STYLISTIQUE

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Objet et méthodes

Une approche du discours littéraire

Comment décrire, après ce parcours théorique, la matière et le champ de la stylistique ? On admettra que la stylistique est une praxis, dont la matière s'identifie au discours littéraire. Celui-ci s'appréhende sous la forme d'un texte, que celui-ci apparaisse restreint à une limite faible (un vers) ou étendu à un espace vaste (une œuvre, un genre), pourvu que cette limite soit posée systématiquement. Et ce texte est bien saisissable comme discours. Pour nous, la distinction benvenistienne récit ≠ discours n'est pas pertinente à la base. Tout objet-texte est pris comme produit d'un acte d'émission verbale, à l'égard duquel se construit automatiquement un processus de réception. Cela implique, d'une manière il est vrai plus héroïquement théorique que réellement pratique, la possibilité de définir deux stratégies : une stylistique de la production et une stylistique de la réception, chacune à propos du même objet-texte. Question subsidiaire : une telle conception implique-t-elle le caractère non oral de la littérature ? Au fond, oui. Une littérature orale, si elle existe comme ensemble de contraintes discursives et thématiques structurellement liées, a vocation scripturaire – toutes remarques indépendantes des investigations sur les réalisations sonores, qui relèvent, entre autres, de la phono-stylistique.

Le définition proposée comporte deux termes (« discours littéraire »). Il faut préciser aussi le second. Littéraire sera pris au sens jakobsonien de poétique, c'est-à-dire de tout ce qui relève, plutôt que d'une incertaine fonction poétique, d'un fonctionnement du langage à régime de littérarité. Le discours littéraire sera donc analysé dans et selon ce fonctionnement : à travers l'ensemble des déterminations formelles qui le structurent, de quelque ordre qu'elles soient. Comme ces déterminations formelles structurent un régime du langage, elles concernent expressément, et seulement, tous les faits linguistiques afférant à ce régime. Pour [...]

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Écrit par :

  • : agrégé de lettres, docteur de troisième cycle, docteur ès lettres, professeur des Universités, université de Paris-IV-Sorbonne, directeur de l'Institut de langue française

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MOT D'ESPRIT, littérature

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  • Véronique KLAUBER
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Il est plus difficile de définir le mot d'esprit que d'en recenser les différentes techniques de production, ou d'en trouver des synonymes plus ou moins parfaits. Il est encore assez difficile de les juger du point de vue esthétique, mais il est très facile d'en donner des exemples. À la place d'une définition classique, les auteurs proposent le plus souvent la mise en rapport avec d'autres phénom […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/mot-d-esprit-litterature/#i_6062

MOYEN ÂGE - La littérature en prose

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Dans le chapitre « Le mot et son histoire »  : […] Le substantif français « prose » dérive de l’adjectif latin prorsus , proversus , dont le sens principal indique un mouvement vers l’avant ou une position avancée. Le mot est employé comme synonyme ou pour gloser l’expression oratio soluta , qui désigne un discours […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/moyen-age-la-litterature-en-prose/#i_6062

SUBLIME, littérature

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« Sublime » est d'abord un terme technique, emprunté par la théorie littéraire à la rhétorique, décalque du latin sublimis , qui traduit le grec hupsos  : « élevé », « en hauteur ». Il qualifie donc le « style élevé », celui de la grande éloquence, qui vise à provoquer l'admiration de l'auditeur, et à le transporter. Mais le propre de cette notion est […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/sublime-litterature/#i_6062

PASTICHE, genre littéraire

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La pratique du pastiche, genre imitatif relevant de l'activité artistique « au second degré » (G. Genette), remonte aussi loin que la création d'œuvres originales, bien que le mot lui-même n'apparaisse dans le vocabulaire de la peinture qu'au xvii e siècle. Considéré comme genre « mineur », car il est attaché à son original comme la Lune l'est à […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/pastiche-genre-litteraire/#i_6062

PÉRIODE, rhétorique

  • Écrit par 
  • Véronique KLAUBER
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Phrase complexe que le style oratoire utilise pour exprimer une idée-force. La période est bâtie sur des propositions agencées selon un schéma musical ; leur harmonie ou leurs dissonances sous-tendent le sens, suspendu jusqu'à la fin de la période, et elles contribuent à exprimer l'emphase dont celle-ci est chargée. À l'inverse du style coupé — enchaînement de phrases très brèves —, le style pério […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/periode-rhetorique/#i_6062

