés est faible, puisqu'en cas de menace d'insolvabilité, un État peut faire appel à l'impôt, voire demander à la banque centrale de le renflouer pour éviter la crise. Ainsi, les États bénéficient généralement des taux d'intérêt les plus bas du pays lorsqu'ils s'endettent dans leur propre monnaie. Leurs taux servent de référence aux autres emprunteurs. Le taux des obligations d'État est considéré comme le taux de référence sur le marché obligataire, celui des bons du Trésor, pour les emprunts à court terme.

Lorsqu'un État s'endette en devises, au contraire, son taux n'est plus une référence. L'histoire récente est ponctuée de crises, où des États font défaut sur leur dette en devises (par exemple, l'Argentine au début des années 2000). L'État empruntant en devises se voit donc appliquer un spread de taux, le taux de référence étant alors celui de l'État émetteur de la devise. Le taux des obligations de l'État américain sert ainsi de référence au calcul des taux d'intérêt payés par les pays émergents, pour leurs emprunts en dollars.

Le risque de défaut

Le « défaut » d'un emprunteur est défini soit par le retard ou l'absence de paiement des intérêts ou du principal, soit par un rééchelonnement ou une restructuration de la dette imposés aux créditeurs. Dans tous ces cas, la créance est fortement dévalorisée. Comme le spread compense le risque de défaut, plus le défaut est probable, plus le spread est élevé.

Le spread dépend donc positivement de la probabilité de défaut. Il dépend aussi de la perte encourue en cas de défaut, ou du « taux de recouvrement ». En effet, en cas de défaut, la valeur de la créance ne tombe pas à zéro. Une partie de la dette peut être recouverte, soit au moment de la liquidation de l'entreprise, soit sur le marché secondaire, hautement spéculatif, des créances en défaut. Au total, le rendement sur un placement risqué est égal soit au taux de recouvrement s'il y a défaut, soit à son taux d'intérêt, sinon. Si on fait la moyenne entre ces deux situations, le rendement moyen du placement « dit espéré », n'est donc pas égal au taux d'intérêt affiché sur l'emprunt, mais lui est inférieur.

Comme tous les prix d'actifs, le taux d'intérêt sur un emprunt risqué et le taux sans risque sont liés par les lois de l'arbitrage. Les rendements espérés sur les deux placements sont donc égaux, pour les mêmes maturités, en l'absence d'aversion au risque. Avec ce raisonnement, on trouve que le spread est à peu près égal à la probabilité de défaut de l'emprunteur multipliée par la perte encourue en cas de défaut (elle-même égale à 1 moins le taux de recouvrement).

Le rôle des agences de notation

Le taux d'intérêt dépend donc du risque de défaut de l'emprunteur. Or évaluer ce risque demande du temps et des ressources, ce qui est hors de portée de la plupart des investisseurs. C'est pourquoi les investisseurs s'en remettent à des organismes indépendants, les agences de notation. Leur rôle est d'évaluer le risque de défaut des emprunteurs présents sur les marchés internationaux, que ce soient les grandes entreprises ou les États. Les trois principales sont Standard & Poors' et Moody's, les grandes agences américaines créées au début du xxe siècle, auxquelles s'ajoute une agence européenne, Fitch, créée à la fin des années 1990. Bien qu'elles soient régulièrement critiquées pour leurs erreurs d'évaluation, leur notation est déterminante dans la formation du spread de taux. L'emprunteur noté AAA, qui présente un risque de défaut minimal, peut lever des fonds à un taux d'intérêt bien inférieur à celui appliqué à des emprunteurs moins bien notés. Les écarts entre les taux d'intérêt sur les différentes notations ne sont pas fixes, mais fluctuent au cours du temps selon les conditions du marché et l'aversion pour le risque des investisseurs.

Les liaisons internationales de taux d'intérêt

Les arbitrages sur les marchés internationaux conduisent à égaliser les rendements attendus des placements (et des emprunts) sur les différentes monnaies. Par exemple, des placements en euro, en dollar ou en peso mexicain ont théoriquement un rendement attendu équivalent.

La parité des taux d'intérêt non couverte

Considérons l'arbitrage entre deux placements à un an sans risque de défaut sur deux monnaies, l'euro ou le dollar. Un investisseur européen, par exemple, peut placer ses fonds en euros, ce qui lui rapporte le taux d'intérêt sur l'euro. Il peut aussi décider d'investir en dollar en prenant un risque de change. Cette option sera particulièrement rentable si le dollar s'apprécie sur la période. Son placement lui rapporte alors le taux d'intérêt sur le dollar plus l'appréciation du dollar vis-à-vis de l'euro sur la période (ou moins sa dépréciation). Comme l'arbitrage égalise les rendements anticipés entre les deux placements, l'écart de taux d'intérêt entre les deux monnaies doit compenser les variations attendues du change. Le taux d'intérêt sur l'euro doit donc être égal au taux d'intérêt américain plus l'appréciation du dollar anticipée sur la période.

Cette relation est dite de « parité des taux d'intérêt non couverte », car elle porte sur des placements sans couverture du risque de change. Elle est valable dès lors que les capitaux sont mobiles entre les pays et qu'il n'y a pas d'aversion pour le risque. Elle relie l'ensemble des taux d'intérêt et des anticipations de taux de change entre les monnaies. La parité est une relation ex ante, portant sur des anticipations. Elle n'est jamais vérifiée ex post, car la variation des taux de change est toujours différente de l'anticipation qui en était faite, ne serait-ce qu'en raison des nouvelles qui surviennent en cours de période. Les conséquences de la parité des taux d'intérêt non couverte sont bien différentes en change fixe et en change flottant.

