LIMBIQUE SYSTÈME

Carte mentale

Élargissez votre recherche dans Universalis

Les structures limbiques

Du point de vue anatomique, le système limbique est constitué par un ensemble de structures corticales et sous-corticales qui sont des structures télencéphaliques phylogénétiquement anciennes (d'où la notion d'un cerveau paléomammalien), c'est-à-dire que leur mise en place dans la série des Vertébrés a précédé, au cours du développement phylogénétique, celle des structures plus récentes du télencéphale (néocortex et néostriatum).

Les structures corticales du système limbique sont situées sur la face interne donc médiane de l'hémisphère cérébral ; ce sont :

Structures corticales

Dessin : Structures corticales

Les structures corticales du système limbique chez l'homme (d'après Gastaut et Lammers) 

Crédits : Encyclopædia Universalis France

Afficher

– l'archicortex, avec en particulier l'hippocampe ou « corne d'Ammon » ;

– le paléocortex, comprenant les structures à proprement parler olfactives ou « rhinencéphaliques » : bulbe olfactif, ainsi qu'un certain nombre de structures présentant avec ce dernier des relations étroites (tubercule olfactif, aire septale, aires prépiriforme et périamygdalienne) ;

– le cortex « transitionnel », transition entre l'archicortex et le paléocortex (constituant ensemble l'allocortex), d'une part, et le néocortex, d'autre part.

Le système limbique comprend également des formations ganglionnaires sous-corticales, à savoir les noyaux du septum et de l'amygdale.

Les « entrées » et les « sorties » du système limbique, c'est-à-dire ses relations anatomo-fonctionnelles, ont été précisées grâce à la mise en œuvre conjointe de méthodes anatomiques (techniques récentes de traçage des voies) et de méthodes physiologiques (neuronographie électrophysiologique). Sur le versant afférent (sensibilité), les messages nerveux provenant des différents récepteurs sensitivo-sensoriels atteignent les structures limbiques par une double voie : d'une part, à partir de certains relais sous-corticaux des grands systèmes afférents ; d'autre part, à partir de l'ensemble des aires corticales d'association primaires et secondaires. C'est dire que les structures limbiques sont susceptibles de participer au traitement des informations sensitivo-sensorielles qui convergent ainsi vers elles. De plus, en associant la stimulation électrique d'une structure limbique à la stimulation naturelle d'un organe sensoriel, on a pu constater que la plupart des structures limbiques étaient susceptibles de participer au contrôle des afférences, en modulant les mécanismes responsables de la réception et de la transmission de l'information sensorielle.

Étant donné que les discriminations sensorielles simples ne sont aucunement perturbées par des lésions de l'amygdale, de l'hippocampe ou d'une région quelconque du cortex transitionnel, il apparaît que la participation fonctionnelle des structures limbiques n'est pas nécessaire à l'analyse et à l'intégration des caractéristiques objectives de l'information sensorielle. En revanche, le système limbique joue un rôle important dans la genèse de toute signification endogène qui, par référence à l'expérience passée, se surajoute aux paramètres objectifs de la stimulation. C'est ainsi que ce système intervient dans les processus qui permettent au cerveau de percevoir le caractère nouveau ou au contraire familier d'un stimulus ou d'un aspect particulier d'une situation complexe, ainsi que dans ceux par le truchement desquels un stimulus peut acquérir une certaine signification affective, ou, éventuellement, changer de signification.

Sur le versant efférent et effecteur (motricité somatique et viscérale), les structures du système limbique présentent des connexions étroites et réciproques avec les ganglions de la base (en particulier par l'intermédiaire de la substance noire) ainsi que différentes régions du diencéphale et du mésencéphale (cf. cerveau humain). C'est par l'intermédiaire de ces connexions que le système limbique module les réponses comportementales de l'organisme, en même temps qu'il assure une adaptation continue de la vie végétative aux activités comportementales en cours. Les expériences de lésion ont clairement montré que l'intégrité fonctionnelle des structures limbiques n'était pas nécessaire à l'organisation et à l'exécution des différentes séquences comportementales en tant que telles. Mais le système limbique participe de façon essentielle aux processus grâce auxquels le comportement d'un organisme donné acquiert ses nuances individuelles, sa « personnalité », sa « dimension historique ».

Étant donné le rôle majeur joué par les systèmes monoaminergiques ascendants da [...]

1  2  3  4  5
pour nos abonnés,
l’article se compose de 7 pages

Écrit par :

  • : professeur de neurophysiologie à la faculté de médecine de Strasbourg, directeur du laboratoire de neurophysiologie du Centre de neurochimie du C.N.R.S., membre de l'Académie des sciences, président de l'E.B.B.S.

