TAO YUANMING [T'AO YUAN-MING] (365-427)

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Une poésie au niveau de l'homme

Mais c'est pour d'autres raisons que sa poésie a survécu et que sa renommée n'a pour ainsi dire pas cessé de grandir. La reconnaissance de la postérité a été lente mais sûre, consacrée surtout par l'adulation des poètes des Tang (viie-ixe siècle) et de Su Shi et de Zhu Xi plus tard. Il a triomphé sur tous ses contemporains par la qualité de son style, mais aussi par sa conception originale de la vie. Son traditionalisme s'affirme dans toutes ses allusions à Confucius, aux rites antiques, à la famille, aux héros, mais est nuancé par une absence de raideur morale et du culte de la hiérarchie, héritée, elle, du taoïsme. Pas trace d'influence bouddhique ou si peu pour un homme qui a passé sa vie à l'ombre du mont Lu, le centre bouddhique le plus actif dans le sud de la Chine à son époque. Sa poésie est existentielle, libre de préjugés ; elle aborde la vie au niveau de l'homme nu qui cherche à trouver, sans appui extérieur, sa place dans le monde. C'est ce qui explique sa vogue parmi les poètes Song, dans une Chine en grande partie laïcisée, et le pouvoir de certains de ses vers qui sont parmi les plus célèbres de la poésie chinoise :

En cueillant des chrysanthèmes sous la haie de l'est, Je vois, au loin, la montagne du sud.

Il a donné, dans ces vers d'une grande simplicité, une vision sans apprêt du monde « tel qu'il est », où réside une « vérité » qui est, selon son expression, « indicible ».

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Écrit par :

  • : ancien directeur d'études à l'École des hautes études en sciences sociales

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Donald HOLZMAN, « TAO YUANMING [T'AO YUAN-MING] (365-427) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 02 décembre 2021. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/tao-yuanming-t-ao-yuan-ming/