Les conséquences en change fixe et en change flottant

Dans les pays à taux de change fixe, les banques centrales doivent fixer le taux d'intérêt de façon à ajuster la parité. C'est le cas de petits pays, autour de la zone euro, comme les nouveaux membres de l'Union européenne. Par exemple, dans un pays qui fixe sa monnaie par rapport à l'euro, le taux d'intérêt doit être égal à celui de la zone euro plus la dépréciation anticipée du taux de change contre euro. Si le taux de change fixe est parfaitement crédible, il suffit au pays d'adopter le même taux d'intérêt que l'euro. Si, comme cela est souvent le cas, les agents anticipent qu'il peut y avoir une dévaluation, le taux d'intérêt doit être fixé à un niveau supérieur à celui de la zone euro, pour compenser la dépréciation attendue. Dans les deux cas, la fixation des taux d'intérêt est complètement déterminée par la politique monétaire du pays dont la monnaie sert d'ancre et par les anticipations du marché. Elle est donc entièrement contrainte par l'objectif de change.

Lorsque les changes sont flottants, au contraire, les taux d'intérêt sont fixés en fonction des objectifs internes, inflation et croissance. C'est le cas des grands pays, comme la zone euro, des États-Unis, du Japon. La parité des taux d'intérêt reste valable, mais c'est le taux de change qui s'ajuste aux variations des taux d'intérêt. Une hausse des taux d'intérêt dans un pays apprécie son taux de change, toutes choses égales par ailleurs, en attirant davantage de capitaux ; à l'inverse, une baisse des taux d'intérêt provoque une dépréciation de la monnaie.

—  Virginie COUDERT

Bibliographie

M. Aglietta, Macroéconomie financière, coll. Repères, La Découverte, Paris, 2004

Banque centrale européenne, La Politique monétaire de la B.C.E., 2004, www.ecb.int/pub/pdf/other/politiquemontaire2004fr.pdf

A. Bénassy-Quéré, L. Boone & V. Coudert, Les Taux d'intérêt, coll. Repères, La Découverte, 2003

H. de la Bruslerie, Gestion obligataire, Economica, Paris

F. Mishkin, Monnaie, banque et marchés financiers, Pearson Education, 2004.

Écrit par :

  • : conseiller scientifique, direction de la stabilité financière, Banque de France, professeur associé, université de Paris-XIII

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Dans le chapitre « Anticipations et ajustements macroéconomiques »  : […] Les principales fonctions de comportement sont, d'une manière ou d'une autre, influencées par les anticipations. Ainsi la consommation des ménages dépend moins de leur revenu courant que du revenu « normal » anticipé pendant un certain horizon temporel (revenu « permanent »), voire du revenu moyen anticipé pendant la durée de vie (théorie du « cycle vital »). L'investissemen […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/anticipations-economie/#i_8732

BANQUE - La crise des subprimes et le système bancaire

  • Écrit par 
  • Paul LAGNEAU-YMONET, 
  • Angelo RIVA
  •  • 2 874 mots

Dans le chapitre « Retournement du marché immobilier »  : […] La création pléthorique et incontrôlée de liquidités a amorcé des bulles spéculatives sur des marchés toujours plus dérégulés et interconnectés comme celui des actions, des matières premières, des dérivés de crédit et de l'immobilier. Le retournement de ce dernier, aux États-Unis, a déclenché la crise. Si les perspectives démographiques des États-Unis ont pu soutenir la tendance haussière des pri […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/banque-la-crise-des-subprimes-et-le-systeme-bancaire/#i_8732

BANQUES CENTRALES

  • Écrit par 
  • Sylvie DIATKINE
  •  • 6 873 mots
  •  • 1 média

Dans le chapitre « Objectifs et instruments de la politique monétaire »  : […] Les banques centrales mènent leur politique monétaire en déterminant leurs objectifs quantitatifs et les instruments pour les atteindre. On distingue tout d'abord les objectifs finaux qui correspondent à des variables macroéconomiques sur lesquelles veut agir la politique monétaire : stabilité des prix de biens ou d'actifs, croissance économique, plein-emploi et équilibre ex […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/banques-centrales/#i_8732

CANADA - Réalités socio-économiques

  • Écrit par 
  • Ludger BEAUREGARD, 
  • Alain PAQUET, 
  • Henri ROUGIER
  •  • 16 613 mots
  •  • 11 médias

Dans le chapitre « Une économie très ouverte sur l'extérieur »  : […] L'économie du Canada est largement ouverte sur l'extérieur. Bien que cette caractéristique ne soit pas nouvelle, particulièrement vis-à-vis des États-Unis, plusieurs traités de libre-échange bilatéraux et multilatéraux l'ont accentuée. En janvier 1989, l'Accord de libre-échange Canada - États-Unis (ALE) élargissait le cadre des échanges commerciaux entre les deux pays, visant la suppression progr […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/canada-realites-socio-economiques/#i_8732

CHANGE - Les opérations de change

  • Écrit par 
  • Henri BOURGUINAT, 
  • Gunther CAPELLE-BLANCARD
  •  • 7 002 mots
  •  • 2 médias

Dans le chapitre « L'égalité du différentiel de change et du différentiel d'intérêt »  : […] Cette égalité entre le différentiel de change et le différentiel d'intérêt est centrale pour l'équilibre des opérations et, au-delà, pour comprendre le fonctionnement du marché des changes tout entier. Si l'on définit le différentiel de change comme l'écart entre le cours à terme et le cours au comptant calculé en pourcentage annualisé (taux de déport ou de report de la devise), on démontre qu'il […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/change-les-operations-de-change/#i_8732

CHANGE - Les régimes de change

  • Écrit par 
  • Patrick ARTUS
  •  • 6 878 mots
  •  • 5 médias

Dans le chapitre « La crise argentine de 1998-2000 »  : […] Le cas de l'Argentine est important, puisque c'est un des pays à avoir choisi un currency board vis-à-vis du dollar à cette époque. Le système était différent de celui des pays émergents d'Asie qui avaient simplement opté pour un ancrage sur le dollar, sans règle particulière en ce qui concerne la politique monétaire : on avait ici un lien rigide pré-annoncé entre les taux d […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/change-les-regimes-de-change/#i_8732

