TAMIFLU ou PHOSPHATE D'OSELTAMIVIR

Carte mentale

Élargissez votre recherche dans Universalis

Médias de l’article

Mécanisme d’action des inhibiteurs de la neuraminidase

Mécanisme d’action des inhibiteurs de la neuraminidase
Crédits : Encyclopædia Universalis France

dessin

Tamiflu®

Tamiflu®
Crédits : W. Filser/ Mauritius Images/ Age Fotostock

photographie


Deux grandes familles de médicaments contre les virus grippaux

Les virus fonctionnent comme des parasites. Pour se multiplier, ils doivent pénétrer dans une cellule hôte et détourner la machinerie cellulaire pour répliquer leur matériel génétique, produire les protéines virales puis assembler des virus néoformés qui, finalement, sortent de la cellule pour en infecter d'autres. En raison de cette physiologie par détournement, il est très difficile de mettre au point des médicaments antiviraux sans atteindre en même temps la cellule hôte. En concevant des antiviraux, on cherchera donc à s'attaquer à une propriété critique propre au virus. Dans le cas des virus grippaux, des dérivés de l'adamantane (une structure carbonée polyédrique calquant celle du diamant), comme l'adamantadine utilisée pour la première fois en 1967, inhibent de manière complexe la pénétration et la multiplication des virus grippaux du seul type A. Du fait de leur toxicité et des résistances du virus, leur usage est assez limité.

La famille de médicaments la plus « prometteuse » est celle des molécules inhibitrices d'une enzyme virale, la neuraminidase. Cette enzyme fait partie de la capsule virale. Elle se fixe sur un sucre acide, l'acide neuraminique, situé à l'extrémité de la partie glucidique des glycoprotéines de la membrane cellulaire. Cette étape de fixation est nécessaire à la sortie du virus hors de la cellule. Son blocage par un inhibiteur empêche la sortie du virus, limitant donc sa prolifération et sa dissémination dans les voies pulmonaires. L'élucidation de la structure tridimensionnelle de la neuraminidase a permis la conception et le test de deux types principaux d'inhibiteurs analogues de l'acide neuraminique : à partir de 1992, le Zanamivir (Relenza®, laboratoire GlaxoSmithKline) actif par inhalation ; à partir de 1997, l'Oseltamivir (plus connu sous le nom de Tamiflu®, phosphate d'Oseltamivir, laboratoire Roche). Ce dernier est un pro-médicament administré par voie orale et clivé dans l' [...]

Mécanisme d’action des inhibiteurs de la neuraminidase

Mécanisme d’action des inhibiteurs de la neuraminidase

Dessin

À gauche, action de la neuraminidase dans la réplication continue des virions à l'infection grippale. À droite, la réplication est bloquée par des inhibiteurs de la neuraminidase, qui empêchent les virions d'être libérés de la surface des cellules infectées (d'après : A. Moscona, 2005). 

Crédits : Encyclopædia Universalis France

Afficher

Tamiflu®

Tamiflu®

Photographie

Boîtes de l'antigrippal Tamiflu®. L'efficacité contre la grippe du Tamiflu® n'a jamais été réellement prouvée. Fallait il donc en stocker des centaines de millions de doses pour combattre une éventuelle pandémie grippale ? 

Crédits : W. Filser/ Mauritius Images/ Age Fotostock

Afficher

1 2 3 4 5

pour nos abonnés,
l’article se compose de 5 pages




Écrit par :

  • : chercheur en histoire des sciences, université Paris-VII-Denis-Diderot, ancien chef de service à l'Institut Pasteur

Voir aussi

Pour citer l’article

Gabriel GACHELIN, « TAMIFLU ou PHOSPHATE D'OSELTAMIVIR », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 22 septembre 2019. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/tamiflu-phosphate-d-oseltamivir/