SUN YAT-SEN (1866-1925)

Carte mentale

Élargissez votre recherche dans Universalis

À l'école de l'Occident

Originaire de la province méridionale du Guangdong, Sun quitte la ferme paternelle à l'âge de treize ans pour aller à Hawaii seconder son frère aîné devenu dans l'émigration un négociant assez prospère. C'est dans une école missionnaire de Honolulu que le jeune Sun apprend l'anglais, s'initie à la science occidentale et se convertit au christianisme. Il achève ses études dans un collège médical de Hong Kong de 1887 à 1892 ; son intérêt pour la politique se précise à cette époque. Il doit à sa tradition familiale et à ses origines paysannes une grande familiarité avec les sociétés secrètes demeurées fidèles à la dynastie déchue des Ming : il partage leur hostilité à l'égard des Mandchous, cette race étrangère qui a usurpé l'empire, et il adoptera souvent leurs méthodes d'action directe. Mais ses séjours à Honolulu et à Hong Kong l'ont mis en contact avec les communautés chinoises d'outre-mer, éprises de progrès, déjà à demi occidentalisées et désireuses de voir la Chine prendre rang parmi les nations modernes. Aussi, tout en s'appuyant sur les structures et les organisations que lui offrent les sociétés secrètes, Sun s'efforce-t-il de renouveler le contenu de l'opposition traditionnelle et de l'adapter aux aspirations démocratiques et nationalistes de la bourgeoisie naissante. Jusqu'en 1900, sa carrière est celle d'un aventurier : organisateur d'une société secrète pour la régénération de la Chine (Xingzhonghui), jamais découragé par l'échec des soulèvements qu'il organise (à Canton en 1895, à Waizhou en 1900), il vit en exil au Japon et voyage aux États-Unis et en Europe. La tentative d'enlèvement par la police impériale, dont il est la victime et le héros à la légation chinoise de Londres en 1897, consacre sa réputation et confirme sa vocation révolutionnaire. Il lui reste cependant à s'imposer aux milieux intellectuels et à étendre son influence des bases d'outre-mer et des franges méridionales du Guangdong vers le cœur du pays.

Sun Yat-sen et les sépultures des Ming

Photographie : Sun Yat-sen et les sépultures des Ming

Photographie

Sun Yat-sen (1866- 1925), le père de la révolution chinoise, visite les sépultures des Ming, vers 1923. 

Crédits : Hulton Getty

Afficher

1  2  3  4  5
pour nos abonnés,
l’article se compose de 4 pages

Médias de l’article

Sun Yat-sen

Sun Yat-sen
Crédits : Hulton Archive/ Getty Images

photographie

Sun Yat-sen et les sépultures des Ming

Sun Yat-sen et les sépultures des Ming
Crédits : Hulton Getty

photographie

Afficher les 2 médias de l'article


Écrit par :

Classification

Autres références

«  SUN YAT-SEN (1866-1925)  » est également traité dans :

PREMIÈRE RÉPUBLIQUE CHINOISE

  • Écrit par 
  • Vincent GOURDON
  •  • 259 mots
  •  • 1 média

Élu président de la République chinoise à Nankin le 1er janvier 1912, Sun Yat-sen (1866-1925), fondateur en 1905 de la Ligue jurée (Tongmenghui), mouvement républicain et nationaliste, prend temporairement la tête de la révolte contre la cour impériale et le pouvoir de la dynastie mandchoue qui, depui […] Lire la suite

BORODINE MIKHAÏL MARKOVITCH GROUZENBERG dit (1884-1951)

  • Écrit par 
  • Georges HAUPT
  •  • 300 mots

Principal agent du Komintern en Chine dans les années vingt, Borodine joua un rôle important dans la réorganisation du Guomindang et dans l'application de la politique de la III e Internationale en Chine. Borodine avait rejoint les rangs du Parti social-démocrate russe (bolchevik) en 1903. Arrêté et exilé en 1906, il émigra aux États-Unis, fréquenta l'université de Valparaiso (Indiana), et fonda […] Lire la suite

CANTON ou GUANGZHOU [KOUANG-TCHEOU]

  • Écrit par 
  • Jean CHESNEAUX, 
  • Jean DELVERT
  •  • 1 140 mots
  •  • 2 médias

Canton (Guangzhou ), capitale du Guangdong, est située à 60 kilomètres de la mer, au pied d'une colline rocheuse isolée au milieu de la plaine d'alluvions du Xijiang, à l'extrémité de l'estuaire formé par ce fleuve, ainsi que par son affluent le Beijiang et par le Dongjiang. Cet estuaire, le Zhuijiang (ou rivières des Perles), est une des trois zones majeures du développement chinois. C'es […] Lire la suite

CHINE - Histoire jusqu'en 1949

  • Écrit par 
  • Jean CHESNEAUX, 
  • Jacques GERNET
  •  • 44 675 mots
  •  • 50 médias

Dans le chapitre « Les réformes des Mandchous »  : […] Le gouvernement impérial s'efforça de tirer les leçons de la crise. Il reprit à son compte, selon une méthode bien souvent utilisée, le programme de ses adversaires, les réformateurs malheureux de 1898. Les examens confucéens traditionnels furent supprimés et remplacés par un système moderne d'écoles et d'universités qui faisaient large place aux matières scientifiques et aux sciences politiques e […] Lire la suite

HONG KONG

  • Écrit par 
  • Jean-Philippe BÉJA, 
  • Pierre SIGWALT
  •  • 9 996 mots
  •  • 7 médias