CHANGE - L'intégration monétaire européenne

  • Écrit par 
  • Christian BORDES
  •  • 14 236 mots
  •  • 6 médias

Dans le chapitre « La prise du pouvoir monétaire par la Bundesbank et l'Europe monétaire en crise »  : […] Un calendrier précis est fixé pour le passage à la monnaie unique. La première étape entre en vigueur le 1 er  juillet 1990 pour s'achever le 1 er  janvier 1994. « Les États membres [y] considèrent leurs politiques économiques comme une question d'intérêt commun et les coordonnent au sein du Conseil [...] . Afin d'assurer une coordination plus étro […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/change-l-integration-monetaire-europeenne/#i_8732

CRÉDIT

  • Écrit par 
  • Jean-Jacques BURGARD
  •  • 5 231 mots
  •  • 2 médias

Dans le chapitre « Le prix du crédit »  : […] Le niveau moyen des taux d'intérêt s'explique sur le plan économique à partir de ses composantes : le coût des ressources des banques, matière première qu'elles transforment, la marge qu'elles ajoutent à ce coût pour financer leurs dépenses de fonctionnement, les impôts qu'elles paient et le bénéfice qu'elles réalisent. Les banques sont bien entendu soumises au droit commun : liberté des prix d'u […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/credit/#i_8732

CREDIT RATIONING IN MARKETS WITH IMPERFECT INFORMATION, J. Stiglitz et A. Weiss - Fiche de lecture

  • Écrit par 
  • Catherine REFAIT
  •  • 977 mots

Dans le chapitre « L'asymétrie d'information à l'origine du rationnement du crédit »  : […] Pourquoi les banques n'augmentent-elles pas le taux d'intérêt auquel elles prêtent si, au taux proposé, leur offre est inférieure à la demande des entreprises ? La justification envisagée par Stiglitz et Weiss met en avant l'asymétrie d'information qui existe entre la banque et l'entreprise : la banque est supposée incapable de connaître les caractéristiques de l'investissement entrepris par son c […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/credit-rationing-in-markets-with-imperfect-information/#i_8732

CRISE DE LA DETTE DES P.V.D.

  • Écrit par 
  • Marie-France BAUD-BABIC
  •  • 395 mots

En août 1982, le Mexique se trouve dans l'impossibilité de faire face à ses engagements financiers, notamment vis-à-vis de banques commerciales américaines, telles que la Chase Manhattan Bank et la City Bank. Déclarer le pays en état de cessation de paiement revenait à déclarer plusieurs établissements bancaires internationaux en faillite virtuelle. Dès lors, la crise de l'endettement des pays en […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/crise-de-la-dette-des-p-v-d/#i_8732

CRISE DES SUBPRIMES

  • Écrit par 
  • Dominique PLIHON
  •  • 5 431 mots
  •  • 1 média

Dans le chapitre « Les quatre phases de la crise »  : […] La crise débute par un effondrement du marché de l'immobilier des États-Unis à partir de l'été de 2007. De 1996 à 2006, le prix de l'immobilier résidentiel a triplé. Cette bulle immobilière a explosé à partir de 2007 avec l'augmentation des taux de défaut de remboursement des prêts par les ménages. Ce retournement brutal a été provoqué par le changement de cap de la politique monétaire de la banq […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/crise-des-subprimes/#i_8732

CRISE DES SUBPRIMES, en bref

  • Écrit par 
  • Arnaud BALVAY
  •  • 309 mots

La crise des subprimes est une crise financière qui toucha les États-Unis à partir de juillet 2007 et qui se diffusa dans le monde entier. Les subprimes sont des prêts immobiliers dont le taux d'intérêt varie en fonction de la valeur du bien qu'ils ont permis d'acheter : plus celui-ci vaut cher, et plus les intérêts que paie l'emprunteur sont bas. Qua […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/crise-des-subprimes-en-bref/#i_8732

CRISES FINANCIÈRES - Instabilité financière

  • Écrit par 
  • Dominique PLIHON
  •  • 7 126 mots

Dans le chapitre « L'instabilité et les crises financières au cœur du capitalisme »  : […] Une approche plus radicale, qualifiée d'« hypothèse d'instabilité financière », a été proposée par Hyman Minsky (1982) pour qui les crises sont endogènes au fonctionnement de l'économie capitaliste. Minsky raisonne dans le cadre d'une économie où, contrairement aux hypothèses des théoriciens de l'efficience, les comportements financiers des agents sont « naturellement » déstabilisants. Minsky rel […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/crises-financieres-instabilite-financiere/#i_8732

CRISES FINANCIÈRES - Krachs boursiers

  • Écrit par 
  • Christophe BOUCHER
  •  • 4 280 mots
  •  • 13 médias

Dans le chapitre « L'intervention des autorités monétaires et la détection des bulles spéculatives »  : […] Cet enchaînement n'est cependant pas inévitable si les autorités monétaires interviennent de manière forte et rapide. Ainsi, en octobre 1987, la Réserve fédérale (la banque centrale américaine) avait massivement injecté des liquidités. Entre 2001 et 2003, elle a fait passer les taux d'intérêt de 6,5 p. 100 à 1 p. 100. De 1929 à 1931, elle avait également réduit les taux d'intérêt de 6 p. 100 à 1, […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/crises-financieres-krachs-boursiers/#i_8732