PHILOLOGIE

  • Écrit par 
  • Paul ZUMTHOR
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Dans le chapitre « Situation actuelle »  : […] Des buts que visait jadis la philologie, seul le premier (l'établissement du texte authentique) demeure spécifique ; les autres (interprétation, jugement qualitatif) relèvent de disciplines diverses ou même ont cessé d'être considérés comme scientifiques (ainsi, jusqu'à un certain point, la recherche des sources). L'étude philologique d'un document comporte sa datation, son déchiffrement (paléogra […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/philologie/#i_6062

POÉTIQUE

  • Écrit par 
  • Jean-Marie SCHAEFFER, 
  • Tzvetan TODOROV
  •  • 4 791 mots

Dans le chapitre « Domaines d'analyse »  : […] Le structuralisme et la sémiotique ont abordé tous les aspects des études littéraires. Mais leurs contributions les plus décisives se situent pour l'essentiel dans quatre domaines : – L'analyse des techniques narratives ( narratologie). Bien que des poéticiens d'obédiences diverses aient apporté des contributions importantes à l'analyse narrative, c'est un travail d'inspiration structuraliste, […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/poetique/#i_6062

RÉPÉTITION PROCÉDÉS DE, rhétorique

  • Écrit par 
  • Véronique KLAUBER
  •  • 538 mots

La répétition est un principe créateur universel régissant toute communication depuis l'unité minimale du signifiant (signes, lettres, sons) jusqu'aux ensembles les plus larges (un récit entier par exemple). Ses fonctions s'étendent de la mnémotechnie jusqu'à l'imitation de la structure circulaire du monde. Elle est facilement reconnaissable, et la rhétorique ne s'en émeut guère sauf si elle s'app […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/procedes-de-repetition-rhetorique/#i_6062

SPITZER LEO (1887-1960)

  • Écrit par 
  • Georges MOLINIÉ
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Né à Vienne, cet Autrichien fut, comme Erich Auerbach, professeur à l'université de Marburg avant de s'exiler également à Istanbul puis aux États-Unis. Le livre qui permet le plus facile accès à son œuvre, en France, s'intitule Études de style (Gallimard, 1970) : c'est un recueil d'articles, pour la plupart traduits de l'anglais et de l'allemand, représentatifs de l'ensemble […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/leo-spitzer/#i_6062

STYLE

  • Écrit par 
  • Mikel DUFRENNE
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Sous l'égide de la linguistique, le style devient aujourd'hui l'objet d'une science : la stylistique veut être la science des registres de la langue, et elle s'efforce de définir le style comme concept opératoire. Mais le mot style a, dans l'usage courant de la langue, un champ sémantique beaucoup plus vaste et des fonctions beaucoup plus nombreuses. On parle du style d'un meuble ou du style d'un […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/style/#i_6062

TODOROV TZVETAN (1939-2017)

  • Écrit par 
  • Laurent LEMIRE
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Cet humaniste sceptique qui a commencé par le structuralisme est devenu un philosophe de la liberté. Tzvetan Todorov est né le 1 er  mars 1939 à Sofia . Dans la Bulgarie communiste, le lycée bilingue russe lui apprend très tôt à se méfier de l’idéologie. En 1956, année du rapport Khrouchtchev et de l’insurrection de Budapest, il entre à l’université. Pour échapper au forma […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/tzvetan-todorov/#i_6062

TROPES, linguistique

  • Écrit par 
  • Michel BRAUDEAU
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La taxinomie des ornements rhétoriques (il faut bien avoir recours à cette périphrase, puisque, dès les Anciens, on estime que le trope porte sur le mot, et la figure sur le groupe de mots) pose des problèmes tant historiques (l'histoire des classements) que théoriques (le fondement des classements). En cette matière, les deux extrêmes sont imaginables : depuis l'énumération fastidieuse de chaque […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/tropes-linguistique/#i_6062

VERSET

  • Écrit par 
  • Véronique KLAUBER
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Lorsque le poète renonce à décompter les syllabes ou les mètres et suit le rythme de sa pensée ou, plus modestement, celui de son souffle, il utilise le verset. Forme plus étendue et plus souple que le vers, elle est divisible en segments métriques ou syllabiques, d'où la possibilité de scansion. Le verset n'est pas délimité par la rime, mais par un passage à la ligne. En l'absence d'une régularit […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/verset/#i_6062

WIT, littérature

  • Écrit par 
  • Véronique KLAUBER
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Les théoriciens de l'humour ne pardonneront jamais au wit sa brillance froide, son air noble et insolent, sa façon de chatouiller l'esprit en mettant hors de combat les émotions. Toutefois, le sourire léger qui accompagne la découverte d'une nouvelle relation entre deux idées ( pure wit ), entre une idée et un mot ( mixt wit ) ou e […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/wit-litterature/#i_6062

Voir aussi

Pour citer l’article

Georges MOLINIÉ, « STYLISTIQUE », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 09 septembre 2019. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/stylistique/