Dans le chapitre « Une école de modernité politique »  : […] Bien qu'elle fût essentiellement vouée au commerce, la colonie, grâce à son système juridique protégeant la propriété et les droits des individus, fut aussi un lieu de liberté d'expression dont le cœur battait au même rythme que celui du peuple chinois. C'est à partir de l'île où il avait fait ses études de médecine que Sun Yat-sen dirigea nombre de soulèvements contre les Mandchous au tournant d […] Lire la suite

HUANGPU ACADÉMIE MILITAIRE DE

  • Écrit par 
  • Michel HOANG
  •  • 1 056 mots

C'est en mai 1924 que le Guomindang de Sun Yat-sen et l'embryonnaire Parti communiste chinois conviennent d'établir près de Canton, sur une île de la rivière des Perles, et avec le concours de l'Union soviétique, la future école des cadres politiques et militaires de la Chine contemporaine, la fameuse Académie militaire de Huangpu (Whampoa). Dès 1923, la majorité des leaders du Parti communiste et […] Lire la suite

LI DAZHAO [LI TA-TCHAO] (1889-1927)

  • Écrit par 
  • Michel HOANG
  •  • 961 mots

La pensée et l'action politique de Li Dazao, l'un des plus brillants intellectuels de la Chine révolutionnaire, ont largement contribué à la montée de la révolution chinoise. Originaire de Leting, au Hebei, Dazhao suit l'école de droit et d'administration de Tianjin, dont il sort diplômé ; il fréquente bientôt des intellectuels progressistes (Sun Hongyi). En 1913, il étudie l'économie politique au […] Lire la suite

MAO ZEDONG ou MAO TSÉ-TOUNG (1893-1976)

  • Écrit par 
  • Yves CHEVRIER
  •  • 7 609 mots
  •  • 4 médias

Dans le chapitre « L'activisme maoïste, entre traditions et agitation urbaine (1913-1920) »  : […] En revanche, il est grand lecteur d'histoire chinoise : chroniques dynastiques, mais aussi romans, où la politique et la guerre se résument aux faits et gestes de héros œuvrant pour la justice et la purification de l'Empire en harmonie avec le peuple, dont rien ne les sépare, pas même le pouvoir qu'ils exercent, puisque, aussi bien, ils partagent sa vie et ses valeurs. Leçon indélébile : l'action […] Lire la suite

TAÏWAN [T'AI-WAN] (FORMOSE)

  • Écrit par 
  • Philippe CHEVALÉRIAS, 
  • Évelyne COHEN, 
  • Jean DELVERT, 
  • François GODEMENT, 
  • Adrien GOMBEAUD, 
  • Frank MUYARD, 
  • Angel PINO, 
  • Pierre SIGWALT, 
  • Charles TESSON
  • , Universalis
  •  • 19 906 mots
  •  • 8 médias

Dans le chapitre « La situation politique »  : […] Sur le plan politique, Taïwan se présente depuis 1950 comme une société dominée par des émigrés (au sens politique et conservateur du terme), marquée de nombreuses survivances archaïques et gouvernée de façon autoritaire. Quand Chiang Kai-shek et son état-major politique et militaire vinrent s'installer en 1949 à Taïwan, ils y transplantèrent mécaniquement et artificiellement tous les rouages du « […] Lire la suite

TCHIANG KAI-CHEK ou JIANG JIESHI [TSIANG KIA-CHE] (1887-1975)

  • Écrit par 
  • Universalis
  •  • 2 006 mots
  •  • 4 médias

Dans le chapitre « Les débuts d'un révolutionnaire »  : […] Tchiang Kai-chek, de son nom officiel Chiang Chung-cheng, naît le 31 octobre 1887 dans une famille de commerçants et de paysans assez aisée de Fenghua, dans la province côtière du Zhejiang. Se destinant à la carrière des armes, il entre en 1906 à l'Académie militaire de Baoding, dans le Hebei, puis se forme à l'Académie militaire de Tōkyō de 1907 à 1911. À partir de 1909, il sert ainsi dans l'armé […] Lire la suite

Les derniers événements

Royaume-Uni. Démission de ministres partisans d’un « Brexit dur ». 6-12 juillet 2018

Hunt, opposant au Brexit, et au secrétariat d’État à la Sortie de l’Union européenne le ministre du Logement Dominic Raab, favorable au Brexit. Le 12, le tabloïd The Sun publie un entretien avec le président américain Donald Trump, qui entame une visite officielle dans le pays […] Lire la suite

France. Naufrage du chimiquier « Ievoli-Sun ». 31 octobre 2000

Le chimiquier italien Ievoli-Sun transportant notamment 4 000 tonnes de styrène, produit très toxique, coule au large du cap de La Hague, dans le Cotentin (Manche). Il était en cours de remorquage, à demi submergé, à la suite d'une avarie survenue la veille par gros temps […] Lire la suite

Taïwan. Scission du Kuomintang et réélection du président Lee Teng-hui à la tête de ce parti. 10-23 août 1993

par Sun Yat-sen. Le 18, au cours du XIVe congrès du Kuomintang, ouvert le 16, le président Lee Teng-hui est réélu à la tête du parti. Le congrès, qui s'est déroulé dans une atmosphère houleuse, s'achève le 23. […] Lire la suite

Chine. Mort de la veuve de Sun Yat-sen. 16-29 mai 1981

plus tard, le 29, et ses funérailles nationales se dérouleront le 3 juin. Épouse de Sun Yat-sen, elle était également la belle-sœur de Tchiang Kai-chek et la sœur du ministre des Affaires étrangères du Kouo-min-tang T.V. Soong. Elle s'était ralliée à la Chine populaire et avait été nommée vice-présidente de la République en 1959, quand Liu Shaoqi était devenu chef de l'État. […] Lire la suite

Pour citer l’article

Marie-Claire BERGERE, « SUN YAT-SEN (1866-1925) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 15 avril 2021. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/sun/