DETTE PUBLIQUE

  • Écrit par 
  • Jean-Marc DANIEL
  •  • 3 090 mots
  •  • 1 média

Dans le chapitre «  Les justifications de l'endettement public »  : […] Si l'État ne peut s'endetter à l'infini et s'il ne sait jusqu'où il peut aller, pourquoi mener une politique dont on ignore les limites ? La politique de dépenses publiques élevées et de leur financement par l'emprunt trouve sa justification dans l'approche keynésienne qui repose sur trois idées-forces : – La dépense publique est plus efficace pour augmenter la production que la dépense privée. Dè […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/dette-publique/#i_8732

DOLLAR

  • Écrit par 
  • Dominique LACOUE-LABARTHE
  •  • 11 210 mots
  •  • 2 médias

Dans le chapitre « La volatilité du dollar »  : […] Au début de la phase de flottement des monnaies, de 1973 à 1975, le dollar connaît deux chutes prononcées suivies de remontées à peu près équivalentes. De 1976 à 1978, la chute du dollar est générale contre toutes les monnaies, de 13 à 45 p. 100 respectivement vis-à-vis du franc et du yen. La dépréciation se justifie face à la concurrence de l'Allemagne et du Japon, mais elle est insuffisante pour […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/dollar/#i_8732

DRAGHI MARIO (1947- )

  • Écrit par 
  • Jean-Marc DANIEL
  •  • 1 041 mots
  •  • 1 média

Dans le chapitre « Aux commandes de la BCE »  : […] Mario Draghi exerce la présidence de la BCE à partir de novembre 2011. La première année est chaotique. Il est soumis à de nombreuses critiques, en particulier de la part de ceux qui s’interrogent sur son passage chez Goldman Sachs. Son heure de gloire arrive le 26 juillet 2012. Le sommet des chefs d’État européens vient de se conclure, non sans grande difficulté, sur la décision de principe des p […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/mario-draghi/#i_8732

ÉCONOMIE (Histoire de la pensée économique) - Keynésianisme

  • Écrit par 
  • Olivier BROSSARD
  •  • 8 210 mots

Dans le chapitre « Principes de fonctionnement des relances monétaires et budgétaires »  : […] " : PROPOSITION D'UNE INTERPRETATION, John R. Hicks" > L'analyse et la mise en œuvre des politiques de relance keynésienne se situent, le plus couramment, dans le cadre du schéma d'interprétation de la Théorie générale qui fut proposé par John Hicks en 1937 dans son article « Mr. Keynes and the Classics ». Dans cette interprétation, connue sous le nom de « modèle IS/LM/DG/O […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/economie-histoire-de-la-pensee-economique-keynesianisme/#i_8732

ÉCONOMIE MONDIALE - 2018 : croissance, restrictions commerciales et argent plus cher

  • Écrit par 
  • Jean-Pierre FAUGÈRE
  •  • 4 037 mots
  •  • 7 médias

Dans le chapitre « États-Unis, croissance et hégémonie »  : […] La croissance des États-Unis est au plus haut, dopée par les baisses massives d’impôts pour les entreprises américaines. Mais cette croissance et une situation de plein emploi sur une longue période se conjuguent avec un certain nombre d’inquiétudes : progrès du protectionnisme, virage de la politique monétaire, colossaux « déficits jumeaux » (déficit public et déficit de la balance des opérations […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/economie-mondiale-2018-croissance-restrictions-commerciales-et-argent-plus-cher/#i_8732

ÉCONOMIE MONDIALE - 2013 : une croissance mondiale apathique

  • Écrit par 
  • Axel MARMOTTANT
  •  • 3 274 mots
  •  • 5 médias

Dans le chapitre « Vers une union bancaire européenne »  : […] Globalement, les conditions de financement des États sont plus favorables en 2013 qu’en 2012. Les taux d’obligations souveraines des pays formant le cœur de la zone euro (Allemagne, France, Pays-Bas, Finlande, Belgique) augmentent au cours de l’année, pour s’établir aux environs de 2 p. 100 (en raison des perspectives de resserrement monétaire aux États-Unis et de la reprise des activités au secon […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/economie-mondiale-2013-une-croissance-mondiale-apathique/#i_8732

ÉCONOMIE MONDIALE - 2007 : zone de turbulences

  • Écrit par 
  • Nicolas SAGNES
  •  • 3 034 mots

Dans le chapitre « Le ballet des changes  »  : […] Sur le front des taux de change, l'année 2007 aura été marquée par le repli des stratégies dites de carry trade et la forte dépréciation de la devise américaine. Une stratégie dite de carry trade consiste à s'endetter dans une devise à faible taux d'intérêt (le yen par exemple) et à placer les fonds empruntés dans une autre devise à taux d'intérêt plu […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/economie-mondiale-2007-zone-de-turbulences/#i_8732

ÉCONOMIE MONDIALE - 2005 : un rebond confirmé malgé tout

  • Écrit par 
  • Nicolas SAGNES
  •  • 3 256 mots
  •  • 2 médias

Dans le chapitre « Un marché pétrolier sous tensions  »  : […] Le pétrole a connu une année flamboyante, dans un marché par ailleurs très volatil. En premier lieu, la demande mondiale de pétrole a continué d'être très forte, portée notamment par le boom chinois. Les capacités résiduelles de production se sont avérées trop réduites pour soulager les tensions sur l'offre. Certains pays producteurs ont connu divers problèmes, passagers comme le Venezuela et l' […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/economie-mondiale-2005-un-rebond-confirme-malge-tout/#i_8732

ÉCONOMIE MONDIALE - 2003 : une économie mondiale dans la tourmente

  • Écrit par 
  • Nicolas SAGNES
  •  • 2 956 mots
  •  • 1 média

Dans le chapitre « Les États-Unis ont été le fer de lance de la croissance »  : […] Rien au début de l'année ne laissait imaginer que l'activité américaine connaîtrait une telle accélération. Au cours de l'hiver, le produit intérieur brut (P.I.B.) avait progressé au rythme annualisé de 2 p. 100 : une performance significative, mais au-dessous du rythme potentiel de l'économie américaine (celui qui serait atteint si tous les moyens de production – emploi et capital – étaient ple […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/economie-mondiale-2003-une-economie-mondiale-dans-la-tourmente/#i_8732

