STIGMERGIE

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Le comportement de construction chez les Termites

Phase d'incoordination

Les expériences ont montré que les maçons ne se constituent pas en équipes de travail. Au début de la construction, les tâches individuelles sont incoordonnées ; elles consistent soit en forages, soit en prises de terre, d'abord malaxée entre les mandibules et imbibée de salive, puis déposée sous forme de boulettes sur des supports variés. Les lieux où les boulettes sont déposées ne sont pas tout à fait quelconques. Une réaction à la pesanteur (géotaxie négative) pousse les ouvriers vers les petites éminences du substrat et vers les parois verticales du récipient qui contient la population. Lorsque le groupe possède une reine, les constructeurs, comme tous les autres membres de la société, éprouvent à son égard une vive attraction, et les boulettes se localisent surtout autour d'elle, dessinant grossièrement une ellipse. En l'absence du puissant stimulus qu'est la reine, le comportement constructeur se manifeste dans sa pureté. Il paraît être sous la dépendance (comme tout complexe instinctif) d'une pulsion interne qui devient agissante du fait des circonstances expérimentales dans lesquelles les Termites sont placés. Mais cette activité, dont témoigne la très grande majorité des ouvriers, se traduit par les actes très simples signalés ci-dessus. Les ouvriers sont alors tout à fait indifférents aux actes accomplis par leurs semblables.

Phase de coordination

Lorsque les boulettes de terre, rendues humides par la salive, atteignent sur une surface restreinte une certaine densité, qu'elles soient disposées en ligne (cas d'une surface verticale sur laquelle elles sont collées à la hauteur des ouvriers dressés sur leurs pattes postérieures) ou en amas comptant au moins quatre boulettes, elles constituent un stimulus significatif à l'égard des ouvriers, dont désormais la pulsion a été canalisée, orientée. En effet, tout tas de boulettes encore fraîches exerce une attraction sur les ouvriers qui déposent sur son sommet la boulette de terre qu'ils tiennent entre le [...]

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Écrit par :

  • : membre de l'Institut, professeur de zoo-logie à la faculté des sciences de Paris.

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Pour citer l’article

Pierre-Paul GRASSÉ, « STIGMERGIE », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 21 septembre 2019. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/stigmergie/