Classification

Autres références

«  LIMBIQUE SYSTÈME  » est également traité dans :

ADDICTION

  • Écrit par 
  • Bernard Pierre ROQUES, 
  • Eduardo VERA OCAMPO
  •  • 7 783 mots
  •  • 3 médias

Dans le chapitre « Hypothèses explicatives »  : […] Quels sont les mécanismes par lesquels les drogues stimulent la libération de dopamine ? Ils sont de deux sortes et dépendent du site où agissent les drogues. Les psychostimulants (cocaïne, amphétamines, ecstasy et médicaments contenant ce type de substances) bloquent un système régulateur de la concentration synaptique en dopamine principalement au niveau du noyau accumbens. Or il existe des con […] Lire la suite

AGRESSIVITÉ, éthologie

  • Écrit par 
  • Philippe ROPARTZ
  •  • 3 918 mots

Dans le chapitre « Le substrat nerveux »  : […] Les neurophysiologistes et les physiologistes du comportement sont parvenus à localiser les substrats nerveux de l'agression au niveau de structures sous-corticales et diencéphaliques : amygdale et hippocampe dans le système limbique (cf.  système limbique ), hypothalamus latéral dans le diencéphale. Une stimulation électrique des noyaux amygdaliens fait apparaître des comportements de menace et […] Lire la suite

CERVEAU ET ÉMOTION

  • Écrit par 
  • Patrik VUILLEUMIER
  •  • 1 618 mots
  •  • 1 média

Dans le chapitre « Aires cérébrales spécialisées pour les émotions ? »  : […] Historiquement, un premier modèle neuro-anatomique proposé par James Papez (1883-1958) postulait que toutes les émotions dépendent de régions cérébrales « primitives », impliquant les fonctions végétatives et endocriniennes de l’hypothalamus et du tronc cérébral , sous le contrôle du cortex cingulaire à la surface médiale des hémisphères (appelé lobe limbique) et de ses connexions. Le modèle « tr […] Lire la suite

CERVEAU HUMAIN

  • Écrit par 
  • André BOURGUIGNON, 
  • Cyrille KOUPERNIK, 
  • Pierre-Marie LLEDO, 
  • Bernard MAZOYER, 
  • Jean-Didier VINCENT
  •  • 12 730 mots
  •  • 9 médias

Dans le chapitre « Le système limbique »  : […] Selon Paul MacLean (1958), théoricien d'un cerveau en trois parties selon des critères évolutifs, le système limbique correspond au cerveau paléo-mammalien, siège des motivations et des émotions. Il est capable de répondre à une information présente en faisant appel au souvenir d'informations passées. Il intervient donc dans le traitement émotionnel, l'apprentissage et la mémoire. Le système limb […] Lire la suite

HOMÉOSTASIE

  • Écrit par 
  • Jack BAILLET
  •  • 4 839 mots
  •  • 2 médias

Dans le chapitre « Homéostasie et comportement »  : […] L'organisme est un système qui ne trouve son équilibre dynamique que grâce à son ouverture sur le monde extérieur, c'est-à-dire grâce à sa vie de relation qui intègre fonctions nerveuses et fonctions endocriniennes. Les glandes endocriniennes périphériques, stimulées à chaque instant par des stimulines hypophysaires, sécrètent diverses hormones dont le taux décide de l'activité des récepteurs e […] Lire la suite

NERVEUX (SYSTÈME) - Neurogenèse et évolution

  • Écrit par 
  • Paul LAGET
  •  • 10 354 mots
  •  • 7 médias

Dans le chapitre « Grande lignes de l'évolution »  : […] Le névraxe retient chez tous les vertébrés beaucoup de traits communs, ce qui permet de retrouver et de retracer plus facilement les homologies existant entre les différentes classes, d'une part, et, d'autre part, de distinguer aussi du même coup plus facilement les grandes lignes, voire le détail, des modifications apportées par la phylogenèse. En revanche, les structures adultes dérivées du téle […] Lire la suite

NERVEUX (SYSTÈME) - Neurobiologie

  • Écrit par 
  • Jean-Marc GOAILLARD, 
  • Michel HAMON, 
  • André NIEOULLON, 
  • Henri SCHMITT
  •  • 13 741 mots
  •  • 11 médias

Dans le chapitre « Hypothalamus et système limbique »  : […] L'intégration des émotions et de la peur s'effectue principalement au niveau de l' hypothalamus et du système limbique (hippocampe, septum et en particulier amygdale, ). Certains tranquillisants, tels que les benzodiazépines (chlordiazépoxide, diazépam), dépriment ces régions et inhibent les réactions neurovégétatives, émotionnelles et électriques, qui apparaissent après stimulation du système li […] Lire la suite

NEUROBIOLOGIE (HISTOIRE DE LA)

  • Écrit par 
  • Jean-Gaël BARBARA
  •  • 3 878 mots
  •  • 3 médias

Dans le chapitre « L’anatomie fonctionnelle du système nerveux »  : […] C’est à l’aide de ces connaissances que les recherches peuvent faire retour sur les fonctions du système nerveux, et particulièrement la plus simple d’entre elles, la contraction musculaire, en se concentrant d’abord sur les synapses ou « jonctions neuromusculaires » mettant en jeu les motoneurones de la moelle épinière et le contrôle de leurs activités : les motoneurones cholinergiques libèrent […] Lire la suite

Voir aussi

Pour citer l’article

Pierre KARLI, « LIMBIQUE SYSTÈME », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 30 juin 2022. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/systeme-limbique/