ÉCONOMIE MONDIALE - 2001 : état de choc

  • Écrit par 
  • Jacques ADDA
  •  • 2 774 mots
  •  • 1 média

Dans le chapitre « L'onde récessive partie des États-Unis... »  : […] À l'issue de dix années de croissance, constituant la phase d'expansion la plus longue de l'histoire statistiquement connue des États-Unis, l'économie américaine est entrée en récession en mars 2001. Cette datation, issue des travaux du National Bureau of Economic Research (N.B.E.R., 2001), confirme que le retournement conjoncturel était déjà bien entamé avant les attentats du 11 septembre, qui on […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/economie-mondiale-2001-etat-de-choc/#i_8732

ÉCONOMIE MONDIALE - 2000 : vers un rééquilibrage de la croissance mondiale ?

  • Écrit par 
  • Jacques ADDA
  •  • 3 037 mots

Dans le chapitre « L'euro au plus bas, le pétrole au plus haut »  : […] La dépréciation de l'euro, qui a perdu en 2000 comme en 1999 près de 15 p. 100 de sa valeur vis-à-vis du dollar, fournit l'une des clés de l'évolution conjoncturelle européenne au cours de l'année écoulée. Cette dépréciation s'explique à la fois par des facteurs structurels (avance américaine dans les nouvelles technologies, résorption du retard d'internationalisation des firmes européennes), inst […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/economie-mondiale-2000-vers-un-reequilibrage-de-la-croissance-mondiale/#i_8732

ÉCONOMIE MONDIALE - 1999 : la fin des turbulences ?

  • Écrit par 
  • Jacques ADDA
  •  • 3 423 mots
  •  • 1 média

Dans le chapitre « L'inconnue américaine »  : […] L'économie américaine a poursuivi en 1999 sa croissance sur un rythme rapide, faisant de la phase d'expansion engagée en 1991 la plus longue jamais enregistrée aux États-Unis depuis l'établissement de comptes nationaux. Outre sa durée et son rythme, cette expansion se caractérise par une augmentation notable de la productivité du travail. Déjà perceptible dans les années 1980, celle-ci est devenu […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/economie-mondiale-1999-la-fin-des-turbulences/#i_8732

ÉCONOMIE MONDIALE - 1991 : une économie convalescente

  • Écrit par 
  • Tristan DOELNITZ
  •  • 8 560 mots

Dans le chapitre « Les raisons du ralentissement »  : […] Provoquée à la fois par les besoins supplémentaires – réformes économiques dans les pays de l'Est et en U.R.S.S., reconstruction des pays victimes de la guerre du Golfe – et par le ralentissement de l'épargne au cours des années fastes, la pénurie de capitaux a constitué, en 1991, le thème majeur du débat sur l'économie mondiale. Au mois de juin, le déficit en question a été évalué par le Japan Ce […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/economie-mondiale-1991-une-economie-convalescente/#i_8732

ÉCONOMIE MONDIALE - 1990 : de l'euphorie à la crainte

  • Écrit par 
  • Régis PARANQUE
  •  • 14 988 mots

Dans le chapitre « L'unification allemande »  : […] Le formidable besoin de capitaux ressenti par l'Allemagne pour assurer le développement de sa partie orientale libérée du communisme ainsi que les tensions inflationnistes qui paraissaient devoir inéluctablement en découler ont exercé des influences contradictoires sur l'attitude des marchés à l'égard du mark. Pour les uns, l'Allemagne serait obligée de relever considérablement ses taux pour drai […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/economie-mondiale-1990-de-l-euphorie-a-la-crainte/#i_8732

EMPRUNT PUBLIC

  • Écrit par 
  • Jean-Claude MAITROT
  •  • 860 mots

Longtemps considéré comme un procédé nocif auquel l'État ne devait avoir recours qu'exceptionnellement, l'emprunt occupe, aujourd'hui, une place importante, aux côtés du prélèvement fiscal, parmi les recettes publiques. Traditionnellement défini comme une prestation pécuniaire versée, en principe, à titre volontaire, en vertu d'un contrat et moyennant une contrepartie (remboursement, service d'int […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/emprunt-public/#i_8732

ESPAGNE (Le territoire et les hommes) - Économie

  • Écrit par 
  • Nacima BARON, 
  • Sabine LE BAYON
  •  • 8 405 mots
  •  • 9 médias

Dans le chapitre « Succès de l'intégration à la zone euro »  : […] Pour pouvoir intégrer la zone euro, l'Espagne met tout en œuvre pour respecter les critères de Maastricht, qui imposent une relative convergence nominale des futurs pays de cette zone monétaire intégrée. Les efforts de l'Espagne se révèlent payants, puisque, en 1997, elle respecte la plupart de ces critères (inflation, taux d'intérêt, parité de la monnaie et déficit public), à l'exception de celu […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/espagne-le-territoire-et-les-hommes-economie/#i_8732

ESSAI SUR LA NATURE DU COMMERCE EN GÉNÉRAL, Richard Cantillon - Fiche de lecture

  • Écrit par 
  • François ETNER
  •  • 1 561 mots

Dans le chapitre « Les lois du « commerce en général » »  : […] À bien des égards, les lois que Cantillon s'applique à déduire de son essai demeureront au cœur des analyses ultérieures, notamment celles de l'école classique. Le titre du chapitre X exprime la principale de ces lois : « Le prix ou la valeur intrinsèque d'une chose est la mesure de la quantité de terre et du travail qui entrent dans sa production. » L'expression emprunte à la valeur « intrinsèqu […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/essai-sur-la-nature-du-commerce-en-general/#i_8732

EURO

  • Écrit par 
  • Agnès BÉNASSY-QUÉRÉ
  •  • 6 229 mots
  •  • 4 médias

Dans le chapitre «  La dernière ligne droite »  : […] En 1992-1993, cependant, le S.M.E. connaît une crise sévère, liée à la réunification dans un contexte de libéralisation des mouvements de capitaux. Comme l’enseigne le triangle d’incompatibilité de Robert Mundell, la stabilité des taux de change est incompatible avec la parfaite mobilité des capitaux si les politiques monétaires se mettent à diverger. Or c’est ce qui se produit à la suite de la r […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/euro/#i_8732

FED (Federal Reserve System ou Système fédéral de réserve américain)

  • Écrit par 
  • Dominique LACOUE-LABARTHE
  •  • 8 548 mots
  •  • 1 média

Dans le chapitre « Une politique monétariste »  : […] Le 6 octobre 1979, le F.O.M.C., présidé par Paul Volcker (1979-1987), annonce une expérience de monétarisme intégral. L'agrégat monétaire étroit M1 (espèces, plus dépôts à vue) devient l'objectif intermédiaire unique. Le Fed en déduit la quantité nécessaire de réserves non empruntées. Les zones cibles pour déterminer le taux d'intérêt sur le marché monétaire sont abandonnées. Le taux doit donc s' […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/fed/#i_8732

FINANCE DE MARCHÉ - Marchés de capitaux

  • Écrit par 
  • Christian de BOISSIEU
  •  • 7 775 mots

Dans le chapitre « La couverture »  : […] Se couvrir, c'est fermer une position, c'est se mettre à l'abri d'une évolution défavorable (des changes, des cours de Bourse, etc.). La combinaison de positions opposées est au centre des comportements de couverture. Prenons le cas d'une banque française qui détient des dollars américains. Elle doit craindre une chute du billet vert. En position « longue » – elle détient une quantité d'actif sous […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/finance-de-marche-marches-de-capitaux/#i_8732

FINANCE DE MARCHÉ - Théorie des marchés financiers

  • Écrit par 
  • Emmanuelle GABILLON
  •  • 6 741 mots
  •  • 1 média

Dans le chapitre « Les modèles dynamiques »  : […] Le CAPM nous enseigne que l'espérance de rentabilité offerte par un actif financier dépend du taux d'intérêt sans risque, du bêta du titre et de la prime de risque du portefeuille de marché. Une variation des taux d'intérêt ou une variation de la prime de risque du marché est donc susceptible de changer les espérances de rentabilité. Or, en raison du caractère statique du modèle, le taux d'intérê […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/finance-de-marche-theorie-des-marches-financiers/#i_8732

FINANCEMENT PARTICIPATIF ou CROWDFUNDING

  • Écrit par 
  • Jean-Charles DUFEU
  •  • 3 605 mots
  •  • 1 média

Dans le chapitre « Une réglementation en construction »  : […] L’environnement législatif et réglementaire relatif au crowdfunding est opérationnel en France depuis l’entrée en vigueur de l’ordonnance de mai 2014, qui a créé les statuts de conseiller en financement participatif et d’intermédiaire en financement participatif. Cette ordonnance a ainsi formellement mis fin au monopole des banques pour la distribution de crédit. Aux États-U […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/financement-participatif-crowdfunding/#i_8732

FISHER IRVING (1867-1947)

  • Écrit par 
  • Guy CAIRE
  •  • 1 287 mots

Dans le chapitre « L'intérêt »  : […] Après avoir explicité dans La Nature du capital et du revenu ( The Nature of Capital and Income , 1908) la distinction entre revenu – flux de biens et services à travers le temps – et capital – stock de biens à un moment du temps dont la valeur est égale à la somme des flux nets de revenus qu'on peut attendre de son utilisation –, et précisé le lien ent […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/irving-fisher/#i_8732

HICKS JOHN RICHARD (1904-1989)

  • Écrit par 
  • Christine BARTHET
  •  • 658 mots

Économiste britannique, Hicks a mené de front des activités de professeur (à l'université de Manchester jusqu'en 1946, puis, à partir de 1952, au All Souls College à Oxford) et la rédaction de nombreux ouvrages de qualité. Dès 1932, il publie La Théorie des salaires ( Theory of Wages ), où il développe sa conception des « inventions induites » ; selon l […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/john-richard-hicks/#i_8732

INFLATION

  • Écrit par 
  • Jacques LE CACHEUX
  •  • 8 602 mots
  •  • 6 médias

Dans le chapitre « Le contrôle de la masse monétaire »  : […] Au cours des décennies d'après-guerre, la politique anti-inflationniste était associée à l'ensemble des actions publiques de régulation conjoncturelle, et menée, comme elles, par les gouvernements nationaux à l'aide d'une panoplie d'instruments d'intervention, certains devant agir sur la demande, telles les politiques budgétaires et fiscales et les politiques monétaires, d'autres portant plus dir […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/inflation/#i_8732

INVESTISSEMENT

  • Écrit par 
  • Richard DUHAUTOIS, 
  • Patrick VILLIEU
  •  • 6 355 mots
  •  • 1 média

Dans le chapitre « Le mode de financement de l'investissement et son coût »  : […] Le financement de l'investissement peut être interne (autofinancement) ou externe (crédit bancaire ou émission de titres – actions ou obligations). Le coût d'un investissement supplémentaire dépend du mode de financement et suit l'ordre suivant (Fazzari, Hubbard et Petersen, 1988) : autofinancement, emprunt bancaire et émission d'actions. Le coût de l'autofinancement – l'utilisation des ressource […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/investissement/#i_8732

M. KEYNES ET LES " CLASSIQUES ": PROPOSITION D'UNE INTERPRÉTATION, John R. Hicks - Fiche de lecture

  • Écrit par 
  • Jean-Sébastien LENFANT
  •  • 1 236 mots
  •  • 1 média

Dans le chapitre « Le modèle original : SI-LL »  : […] Hicks procède en trois temps. Il établit tout d'abord une version monétaire (section I), à court terme, de la théorie « classique », qui doit servir de point de comparaison avec la théorie de Keynes. Ensuite, Hicks construit un modèle schématique de la théorie générale (sections II et III), censé en résumer les principales conclusions. Enfin, il discute les effets d'une politique monétaire expans […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/m-keynes-et-les-classiques-proposition-d-une-interpretation/#i_8732

LECTURES D'ÉCONOMIE POLITIQUE, Johan Gustav Knut Wicksell - Fiche de lecture

  • Écrit par 
  • Julien DUPONT
  •  • 1 064 mots
  •  • 1 média

Dans le chapitre « De la théorie du capital à la théorie monétaire »  : […] Dans le premier tome des Lectures , Wicksell définit les concepts du « capital » et du « taux d'intérêt naturel » en intégrant le temps à l'analyse, dans le prolongement des avancées d'Eugen von Böhm-Bawerk. Des biens peuvent être mis en attente avant d'être investis dans un processus de production, dans l'espoir d'une augmentation ultérieure du niveau produit. Ils constituen […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/lectures-d-economie-politique/#i_8732

LIQUIDITÉ MONÉTAIRE

  • Écrit par 
  • André CHAÎNEAU
  •  • 3 563 mots
  •  • 1 média

Dans le chapitre « Préférence pour la liquidité monétaire selon John Maynard Keynes »  : […] La monnaie est demandée pour elle-même, en raison de la liberté qu'elle donne. Keynes distingue une demande d'encaisses de transaction M 1 et une demande d'encaisses oisives M 2 correspondant à des motifs de précaution et de spéculation. M 1 existe parce que la monnaie est un actif de paiement, M 2 parce qu'elle est un actif de placement, une réserve de valeur. J. R. Hicks fait remarquer que […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/liquidite-monetaire/#i_8732

LIQUIDITY PREFERENCE AS BEHAVIOR TOWARDS RISK, James Tobin - Fiche de lecture

  • Écrit par 
  • Gunther CAPELLE-BLANCARD
  •  • 1 415 mots

Dans le chapitre « Du « tout ou rien » à la diversification financière »  : […] L'ambition première de l'article de Tobin est de proposer des fondements théoriques robustes au principe de « préférence pour la liquidité », proposée par John Maynard Keynes. Bien qu’il soit un keynésien convaincu, Tobin admet que ce principe – qui veut que les individus ne se séparent de leurs liquidités que dans l’espoir d’obtenir un revenu supplémentaire – repose sur deux hypothèses restrictiv […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/liquidity-preference-as-behavior-towards-risk/#i_8732

MACROÉCONOMIE - Politique économique

  • Écrit par 
  • Antoine d' AUTUME
  •  • 4 871 mots

Dans le chapitre « La mise en œuvre moderne des politiques conjoncturelles »  : […] L'évaluation des politiques macroéconomiques s'appuie maintenant fréquemment sur des modèles dynamiques stochastiques d'équilibre général ( D.S.G.E. , selon leur sigle anglais). Ces modèles sont dotés de fondements microéconomiques et résolus sous l'hypothèse d'anticipations rationnelles. Les prix et les salaires nominaux y ont une certaine rigidité, mais ils sont fixés de m […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/macroeconomie-politique-economique/#i_8732

MODIGLIANI FRANCO (1918-2003)

  • Écrit par 
  • Françoise PICHON-MAMÈRE
  •  • 706 mots

Né à Rome en 1918, Franco Modigliani s'est fait connaître très jeune, en 1944, par un article sur la théorie de Keynes qui a lancé la controverse sur le rôle essentiel de la préférence pour la liquidité. Fidèle au keynésianisme, il a pris part, en tant que chef de file, à la polémique des années 1950 et 1960 entre monétaristes et keynésiens, aux côtés de Paul Samuelson, James Tobin et Lawrence Kl […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/franco-modigliani/#i_8732

MONDIALISATION - Globalisation financière

  • Écrit par 
  • Philippe MARTIN, 
  • Dominique PLIHON
  •  • 8 377 mots
  •  • 1 média

Dans le chapitre « La première globalisation financière »  : […] La fin du xix e  siècle et le début du suivant (de 1870 à 1913) constituent une époque de forte internationalisation des marchés financiers, suivie d'une période de désintégration pendant l'entre-deux-guerres. Plusieurs facteurs expliquent cette première globalisation financière : le processus de convergence vers l'étalon-or et comme fondement d […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/mondialisation-globalisation-financiere/#i_8732

MONNAIE - Théorie économique de la monnaie

  • Écrit par 
  • Patrick VILLIEU
  •  • 7 464 mots
  •  • 2 médias

Dans le chapitre « Faut-il contrôler l'offre de monnaie ? »  : […] La banque centrale doit-elle contrôler la quantité de monnaie ? Cette question est au cœur des réflexions sur la politique monétaire depuis le milieu du xix e  siècle. D'après la doctrine des real bills , défendue notamment par les partisans de la banking school (en particulier Thomas Tooke), l'essentie […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/monnaie-theorie-economique-de-la-monnaie/#i_8732

PAIEMENTS BALANCE DES

  • Écrit par 
  • Marc RAFFINOT
  •  • 4 024 mots
  •  • 2 médias

Dans le chapitre « La montée en puissance des transactions financières internationales »  : […] Quel que soit l'intérêt de ces mécanismes de rééquilibrage de la balance commerciale, leur pertinence est réduite aujourd'hui en raison de la prééminence des opérations financières (dont témoigne le fait que les transactions de change liées à des mouvements de biens et services ne représentent plus qu'une part réduite du montant total des transactions). De ce fait, les modifications de taux d'int […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/balance-des-paiements/#i_8732

RUSSIE (Le territoire et les hommes) - Économie

  • Écrit par 
  • Julien VERCUEIL
  •  • 5 350 mots
  •  • 5 médias

Dans le chapitre « La réaffirmation de l’État dans l’économie russe »  : […] Dans ce contexte de rééquilibrage de l’économie, l’État russe de Vladimir Poutine entreprend de reconquérir certains secteurs industriels stratégiques. L’alourdissement de la fiscalité sur le secteur énergétique lui donne un levier pour la reprise en main du secteur : en 2003, sous prétexte d’arriérés fiscaux, il intente un procès à Ioukos, entreprise pétrolière à capitaux privés, la troisième du […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/russie-le-territoire-et-les-hommes-economie/#i_8732

STERLING LIVRE

  • Écrit par 
  • Sophie BRANA, 
  • Dominique LACOUE-LABARTHE
  •  • 7 210 mots
  •  • 3 médias

Dans le chapitre « Les processus d'ajustement »  : […] L'or est normalement le moyen de règlement ultime des soldes nets de balance des paiements quand toutes les possibilités du change par lettres ont été épuisées. Dans chaque pays, la réserve d'or détenue par une banque centrale (Angleterre) ou le Trésor (États-Unis) varie en fonction du cours du change. Comme cette réserve couvre aussi, à titre de garantie totale ou partielle, la circulation intéri […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/livre-sterling/#i_8732

THÉORIE GÉNÉRALE DE L'EMPLOI, DE L'INTÉRÊT ET DE LA MONNAIE, John Maynard Keynes - Fiche de lecture

  • Écrit par 
  • Marion GASPARD
  •  • 1 060 mots

Dans le chapitre « Une théorie de l'emploi »  : […] Le « but ultime » de Keynes est « la découverte des facteurs qui déterminent le volume de l'emploi ». Il s'oppose pour cela dès le livre I à l'analyse du marché du travail proposée par ceux qu'il nomme les « classiques » : les économistes qui, de David Ricardo à Arthur Cecil Pigou, auraient en commun d'admettre la loi de Say (l'offre crée sa propre demande) et la théorie quantitative de la monnaie […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/theorie-generale-de-l-emploi-de-l-interet-et-de-la-monnaie/#i_8732

TRICHET JEAN-CLAUDE (1942- )

  • Écrit par 
  • Jean-Marc DANIEL
  •  • 1 133 mots
  •  • 1 média

Haut fonctionnaire français, il a dirigé la Banque centrale européenne de 2003 à 2011. En novembre 2003, couronnement de sa carrière d'inspecteur des finances, Jean-Claude Trichet passe du siège de gouverneur de la Banque de France à celui de gouverneur de la Banque centrale européenne (B.C.E.) . Cette promotion ne semble avoir changé ni sa philosophie économique, ni le type de relations qu'il ent […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/jean-claude-trichet/#i_8732

VALEUR ET CAPITAL, John Richard Hicks - Fiche de lecture

  • Écrit par 
  • Jean-Sébastien LENFANT
  •  • 1 362 mots

Dans le chapitre « Temps et statique comparative »  : […] L'ambition de Hicks est démesurée. De ce fait, Valeur et capital rassemble des thèmes d'étude éclectiques : les comportements microéconomiques, la stabilité, l'équilibre temporaire, la monnaie, les taux d'intérêt, les anticipations, les cycles économiques. Le succès de l'ouvrage, son rôle dans l'histoire de la discipline économique tiennent surtout aux deux grandes voies de […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/valeur-et-capital/#i_8732

WICKSELL JOHN GUSTAV KNUT (1851-1926)

  • Écrit par 
  • Guy CAIRE
  •  • 378 mots
  •  • 1 média

Mathématicien de formation, le Suédois Knut Wicksell ne vient que tardivement à l'économie. Après divers séjours à l'étranger, en particulier à Vienne où il suit l'enseignement de Bohm-Bawerk, il enseigne à l'université de Lund. Radical de tempérament, il prend une part active aux affaires publiques de son pays. On peut distinguer dans son œuvre deux parties essentielles. Une partie de ses travau […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/john-gustav-knut-wicksell/#i_8732

YELLEN JANET (1946- )

  • Écrit par 
  • Jean-Marc DANIEL
  •  • 903 mots
  •  • 1 média

Dans le chapitre « La carrière à la Réserve fédérale »  : […] En 2004, elle accepte la présidence de la branche californienne de la Réserve fédérale, représentant plusieurs États de l’ouest du pays. Au sein des instances de la banque centrale, elle passe pour la porte-parole des « colombes », les partisans d’une vision souple de l’action monétaire, d’inspiration keynésienne, face aux « faucons », les monétaristes que la moindre dérive des prix alarme. Elle a […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/janet-yellen/#i_8732

YEN

  • Écrit par 
  • Sophie BRANA, 
  • Dominique LACOUE-LABARTHE
  •  • 7 672 mots

Dans le chapitre « Une sortie de crise fragile »  : […] La crise asiatique de 1997 a marqué un tournant et plusieurs initiatives régionales ont vu le jour, souvent à l’initiative du Japon, afin de réduire la vulnérabilité de la zone aux chocs externes, et parmi elles l’initiative de Chiang Mai en 2000, qui établit un fonds régional de réserves de change permettant de lutter contre la spéculation sur le change ou encore le lancement d’une série d’accor […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/yen/#i_8732

Voir aussi

Pour citer l’article

Virginie COUDERT, « TAUX D'INTÉRÊT », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 17 octobre 2019. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/taux-d-interet/